Vu de Norge #279 : Jacobsen, une fondeuse à part

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Jacobsen : une fondeuse à part

Beaucoup s’y attendaient, l’annonce a néanmoins surpris le monde du ski de fond : Astrid Uhrenholdt Jacobsen a mis un terme à sa carrière et sa dernière course a donc été le 30 km classique d’Oslo.

 

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Astrid Uhrenholdt Jacobsen (NOR) le 7 mars dernier à Oslo – Modica/NordicFocus

 

Si elle est reconnue pour son beau palmarès et sa carrière bien remplie, son équipe et ceux qui l’ont côtoyée se souviennent d’elle pour d’autres qualités. « Je crois que j’étais assez difficile à gérer, sourit Jacobsen au micro de la NRK. J’étais ce type d’enfant qui agace et qui demande toujours pourquoi, je cherche toujours à comprendre ce qu’on me demande de faire. Et je pouvais être obstinée et impatiente en plus de ça ! Je crois que ça n’a pas toujours été facile pour l’équipe. »

 

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Astrid Uhrenholdt Jacobsen (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Et pourtant, jamais cela n’a été vu par ses coéquipiers comme un défaut. « Elle a toujours osé dire ce qu’elle pensait, affirme Ragnhild Haga. On est beaucoup à avoir des opinions mais nous avons souvent un manque d’énergie, nous ne voulons pas en perdre à nous battre pour ce en quoi nous croyons. Mais pas Astrid. Elle voulait contribuer au débat social et sportif et c’est tout à son honneur. »

Sjur Røthe, leur équipier, ajoute : « elle n’a jamais eu peur de dire ce qu’elle pensait, même dans un grand groupe comme le nôtre, elle était très respectée pour ça. »

 

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Astrid Uhrenholdt Jacobsen (NOR) – Vianney THIBAUT/NordicFocus

 

Son ancien entraîneur, Tor Arne Hetland, est du même avis : « Nous discutions beaucoup, parfois un peu fort, rit-il. Quand elle est arrivée, toute jeune, c’était une bouffée d’air frais. Après, elle est devenue l’une des skieuses les plus polyvalentes du circuit ! Elle voulait savoir pourquoi nous faisions les choses d’une certaine façon et tant qu’elle avait une réponse, qu’elle soit d’accord ou non, elle l’acceptait. Tous les athlètes devraient être comme elle. »

Vidar Løfshus rejoint Hetland sur l’exigence de Jacobsen. « Mais dans le bon sens du terme, ajoute Løfshus. Elle est très impliquée. » Fredrik Aukland, expert NRK, espère d’ailleurs qu’elle ne s’éloignera pas trop du monde du sport même si, pour le moment, Jacobsen veut se concentrer sur sa carrière médicale.

 

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Astrid Uhrenholdt Jacobsen (NOR) –  Modica/NordicFocus

 

Car pour tous, Astrid Uhrenholdt Jacobsen manquerait au monde du ski de fond si elle n’était plus là pour faire entendre sa voix. Elle a entre autres parlé des problèmes de poids dans le ski de fond ou encore de l’importance de pouvoir combiner sport de haut niveau et études.

« Elle va laisser un vide, conclut Therese Johaug dans les colonnes de Dagbladet. C’est quand elle ne sera plus là que certains vont voir à quel point elle a défendu tout le monde au cours de sa carrière, à quel point elle nous a tous aidés. Personnellement, elle m’a beaucoup inspirée et je lui souhaite tout le meilleur dans sa nouvelle vie même si j’espère qu’on pourra encore skier ensemble. »

 

 

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Takk for mange gode minner @astriduj 💛 Lykke til med den nye hværda’n Bøyer meg i hatten for deg 🤗 📸 NTB scanpix

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There are no words to explain how thanksfull we were working with you and sharing this story. We will actually miss you @astriduj ⭐⭐⭐⭐⭐

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I Sapporo i 2007 tok hun sitt første VM-gull som som junior i et seniormesterskap. I dag legger Astrid Uhrenholdt Jacobsen opp som toppidrettsutøver med flagget i panna og Norge på ryggen 🇳🇴 Fokuset retter hun nå mot sin andre drøm, om å bli lege🌟 ⠀ Karrieren: ⠀ 1 OL gull 🥇 3 VM gull 🥇🥇🥇 2 VM sølv🥈🥈 5 VM bronse🥉🥉🥉🥉🥉 6 World Cup seiere 🏆🏆🏆🏆🏆🏆 14 NM gull 🥇🥇🥇🥇🥇🥇🥇🥇🥇🥇🥇🥇🥇🥇 2 junior VM gull 🥇🥇 ⠀ Tusen takk for alle disse årene med deg på laget Astrid 🙌 Du har vært til stor inspirasjon som utøver, medmenneske og rollemodell. Ditt evige engasjement for skisporten og for laget vil bli savnet. Helsenorge er heldig som nå får deg på laget❤️

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  • Sundby évincé : l’équipe en pâtira-t-elle ?

Les rumeurs étaient de plus en plus pressantes, Martin Johnsrud Sundby les a confirmées hier : il ne fera pas partie de l’équipe nationale la saison prochaine. La fédération norvégienne de ski a en effet dû diminuer le nombre d’athlètes et Sundby a ainsi été évincé au profit de la jeunesse.

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Martin Johnsrud Sundby (NOR) – Modica/NordicFocus

 

« C’est particulier comme décision, enlever de l’équipe l’un des plus qualifiés », réagit l’expert NRK, Fredrik Aukland. Certes, il comprend que le fondeur prenait la place d’un autre sur les camps d’entraînement auxquels ils ne participeraient pas, mais pourquoi ne pas lui garder une place en équipe nationale pour les épreuves de coupe du monde ? Sundby y perd, bien sûr : il n’aura plus accès à certaines infrastructures d’entraînement, ne pourra plus aller sur les camps d’entraînement, n’aura plus autant de financement. Mais l’équipe ?

 

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Martin Johnsrud Sundby (NOR) – Thibaut/NordicFocus

 

« Martin est très expérimenté, il est rapide, il est presque comme un capitaine d’équipe et je pense que ses coéquipiers vont y perdre au change, assure Aukland. On peut toujours lui poser des questions, lui demander de l’aide… Il a créé une bonne dynamique dans l’équipe et je crains qu’il ne s’en sorte mieux hors de l’équipe que l’équipe sans lui. » Torgeir Bjørn, autre expert NRK, estime que cela pourrait être une situation gagnant-gagnant. « Martin ne peut pas s’investir à 100% dans l’équipe, mais il est assez expérimenté pour s’entraîner seul et d’un autre côté, cela sera bon pour Martin Løwstrøm Nyenget, qui va le remplacer, d’avoir le soutien de l’équipe nationale. »

 

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Martin Johnsrud Sundby (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Une chose est sûre pour tous les experts du ski de fond en revanche : il faudra compter avec Sundby cet hiver, il n’a pas dit son dernier mot et pourrait bien surprendre, même hors de l’équipe nationale. Si son dos le laisse tranquille, il pourrait même aller prendre de nouveaux titres mondiaux sur les pistes d’Oberstdorf.


  • Iversen prolonge son contrat

Les équipes de ski de fond norvégiennes seront annoncées dans la journée mais les athlètes sont déjà sûrs d’une chose : ils retrouveront bien leurs coachs. Ole Morten Iversen a en effet annoncé dans les colonnes des médias norvégiens qu’il avait prolongé son contrat initial de deux ans. L’équipe féminine continuera donc de travailler avec lui au moins jusqu’aux Jeux olympiques 2022. « Ce n’était pas un choix difficile à faire, confie Iversen. Mais il fallait que certaines choses se mettent en place, surtout après le départ de Geir Endre Rogn, l’autre entraîneur de l’équipe féminine. Espen Bjervig, le chef du ski de fond, a toujours été très content de mon travail et a trouvé les solutions nécessaires pour que je continue. » Pas beaucoup de suspens, donc, du côté féminin, même s’il faudra remplacer Rogn.

Eirik Myhr Nossum, de son côté, entraîne l’équipe toutes distances masculine. Il y a déjà plusieurs semaines, il affirmait qu’il voulait prolonger son contrat de coach avant qu’il n’arrive à terme le 1e mai. « Je suis en bon dialogue avec Espen Bjervig, racontait alors Nossum. Je veux continuer et la fédération le veut aussi. J’espère que tout sera vite réglé mais je pense qu’ils ne l’annonceront qu’après la fin de mon contrat. »

En effet, il n’y a toujours aucune certitude mais l’entraîneur norvégien a tout fait gagner à son équipe en remportant entre autres tous les titres en jeu à Seefeld. Il y a donc peu de doutes que l’équipe de fond masculine norvégienne le retrouve à sa tête pour les prochaines saisons et ce au moins jusqu’aux Jeux olympiques de Pékin. « Mon objectif, c’est que la Norvège reste le meilleur pays au monde en ski de fond, conclut Nossum. Nous allons vers trois saisons de championnats et c’est là que tout se jouera. » Espère-t-il continuer au-delà des JO ?


  • Oberegger reste en Norvège

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Patrick Oberegger (ITA) – Manzoni/NordicFocus

 

Si Siegfried Mazet s’est confiné en France avec sa famille, l’autre entraîneur étranger de l’équipe norvégienne, l’Italien Patrick Oberegger, a lui décidé de rester en Scandinavie. « J’aurais dû rentrer en Italie au départ pour quelques semaines, confie-t-il au quotidien VG. Mais j’aurais été placé deux semaines en quarantaine et encore deux semaines à mon retour en Norvège. Ça n’aurait aucun sens : ça mettrait en danger ma famille italienne et je ne pourrais pas travailler correctement en Norvège. »

Oberegger a donc décidé de rester à Oslo et il n’envisage de repartir en Italie qu’en septembre, si c’est possible.

 

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Mais cela ne l’empêche pas de s’inquiéter pour ses compatriotes italiens et entre autres les trois autres membres transalpins de l’équipe de biathlon : deux techniciens et leur masseur. « Je les appelle toutes les semaines, savoir comment ça se passe, raconte Oberegger. La situation là-bas est vraiment terrible. C’est difficile d’imaginer la situation là-bas. Nous sommes un peuple très sociable et c’est peut-être ça qui a joué contre nous, qui a fait que le virus se propage plus vite. Et puis, nous ne l’avons pas pris au sérieux au début… »

 

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Ingrid Landmark Tandrevold (NOR), Patrick Oberegger (ITA)  – Manzoni/NordicFocus

 

Il compare ainsi la façon de gérer la crise en Italie face aux mesures prises par les autorités norvégiennes. « J’ai été impressionné par la réaction ici, la rapidité d’action contrairement à l’Italie, termine Oberegger. Nous avons tardé à cause de l’impact économique et ce n’était pas la bonne solution, je crois. » Le coach vient en effet de la région d’Anterselva où l’économie a été grandement touchée par le confinement italien alors que les cas n’y étaient pas aussi nombreux que dans d’autres régions.


  • Pas de vol à ski pour les filles

Les sauteuses à ski espéraient enfin obtenir gain de cause et avoir une compétition de vol dans leur calendrier la saison prochaine. Maren Lundby et ses homologues voulaient en effet la même tournée du Raw Air que les hommes avec une conclusion sur le tremplin de Vikersund.

Mais lorsque le calendrier provisoire a été dévoilé la semaine dernière, déception : lors du week-end de Vikersund pour les garçons, les filles seront en Russie à Nyzhny-Tagil pour débuter la tournée russe, le Blue Bird. « Nous voulions vraiment faire avancer les choses, explique Clas Brede Bråthen, chef du saut à ski norvégien. Mais en ces temps compliqués, incertains, ce n’était pas la priorité de la FIS. »

Pour rendre les choses plus difficiles encore, la réunion se tenait en visioconférence, ce qui ne permettait pas de discuter aussi facilement que d’ordinaire. « Si nous avions été dans la même pièce, peut-être aurions-nous pu discuter avec les Russes, essayer de décaler leur tournée », se désole Bråthen.

« Je suis déçue, admet Lundby. Nous sommes prêtes, les autres filles pensent comme moi, je leur ai demandé. » Mais Bråthen veut rester optimiste : « il faut absolument qu’on donne aux filles le signal que oui, elles pourront aller sur les tremplins de vol et si ce n’est pas l’hiver prochain, le suivant alors », conclut-il. Ce serait en effet l’étape logique après l’introduction de compétitions sur grand tremplin, entre autres aux mondiaux d’Oberstdorf l’hiver prochain.


  • Iversen : un confinement difficile ?

« Nous, les fondeurs, nous sommes dans une sorte de quarantaine tout au long de l’année sauf en avril-mai, commence Emil Iversen. C’est censé être notre période de vacances, le moment où l’on peut voir tout le monde mais là… »

 

 

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Pangstart på grillsesongen med hjemmelagde burgers 💥☀️🍔🙏🏼

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Le fondeur n’est pas au mieux de sa forme en cette période de confinement qui lui mine le moral. « Je suis quelqu’un de très sociable, explique-t-il dans les colonnes de VG. Normalement, à cette période, je vis une vie normale, amusante… » Mais ses plans ont été contrariés par la crise du coronavirus. Un printemps difficile après une saison qui a connu des hauts et des bas.

 

 

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🐣😎

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Mais bizarrement, ce n’est pas tant pour l’équipe de fond qu’il s’inquiète mais plutôt pour les footballeurs. « En fait, avant mes 15 ans, j’étais bien plus passionné par le foot que le ski de fond, sourit Iversen. J’aurais peut-être dû m’y mettre plus sérieusement plus tôt si j’avais voulu plus gagner… En tous cas, nous avons eu de la chance, notre saison était pratiquement finie quand le coronavirus a stoppé le monde du sport. Les footballeurs, eux, n’ont pas eu cette chance. » Le fondeur de Meråker espère donc que tout cela prendra vite fin pour que ses amis du foot puissent reprendre entraînement et matchs. Quant à lui, il visera un titre individuel aux championnats du monde de ski fin-février. « Oui, j’ai deux titres par équipe mais on est vraiment champion du monde que quand on a un titre individuel », conclut-il.


 

 

  • Jouez avec Johaug

Parmi les innombrables challenges Instagram, il en existe un auquel Therese Johaug a bien voulu se prêter : se grimer en personnage de jeu vidéo. Alors, quelle Therese choisirez-vous ?

 

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Player one, please select your caracter 😎 @johaug

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Photos : Nordic Focus.

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