Vu de Norge #283 : c’est le nouveau fléau du ski de fond

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

 

  • C’est le nouveau fléau du ski de fond

Les problèmes de poids sont connus en saut à ski. C’est depuis longtemps l’une des batailles des équipes et de la FIS. Mais il y a maintenant plus d’un an, les fondeurs ont commencé à s’exprimer sur les problèmes de poids qui touchent leur discipline. Astrid Uhrenholdt Jacobsen était l’une des grandes avocates pour une relation plus saine à son corps dans le monde du ski de fond, particulièrement pour les jeunes filles.

 

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Ingvild Flugstad Oestberg (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Cette problématique est revenue sur le devant de la scène lorsqu’Ingvild Flugstad Østberg s’est vue interdite de coupe du monde en début de saison. Elle révèle maintenant que, comme les rumeurs l’annonçaient, cette interdiction était due à des problèmes de poids et d’alimentation. Elle a ensuite subi une fracture de fatigue due, vraisemblablement, à sa recherche d’un poids toujours le plus bas possible. Un problème qui touche de nombreux autres athlètes en coupe du monde.

Vidar Løfshus, ancien directeur du fond norvégien, a confié dans les colonnes de VG qu’on pouvait même parler de « tragédie » : « ceux qui souffrent de troubles de l’alimentation sont nombreux, explique-t-il. Nous avons essayé de le gérer mais il est très difficile d’en parler, ça touche à des choses très personnelles et il y a une certaine honte à l’avouer. »

Løfshus dit même que ces troubles ont été l’un de ses cauchemars car ils étaient extrêmement difficiles à gérer. « C’est douloureux de voir les athlètes en difficulté, continue-t-il. Je me suis investi pour les aider mais on a l’impression de ne jamais faire assez, j’ai mauvaise conscience. Mais je suis certain qu’en s’investissant encore plus, on peut faire une différence. » L’ancien manager de l’équipe de fond nationale appelle le ministère de la Santé à plus et mieux s’occuper de ce problème récurrent dans le sport de haut niveau. « Avec un travail en collaboration avec le Ministère, nous pourrions sauver plus de vies et améliorer la santé de beaucoup », estime Løfshus.

Anne Margrethe Hausken Nordberg, ancienne championne de course d’orientation, confie qu’elle a failli tomber dans les mêmes travers lorsqu’elle était jeune. « On me parlait souvent de mon poids, c’était blessant mais heureusement, ma mère avait fait de l’athlétisme et m’a aidée », confie-t-elle. Désormais, elle donne des conférences sur la relation au corps et la santé. « C’est très difficile de parler de ces questions avec les coachs car ce sont souvent des hommes autour de la quarantaine mais il faut absolument se confier à quelqu’un, accepter une aide », affirme Nordberg.

Pour elle, nombre de blessures pourraient être évitées si les pertes de poids étaient contrôlées et si les jeunes filles ne voyaient pas des modèles si minces au départ des courses, les incitant à devenir toujours plus minces, brouillant leur relation avec la nourriture et leur corps.


 

  • Les confidences de Pettersen

Mais ces problèmes ne touchent pas que les jeunes filles. Øystein Pettersen fait en effet partie des invités d’une conférence avec Astrid Uhrenholdt Jacobsen qui portera sur les troubles de l’alimentation dans le sport.

Avant cette conférence, l’ancien fondeur raconte à VG son expérience avec ces problèmes de poids. « Tant que je vivrais, je me sentirais dans l’obligation de parler de tout cela, commence Pettersen. C’est peut-être le dernier tabou du sport et ce n’est pas la première fois que je le dis. Nous en parlons, oui. Mais rien n’est fait. »

L’ancien fondeur de l’équipe nationale avoue s’être inquiété plus d’une fois pour un coéquipier. « Mais je n’ai rien fait, j’étais trop lâche, comme la plupart d’entre nous, raconte-t-il. On a peur de blesser et puis, je le répète : c’est tabou. Maintenant, je me rends compte que j’aurais dû agir, il vaut mieux poser la question et se tromper que de ne rien faire. »

Déjà en 2009, il disait : « que vaut-il mieux ? Refuser à une fille de 13 ans de participer aux championnats nationaux ou laisser courir des adultes avec un corps de fillette de 13 ans ? » Il avait alors défrayé la chronique mais Pettersen ne regrette pas. « Je pense que le temps où l’on faisait l’autruche, refusant d’affronter ces problèmes, est révolu, assure-t-il. Ce n’est pas quelque chose qui va disparaître de lui-même. Ce n’est le travail de personne mais en même temps, c’est la responsabilité de tout le monde. »


 

Depuis mars, les biathlètes norvégiens n’avaient pu réellement s’entraîner ensemble. Tout récemment, ils se sont retrouvés à Sognsvann pour se lancer un petit défi… En course à pieds. Sur 3000 mètres, ce défi sert de test de forme mais aussi de première compétition depuis longtemps. « J’ai senti que les gars étaient nerveux, excités d’avoir ce petit challenge, commente Egil Kristiansen, leur entraîneur. C’est très bon pour eux. »

 

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Et c’est Tarjei Bø qui l’a emporté après avoir fait une bonne partie de course avec Erlend Bjøntegaard et Tobias Dahl Fenre, chef du fartage pour le biathlon norvégien. « Tobias est super doué en course, commente le vainqueur du jour. C’était vraiment sympa, il a un peu été notre lièvre. Ça fait du bien de se sentir fatigué après une grosse course comme ça. » Kristiansen, lui, pense que Tarjei Bø peut être encore plus rapide et faire les 3 kilomètres en moins de 8 minutes et 40 secondes.

 

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Derrière lui, son petit frère et meilleur biathlète de la saison, n’a terminé que quatrième de la course. Johannes Thingnes Bø a dû se contenter de parcourir sa distance en un peu plus de 9 minutes, ce qui reste son record personnel. « Il ne faudra pas qu’il se plaigne de ses skis cet hiver, plaisante son aîné. On ne peut pas critiquer le farteur si on ne court pas plus vite que lui. Ça doit être difficile pour Johannes de savoir ça… »


 

  • Hattestad change d’équipe

La semaine dernière, la fédération norvégienne de ski annonçait qu’Ola Vigen Hattestad avait été recruté pour entraîner l’équipe féminine de ski de fond aux côtés d’Ole Morten Iversen.

Après la retraite de son épouse, Katja Visnar, le Norvégien a en effet estimé qu’il était temps de quitter l’équipe slovène pour rejoindre sa terre natale. « Oui, je suis triste de quitter la Slovénie, nous avons accompli de belles choses là-bas avec l’équipe, admet Hattestad. Mais je veux entraîner la meilleure équipe de fond du monde. Coacher l’équipe qui sera à domicile aux mondiaux 2023 m’a bien tenté mais je ne peux pas dire non à la Norvège. »

 

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Ola Vigen Hattestad (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Fort de pas moins de trois globes en sprint, une médaille d’or aux JO et aux Mondiaux dans cette même discipline, Hattestad espère pouvoir faire progresser les sprinteuses norvégiennes. Et son aide est la bienvenue, comme l’assure Ole Morten Iversen, coach principal de l’équipe : « nous attendons avec impatience qu’il rejoigne l’équipe, affirme-t-il dans les colonnes de Dagbladet. Ola connaît beaucoup des athlètes qui font partie de l’équipe, il sait comment nous fonctionnons, il a une très grande expérience en sprint et ce sera un vrai atout. »

Premier défi pour Hattestad : les Mondiaux 2021. « Je peux vous assurer que la Slovénie ne nous battra pas par équipe cette fois-ci », plaisante le Norvégien. Son épouse, Katja Visnar, avait en effet pris la médaille d’argent avec Anamarija Lampic devant les Norvégiennes à Seefeld en 2019. Mais Hattestad ne le regrette pas et affirme au quotidien VG qu’il n’aurait jamais pu coacher la Norvège tant que sa femme était en activité. Sa retraite tombait donc à point nommé.

Début juin, le nouveau coach prendra ses fonctions auprès de l’équipe. Le couple et leur fils vont ensuite s’installer en août en Norvège à Mesnali où ils possèdent déjà une maison.


 

  • Le ski de fond s’adapte

Début juin, les équipes de ski de fond nationales norvégiennes vont faire leur premier entraînement collectif. Mais, connues pour leurs mesures drastiques face à tout type de maladie, elles ont dû s’adapter.

Ainsi, pour les deux premiers camps, les athlètes ne se retrouveront que pour les entraînements et rentreront ensuite chez eux. « Nous aurons donc des camps à chaque fois à Oslo, Lillehammer et Trondheim et les entraîneurs vont se répartir, explique Espen Bjervig, chef du ski de fond norvégien. En août, nous devrions avoir un camp d’entraînement dans un seul et même lieu mais nous devons absolument trouver un endroit où chaque athlète a sa chambre et ses toilettes. Nous devons aussi vérifier toutes les modalités de transport, plus de voitures et moins d’avion. »

 

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Bjervig estime aussi qu’aucun camp n’aura lieu à l’étranger avant octobre. Habituellement, c’est la période où les Norvégiens se retrouvent dans la ville italienne de Val Senales. Mais le mois d’octobre semble encore bien loin…

En attendant, les règles d’entraînements collectifs ont été durcies. « Nous voulons toujours deux mètres entre chaque personne, surtout lors des entraînements à haute intensité, explique le médecin de l’équipe, Øystein Andersen. Le virus attaque les poumons et nous ne savons pas s’il y a des séquelles dans les années qui suivent. Or, pour les fondeurs, avoir des poumons en bonne santé est primordial. Nous avons aussi recommandé de n’être pas plus de 5 à s’entraîner en même temps au lieu des 20 recommandés par l’Etat norvégien. »

 

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Kari Oeyre Slind (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Ole Morten Iversen, coach de l’équipe féminine, reconnaît que toutes ces nouvelles mesures sont contraignantes. « Mais si c’est ce qu’il faut pour que tout le monde soit en bonne santé, alors nous n’y rechignerons pas », affirme-t-il à Aftenposten.

Côté lavage de mains, le médecin Andersen est ravi de pouvoir dire que l’équipe norvégienne a toujours été irréprochable sur ce point, ce qui l’aide grandement en ces temps de pandémie.


 

  • Oslo n’a pas envoyé les récompenses

Holmenkollen a finalement été la dernière étape de coupe du monde de ski de fond cette année. Même si de nombreux athlètes avaient fait le déplacement au Canada, les compétitions avaient finalement été annulées en raison de la pandémie de Covid-19 et des confinements un peu partout dans le monde.

Une situation inédite qui a eu un effet indésirable pour tous ceux qui étaient arrivés en tête du 30 km féminin et du 50 km masculin. Fin avril, les fondeurs confiaient qu’aucun d’entre eux n’avaient reçu les récompenses des épreuves d’Oslo.

 

Holmenkollen

Hans Christer Holund (NOR), Johannes Hoesflot Klaebo (NOR), Alexander Bolshunov (RUS) – Modica/NordicFocus

 

Bolshunov et Karlsson, qui se sont imposés, auraient ainsi dû recevoir 10 000 francs suisse chacun (environ 9400 euros). Simen Hegstad Krüger et Therese Johaug, deuxièmes, étaient censés obtenir 7500 francs suisses et enfin, Emil Iversen et Ebba Andersson attendent toujours leurs 5000 francs suisses pour leur troisième place. « Nous n’avons pas reçu un centime, il serait temps que quelqu’un sorte sa carte de crédit », plaisante Iversen au micro de la NRK.

L’association de ski d’Holmenkollen s’explique : face à la perte de revenus qu’elle a subi en devant tenir toutes ses épreuves à huis clos et en annulant le biathlon, elle a préféré prioriser d’autres dépenses que celle rémunérant les meilleurs athlètes du 30 km et du 50 km classique. L’association a donc demandé l’aide du ministère de la culture et des sports norvégiens qui a promis des aides financières dans ce domaine.

 

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Therese Johaug (NOR), Frida Karlsson (SWE) – Nordic Focus

 

Mais pour les athlètes, cela représente une perte brute d’une partie de leurs revenus. « Il est difficile de dire combien nous avons perdu avec l’annulation des courses, le confinement, la perte de sponsors, explique Iversen. Mais ne nous ne pouvons pas non plus nous plaindre au sein de notre équipe nationale, la plupart d’entre nous avons un salaire bien suffisant pour au moins payer toutes nos charges sans problème. »

Il n’en va en revanche pas de même pour certains autres athlètes qui font face, comme les fédérations et sites hôtes de compétitions, à des difficultés financières.


 

  • Lundby/Lindvik : l’affrontement

La NRK, aidée par le retraité du saut à ski Anders Jacobsen, a décidé de tenir l’un de ces fameux duels. Cette fois-ci, ce sont Maren Lundby et Marius Lindvik qui s’affrontent dans une épreuve… particulière.

 

 

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Bør “straffekråke” få plass på OL-programmet? 🤪 @marenlundby @mariuslindvik

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Au menu : roulades et tirs au but. Les deux sauteurs norvégiens sont bien décidés à l’emporter. Lundby se sent même « sûre d’elle » tandis que Lindvik avoue qu’elle est peut-être meilleure que lui en football… Mais c’est finalement ce dernier qui réalise la meilleure performance pour seulement un petit point grâce à un premier tir plus précis.

Lundby pourra tout de même avoir sa revanche puisque la NRK promet au moins un autre défi qui, cette fois-ci, a l’air d’être du karaoké.

 

Photos : Nordic Focus et Instagram.

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