Vu de Norge #278 : Fourcade reçoit le globe de Bø

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Echange de globes

Cette année, c’est Johannes Thingnes Bø qui a devancé Martin Fourcade pour quelques points au général de la coupe du monde de biathlon.

Pourtant, quand l’IBU a enfin envoyé les globes de cristal, ce n’est pas devant la porte du Norvégien que celui du général s’est retrouvé mais devant celle du Français ! L’habitude après l’avoir offert sept fois à Fourcade ?
Les médias norvégiens en ont été plus qu’étonnés. « Et pourtant c’est vrai, rit Johannes Thingnes Bø. L’IBU nous a envoyé un mail à tous les deux pour nous dire qu’ils avaient fait une erreur, mais Martin m’a dit que ça lui allait comme ça… Je l’ai pris avec le sourire bien sûr mais je dois avouer que ça m’embête d’encore retarder ce moment de joie de recevoir mon globe. »

Pour le biathlète, c’est forcément par automatisme que l’instance internationale l’a envoyé à son rival. « Il l’a déjà eu 7 fois… Mais je dois avouer que je suis pressé de le voir décorer ma cuisine », conclut le Norvégien.


  • Wierer sabotée par les Norvégiens ?

BIATHLON - Dorothea Wierer a remporté ce dimanche la poursuite devant son public à l’occasion des mondiaux de biathlon à Antholz, une première historique ! Championne du monde en titre, Denise Hermmann s'empare de l'argent devant Marte Olsbu Roeiseland. 

Dorothea Wierer (ITA) –  Manzoni/NordicFocus.

Dorothea Wierer aurait-elle manqué une victoire à Kontiolahti par la faute des Norvégiennes ? C’est en tous cas ce qu’elle affirme aux médias après la saison écourtée.

Le quotidien VG rapporte une interview qu’elle a donné à un journal italien où la biathlète s’explique. « Au sixième tour, je skiais avec Tiril pour reprendre Ingrid Landmark Tandrevold, dit Wierer. J’ai alors entendu les coachs norvégiens lui dire que nous arrivions. Là, elle a essayé de me bloquer le passage puis elles m’ont marché sur les skis. Je suis très déçue, le biathlon n’est pas un sport d’équipe et ce n’était pas fairplay. »

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Ingrid Landmark Tandrevold (NOR) –  Manzoni/NordicFocus.

Tandrevold aurait-elle essayé d’aider son amie Eckhoff à obtenir de précieux points dans la chasse au globe ? L’Italienne a en effet remporté la coupe du monde avec seulement 7 points d’avance sur sa rivale norvégienne. « A cause de cet incident de course, je ne pouvais vraiment pas être sûre d’avoir remporté le général, continue Wierer. J’ai demandé à dix personnes au moins avant d’être certaine. C’était très stressant. »
Per Arne Botnan, manager de l’équipe nationale de biathlon norvégien, rejette les accusations de l’athlète. « C’est impensable que nous essayions de saboter d’autres athlètes ! s’insurge-t-il. Et quelqu’un comme Dorothea devrait le savoir, elle a de l’expérience. Nous n’aurions jamais fait ça. Nous avons juste dit à Tiril où se trouvait Dorothea lors du dernier tour ce qui est normal. Nous avons fait la même chose avec Johannes lors de la course masculine. » Botnan espère que l’Italienne se rendra compte qu’elle ne parle finalement pas si bien norvégien en comprenant qu’un événement de la sorte est forcément un hasard.

Ingrid Landmark Tandrevold, interrogée par VG, tient le même discours. « Il y a forcément des duels serrés sur une piste aussi étroite, déclare-t-elle. Mais jamais je ferai quelque chose qui n’est pas fairplay. Personne n’essaierait de ruiner la course de quelqu’un en lui marchant exprès sur les skis ! Bien sûr que Tiril et moi avons essayer de lui passer devant mais il y a une différence entre se battre pour une place et bloquer quelqu’un. »

Tandrevold ne cache pas non plus sa déception quant à la réaction de Wierer. « Je pensais que nous étions bonnes amies, nous avons discuté tout le reste de la journée après la course, raconte-t-elle. Je pense qu’elle est assez adulte pour venir m’en parler plutôt que de sortir ça dans les médias si elle pense que c’est ce qui est arrivé », conclut la Norvégienne.

 


 

  • Une coupe du monde en Scandinavie ?

Personne ne sait encore comment se déroulera la coupe du monde de ski de fond l’an prochain. Si Pierre Mignerey, directeur de course en ski de fond à la FIS,  a évoqué une saison très courte, les Norvégiens pensent déjà à des alternatives. Espen Bjervig, directeur des équipes de ski de fond, ne pense pas que la coupe du monde sera annulé,e mais nous ne sommes qu’en avril et il envisage toutes les possibilités. « Il y aura peut-être moins de courses à l’étranger pour nous si nous ne pouvons pas passer les frontières de certains pays », commence-t-il au micro de la NRK.
Vegard Ulvang, membre du comité de ski de fond à la FIS, est dans la même optique. « Il existe pour l’instant un calendrier qui devra être validé en octobre, explique-t-il. Mais il y a très peu de chances pour qu’il ne soit pas changé.

Informé de cette possibilité, Bjervig et l’association de ski norvégienne cherchent d’autres solutions. « Il est impossible de ne pas skier en compétition un an avant les Jeux olympiques, rappelle Bjervig. Et nous ne devons pas oublier que nous avons la chance d’avoir beaucoup de belles pistes en Norvège qui peuvent intéresser le public et les téléspectateurs. » Bjervig envisage donc d’envoyer les équipes nationales sur la Norgescup, la coupe norvégienne !

Pierre Mignerey est heureux de l’investissement de la fédération norvégienne. Il voit bien, d’ailleurs, des étapes de coupe du monde s’organiser plus facilement en Norvège, mais aussi en Suède et en Finlande. Même s’il reconnaît que ce serait difficile pour les plus petites nations de ne pas pouvoir organiser de courses, il insiste sur l’importance de pouvoir concourir. Et il met en avant un autre problème : « les équipes des plus petites nations sont souvent financées par l’Etat contrairement aux pays scandinaves… Peut-être que, finalement, ce serait eux les plus en danger s’il n’y avait pas de coupe du monde sur leur territoire », conclut Mignerey.


  • Les JO 2022 menacés ?

Les Jeux olympiques d’été 2020 à Tokyo ont d’ores et déjà été repoussés à l’été prochain, en 2021. Ils se tiendront moins d’un an avant les Jeux d’hiver 2022 à Pékin. Et si cela posait problème ? Et si les JO 2022 étaient purement et simplement annulés ? C’est en tous cas les questions que se posent les médias norvégiens.

Richard Pound, membre du CIO, met en effet en garde sur les effets de la pandémie sur les prochaines éditions olympiques. « Il faut s’attendre à ce que ces Jeux soient en danger et cela entraînerait pour le CIO une perte de revenus sur 4 ans ! prévient-il. Le report des Jeux de Tokyo va déjà coûter beaucoup en termes financiers… Et le CIO ne sera peut-être pas en mesure d’aider autant qu’auparavant les fédérations sportives. »

Pour Pound, certaines fédérations ont peut-être vécu au-dessus de leurs moyens grâce à ce financement du comité olympique. Mais le monde change avec cette pandémie et personne ne saura comment les choses se passeront dans le futur.

La Chine, en revanche, a décidé de continuer de préparer sa prochaine édition olympique. Elle espère avoir terminé de construire ses dernières installations l’an prochain. La question d’une annulation n’est donc pas encore sur la table. Mais les fédérations nationales auront-elles les moyens d’aller en Chine sans le soutien financier du CIO ?


  • Stöckl s’investit en Norvège

Depuis 2011, Alexander Stöckl est devenu entraîneur de l’équipe norvégienne de saut à ski. Auréolé de gloire – il a mené ses hommes à de nombreuses victoires, 1 gros globe individuel, 1 petit de vol, 3 victoires en coupe des nations, 3 titres mondiaux et 1 titre olympique – Stöckl ne se voit pas entraîner une autre équipe dans un avenir proche.

Pour le moment, son contrat l’emmène jusqu’à la fin de la saison olympique 2021/2022. « J’aimerai prolonger mon contrat après, annonce déjà l’entraîneur autrichien. Je ne me vois pas être coach pour un autre pays. Mais je ne suis pas contre un autre poste au sein de la fédération norvégienne. » Stöckl va même plus loin : « je me sens chez moi en Norvège, plus qu’en Autriche. Ma fille grandit comme une petite Norvégienne aussi. »

L’Autrichien a en effet acheté un appartement à Oslo, une maison secondaire sur le fjord oslovite et vit là depuis 9 ans avec sa famille.

Comme ses athlètes, il a d’ailleurs proposé aux Norvégiens de leur tenir compagnie en ces temps de pandémie. Toute l’équipe avait lancé l’initiative « hopphjelpen ». L’objectif : tenir compagnie à ceux qui se sentiraient seuls. « J’ai appelé une dame qui avait à peu près mon âge, raconte Stöckl. Elle venait d’être mise au chômage et elle se sentait mal de rester chez elle. Elle a été surprise de m’avoir au téléphone mais elle avait l’air ravie. Elle s’y connaissait en saut à ski et ça a été une rencontre très agréable. » Après cette première expérience positive, le coach est tout à fait prêt à s’investir de nouveau pour le bien-être de ses concitoyens. Il donne aussi des conseils pour mieux vivre le confinement : « grâce aux réseaux sociaux, on peut garder le contact, conclut-il. Ensuite, concentrez-vous sur vos loisirs, restez actifs. On peut cuisiner par exemple, prendre des cours en ligne, faire du sport… »


  • Dæhlie : sa dernière course olympique

Après le dernier titre olympique d’Ole Einar Bjørndalen, la NRK revient sur la dernière course olympique d’un autre géant du ski norvégien : Bjørn Dæhlie.
Nous sommes en 1998, à Nagano, sur le 50 km. Le Norvégien est en tête de la course et il ne lui reste que quelques kilomètres avant de lever les bras sur la ligne d’arrivée. Mais Dæhlie est dans le dur et le Suédois Niklas Jonsson grapille de précieux mètres.

Tant et si bien que le Roi de Suède, Carl Gustaf, apparaît sur le bord de la piste, criant à son sujet que Dæhlie est fini et que la victoire lui tend les bras. « Je me souviens aussi de la réponse de l’entraîneur de notre équipe féminine, Sindre Bergan, sourit Dæhlie. Il a crié que je ne devais rien lâcher et aller prendre l’or. »

La tension est palpable au milieu de la forêt japonaise, à cinq kilomètres de l’arrivée. « J’étais tellement fatigué après les autres courses que j’ai sérieusement pensé à laisser tomber, avoue le retraité de ski de fond. Et puis soudain, je me suis rendu compte que je n’étais pas si lent, que je pouvais peut-être encore tenir. »

Mais le champion est soudain sujet à des crampes et la chaleur se fait sentir dans le stade japonais. Erik Røste, alors entraîneur, crie dans son talkie-walkie pour que tous les Norvégiens aillent aider Dæhlie.

Bergan, en train de rejoindre le stade, fait aussitôt demi-tour pour retourner sur la piste, à 500 m de l’arrivée pour sauter par-dessus la barrière et encourager jusqu’au bout l’athlète norvégien. « Après tout, c’était le dernier jour des JO, je ne risquais rien à perdre mon accréditation, plaisante Bergan. J’ai hurlé à Bjørn d’aller chercher l’or, que les Suédois ne devaient pas l’avoir. J’ai dit quelques gros mots et je me suis rendu compte que le Roi de Suède était juste à côté… Mais bon, j’ai donné tout ce que j’avais pour aider Bjørn. »

De son côté, Dæhlie compte les mètres, les lampadaires et rêve de voir la ligne d’arrivée. « Je me suis écroulé sur la ligne d’arrivée et pendant un moment, j’ai eu peur d’être tombé avant de l’avoir passée », confie l’ancien fondeur. C’était sa huitième médaille d’or, la plus dure et la dernière.

 

Photo : Nordic Focus

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