Vu de Norge #281 : le saut à ski dans la tourmente

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Le saut à ski dans la tourmente

Parmi tous les sports de l’association de ski norvégienne, le saut à ski a été le plus touché par la crise du coronavirus. Erik Røste, président de la fédération, explique en effet que le saut à ski a perdu au moins six millions de couronnes l’an dernier, entre autres par le retrait de la Chine dans son partenariat avec la Norvège, mais aussi à cause d’une perte de sponsors. « Ils avaient une bonne gestion financière auparavant, la situation de 2019 est extraordinaire et il faudra en tenir compte », ajoute Røste.

Toujours est-il que le saut à ski norvégien n’aura pas le choix : il va falloir réduire les coûts de l’équipe. « C’est une situation assez dramatique, explique Clas Brede Bråthen, chef du saut à ski norvégien. Nous travaillons jour et nuit pour trouver des solutions à notre perte de budget. »

 

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Daniel Andre Tande (NOR) –  Rauschendorfer/NordicFocus.

C’est peut-être à 30% de coupe budgétaire que devront faire face les sauteurs norvégiens. Un problème sur le court comme sur le long termes. « Nous allons peut-être devoir réduire notre équipe A et notre équipe B pourrait être encore plus impactée et supprimée, estime Alexander Stöckl, coach de l’équipe. Nous risquons aussi de perdre du personnel et ce peut-être au profit de nations concurrentes. »

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La Norvège pourrait alors en pâtir pendant plusieurs années, risquant de perdre beaucoup de temps sur les avances techniques si importantes en saut et ne pouvant pas former assez bien la jeune génération.

 

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Marius Lindvik (NOR) –  Tumashov/NordicFocus.

 

« Nous voulons devenir la nation la plus importante dans le saut à ski international et ce sera un réel défi avec une telle baisse de revenus », continue Stöckl. Les athlètes, pourtant, restent motivés comme l’assurent Daniel Andre Tande et Marius Lindvik. « La prochaine saison sera sûrement serrée et ce sera très amusant, dit Tande. Nous avons une bonne équipe et c’est ennuyeux de voir que nous ne pourrons peut-être plus aussi bien développer le potentiel de notre équipe. » Lindvik renchérit : « mais nous devons penser de façon positive, continuer de nous entraîner de notre mieux même si ce sera difficile. »

Toute l’équipe de saut à ski norvégien craint de connaître la situation qu’a traversé la Finlande ces dernières années, passant du meilleur niveau à une équipe presque inexistante sur la scène internationale. Pour éviter une telle situation, la Norvège travaille donc activement à trouver des solutions et, en conséquence, n’a pas encore annoncé la composition de ses équipes.


 

  • L’IBU aide Holmenkollen

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Simon Desthieux (FRA), Benedikt Doll (GER), Tarjei Boe (NOR) – Manzoni/NordicFocus.

 

La saison de biathlon a été annulée avant que le circuit mondial ne puisse se produire à Oslo, sur les pistes d’Holmenkollen. Résultat : les organisateurs norvégiens étaient face à de grosses pertes financières.

L’IBU, bien consciente de ces difficultés, a décidé d’agir et a accordé 2,2 millions de couronnes norvégiennes (soit 200.000 euros) à la Norvège. Elle a aussi dédommagé les organisateurs de Nove Mesto et Kontiolahti où les épreuves se sont déroulées à huis-clos.
« Nous avions à cœur d’aider ces trois organisateurs, explique Tore Bøygard, membre du conseil de l’IBU. Nous savions aussi qu’ils devaient avoir l’argent rapidement. Nous leur avons demandé d’estimer leurs besoins et nous leur avons accordé l’argent nécessaire. Il est important de prendre soin de nos organisateurs. »

 

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Astrid Uhrenholdt Jacobsen (NOR) – Modica/NordicFocus.

 

Le Holmenkollen Ski Festival, organisateur de toutes les compétitions de ski d’Oslo, est très heureux de ce signal positif. Il espère maintenant pouvoir récupérer de l’argent auprès du gouvernement norvégien pour couvrir les coûts des coupes du monde de ski de fond, saut à ski et combiné nordique qui se sont déroulées à huis-clos.


 

  • Fossesholm doit prioriser

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Helene Marie Fossesholm (NOR) – Studio2media | Marko Unger

 

À seulement 18 ans, Helene Marie Fossesholm a fait son entrée dans la cour des grands en intégrant l’équipe nationale féminine de ski de fond. Une nomination qui vient avec ses responsabilités. La jeune fondeuse devra en effet prioriser son engagement national à sa pratique du VTT. Mais pas de quoi l’inquiéter. « Ce sera tout nouveau pour moi et je serai la plus jeune mais j’ai une bonne équipe pour m’aider et partager son expérience, sourit-elle. J’espère aussi avoir quelques cartes dans ma manche pour participer à l’effort collectif et renvoyer l’ascenseur. »

 

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Ole Morten Iversen, son nouveau coach, est heureux de son choix. « Nous savons qu’il y avait de nombreuses raisons de ne pas la prendre, déclare-t-il au micro de la NRK. Mais il y en avait tout autant pour la faire rentrer dans l’équipe et nous pensons que c’est la meilleure solution pour elle, comme pour toute l’équipe. Mais je pense qu’elle doit absolument s’investir à 100%, elle ne peut pas jouer sur deux tableaux en même temps. »

Iversen fait ici référence à l’engagement de Fossesholm en VTT. La Norvégienne a en effet concouru au haut niveau dans cette discipline jusqu’à l’été dernier où elle a décroché une médaille de bronze aux mondiaux juniors. « Elle pourra toujours faire du vélo mais en entraînement, continue son coach. Le ski de fond doit être la priorité. Mais je crois qu’elle en est consciente. »

 

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Helene Marie Fossesholm (NOR) – Studio2media | Marko Unger

 

En effet, Fossesholm a assuré à la NRK qu’elle avait accepté une place dans l’équipe nationale en toute connaissance de cause. « Quand on m’a donné cette opportunité, j’ai décidé de m’engager totalement dans ma carrière de fondeuse mais il est certain que je continuerai à faire du VTT », conclut la Norvégienne.


 

  • La Suède débauche Olsson

Des rumeurs couraient dans le monde des techniciens du ski de fond. Et si Perry Olsson, farteur suédois de talent, changeait d’équipe et quittait la Norvège ? « Mon contrat arrivait à expiration, confie-t-il aux médias. Et c’est vrai que la Suède m’a abordée, que je voulais continuer mon travail et que j’ai donc répondu tout d’abord que ça m’intéressait. » Espen Bjervig, manager de l’équipe nationale de ski de fond, espérait pouvoir garder Olsson. « Il est avec nous depuis longtemps, il a participé à de nombreuses victoires, rappelle-t-il au micro de TV2. Nous voulons lui proposer un autre contrat mais s’il veut partir en Suède, nous comprendrons. Même si nous espérons le garder avec nous. »

Car c’est bien là que le bât blesse : Olsson pense à retourner chez lui, en Suède. Courtisé depuis longtemps par son équipe nationale, le farteur est dans une position idéale et a l’embarras du choix. Finalement, un communiqué officiel a annoncé qu’Olsson avait signé avec l’équipe suédoise. « J’espère qu’ils savent la chance qu’ils ont, commente Petter Northug Jr. Ils engagent le meilleur farteur du monde, une personne fantastique. Personnellement, je tiens à le remercier pour son travail impeccable et l’aide qu’il m’a apportée dans mes victoires. Je lui souhaite tout le meilleur en Suède. »

Pour les experts, en revanche, l’arrivée de Perry Olsson dans le camion de fartage suédois ne sera pas suffisante pour régler tous les problèmes de l’équipe nationale qui a parfois eu du mal à performer l’hiver dernier en raison de skis plus lents.


 

  • Hommage à Johanna Bassani

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Johanna Bassani – OIS/Dylan Burns.

 

Elle n’avait que 18 ans. Vendredi, le monde du combiné nordique a appris la mort de l’Autrichienne Johanna Bassani, survenue mardi dernier. Une tragédie qui survient alors que les filles auront bientôt leur propre coupe du monde de combiné nordique. « L’athlète d’Hinzenbach faisait partie de l’équipe nationale et était un grand talent du combiné, l’équipe perd une coéquipière très aimée », lit-on dans la déclaration officielle de la fédération autrichienne. Evidemment, les combinés norvégiennes connaissaient toutes Johanna Bassani.

« C’est très triste, elle était très talentueuse, elle avait un avenir prometteur devant elle, réagit leur entraîneur Thomas Kjelbotn. Nous sommes une famille, un tout petit sport. Tout le monde a été très touché. » Bassani avait terminé 18e de la coupe continentale, derrière les Norvégiennes Marte Leinan Lund et Gyda Westvold Hansen. « Nous nous souviendrons toujours d’elle et toutes nos condoléances vont à sa famille », termine le communiqué.


 

  • Tomas Northug avec le Tibet

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Petter Northug Jr. est le fondeur connu de la famille mais son frère, Tomas, a aussi eu une carrière au plus haut niveau avant de prendre sa retraite en 2017.

Cette année, il a pourtant rechaussé les skis mais cette fois en tant qu’entraîneur. Et pour des athlètes d’une nationalité assez particulière. Cet hiver, il a en effet entraîné quatre tibétains qui se sont installés à Mosvik, dans la maison familiale. Son père, John, s’occupait de l’équipement tandis que Petter et Even, dernier de la fratrie, venaient aider à l’entraînement de temps à autre. Ci Ren Zhan Dui, Chi Lie Da Wa, Ci Ren La Mu et Ci Wang Dan Zeng ont ainsi pu profiter de l’expertise de Tomas Northug qui, pour l’occasion, a pris un congé spécial à son travail à la protection de l’enfance.

Pendant près de quatre mois, les quatre Tibétains ont vécu avec Northug et Ci Ren Zhan Dui en a bien profité. À seulement 17 ans, c’est un talent brut du ski de fond qui a réussi à s’imposer sur plusieurs compétitions locales norvégiennes. Tout cela avec seulement 2 ans d’expérience sur les skis. « Je pense même qu’il pourrait être le prochain Andrew Musgrave, sourit Northug. Rivaliser avec les meilleurs mondiaux. Dans sa catégorie d’âge, cet hiver, il a parfois devancé de plus de 30 secondes ses concurrents. C’est impressionnant ! Surtout quand on sait qu’il n’a pas beaucoup d’expérience. »

Ce projet tibétain fait partie de la coopération sino-norvégienne en vue des JO de Pékin 2022. Tomas Northug espère que cette association perdurera et pense même à aller au Tibet. Il attend aussi avec impatience l’hiver prochain, espérant que les quatre athlètes tibétains reviennent en Norvège. « Ce projet est vraiment excitant ! » conclut Northug.

 

Photos : Nordic Focus, Instagram, OIS, Studio2media.

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