Vu de Norge #287 : Krüger prêt à en découdre

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Krüger prêt à en découdre

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Simen Hegstadt Krueger – Modica/NordicFocus

 

Ces deux dernières saisons, Simen Hegstad Krüger a terminé quatrième du classement général de la coupe du monde de ski de fond. Le Norvégien est désormais prêt à passer à l’étape supérieur et aller disputer le maillot jaune au Russe Alexander Bolshunov. 

Et tout commence avec l’entraînement estival. Même si Krüger n’a pas été le plus assidu pour le moment, comme le raconte son coach dans les colonnes de Dagbladet : « Simen n’est pas le plus entraîné à la fin de ce mois de mai, explique Eirik Myhr Nossum. Mais il ne l’est jamais : il n’a pas besoin de faire un nombre d’heures d’entraînement énorme, il est sage et très appliqué, ce qui est suffisant. J’aurais été bien plus inquiet s’il avait fait plus d’une centaine d’heures. »

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Le fondeur, lui, rappelle qu’il a dû déménager le mois dernier et avait donc moins de temps pour s’exercer. « Mais je suis prêt à mettre les bouchées doubles cet été, le mois de mai a été consacré à l’entraînement mental plus que physique », raconte Krüger. L’objectif : aller chercher Bolshunov l’hiver prochain. « Désormais, je m’entraîne autant en style classique que libre car pour gagner, je ne peux pas me contenter de me battre pour la victoire sur seulement la moitié des épreuves », continue le Norvégien.

 

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Simen Hegstadt Krueger – Modica/NordicFocus

 

 Pour son ancien coéquipier Martin Johnsrud Sundby, il ne fait aucun doute que le champion olympique de PyeongChang en est capable : « Il est mille fois plus talentueux que moi, assure le fondeur. Il a un plus grand potentiel, je le vois vraiment se battre pour le maillot jaune. »

Flatté, Krüger rappelle que Sundby est surtout impressionnant par son travail, n’ayant jamais baissé les bras pour réussir à s’imposer sur le général de la coupe du monde. « C’est un modèle pour moi », conclut Krüger. 


 

  • Sundby et Dyrhaug trouvent des sponsors

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Instagram Niklas Dyrhaug

 

Sortis de l’équipe nationale de ski de fond, Martin Johnsrud Sundby et Niklas Dyrhaug ont décidé de former leur propre équipe privée. Le but : rester dans la course pour la coupe du monde.

Mais qui dit équipe privée dit dépenses. Heureusement, les deux Norvégiens ont déjà trouvé de gros sponsors et récolté 3 millions de couronnes de la part de cinq sponsors.

Si Sundby, au palmarès plus important, aurait pu prendre une plus grosse part du gâteau, il a choisi de partager à part égale avec son nouvel acolyte. « Nous avons de grandes ambitions, ce défi nous a donné une nouvelle motivation, confie Sundby dans les colonnes de VG. Nous allons partager l’argent qui nous permettra de nous payer, payer nos deux entraîneurs et aussi tous les besoins techniques. » Une décision saluée par leur investisseur principal, Benn Eidissen. 

 

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Niklas Dyrhaug (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Dyrhaug vivant à Trondheim et Sundby à Oslo, les deux fondeurs s’entraîneront chacun de leur côté le plus souvent et se rejoindront parfois pour des sessions communes.

Sundby sera entraîné par son petit frère et Dyrhaug par Svein Tore Samdal qui s’était entre autres occupé de Marit Bjørgen auparavant. « Ce sera très intéressant de travailler avec eux mais ma mission principale sera de les freiner, les ralentir, plaisante Samdal. Ils sont tous deux connus pour être ceux qui font le plus d’heures d’entraînement alors je vais devoir surveiller qu’ils ne tirent pas trop sur la corde. » 

 

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Martin Johnsrud Sundby (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Le gros objectif des deux hommes sera bien sûr les Mondiaux d’Oberstdorf en février prochain où Sundby ira défendre son titre sur le 15 kilomètres. Et leur ancien coach, Eirik Myhr Nossum, se méfie déjà d’eux. « J’espère juste que cette compétition contre cette équipe privée rendra mes gars de l’équipe nationale encore meilleurs », confie-t-il à Aftenposten.

Nossum promet en revanche de prendre Sundby et Dyrhaug aux Mondiaux ou sur le circuit de la coupe du monde s’ils sont meilleurs que certains athlètes de l’équipe nationale. « L’important, c’est d’engager les meilleurs, peu importe qu’ils viennent de l’équipe nationale, d’une équipe régionale ou d’un team privé », conclut-il. 


 

  • Line Jahr en difficulté

Elle est la seule entraîneuse de saut à ski en Norvège mais Line Jahr a été mise en difficulté par l’épidémie du coronavirus. Ancienne sauteuse à ski, pionnière de la discipline chez les femmes norvégiennes, elle menait l’équipe « Projet 2022 », sorte d’équipe B nationale féminine, qui a pour but de trouver les héritières de Maren Lundby.

Mais avec l’épidémie et les coupes budgétaires qui ont particulièrement touché la fédération de saut à ski, Line Jahr a perdu son emploi. Pour Clas Brede Bråthen, chef du saut norvégien, la situation est dramatique. Il a toujours été très engagé dans l’égalité hommes-femmes dans son sport et vit la disparition de cette équipe comme une tragédie. « J’aimerai que tous ceux qui s’en préoccupent comme moi nous donnent les fonds nécessaires pour continuer sur cette bonne voie, celle pour laquelle nous nous sommes battus depuis plusieurs années », explique-t-il au quotidien Dagbladet.

Très heureux du travail de Line Jahr, il souhaite l’aider à conserver son emploi au sein de la fédération. « Nous travaillons pour trouver les fonds nécessaires et espérons les obtenir dans les prochaines semaines », a conclu Bråthen. 


 

  • Les frères Bø en difficulté ?

La semaine dernière, les biathlètes se sont de nouveau affrontés sur une course de 3 000 mètres. Erlend Bjøntegaard en est ressorti grand vainqueur, loin devant Johannes Thingnes Bø, pour une fois plus à la peine.

À peine passée la ligne d’arrivée, le Norvégien demande de l’eau à ceux qui le regardaient. Son grand frère, Tarjei, toujours prêt à aider lui a alors renversé un seau d’eau sur la tête… Mais pourquoi donc Tarjei Bø n’était-il pas lui-même sur la piste ? Il était le grand favori pour remporter cette petite compétition après avoir gagné haut la main en mai sur le même format. Le biathlète serait arrivé un peu en retard, se plaignant de douleur… Et a ainsi été dispensé de cet entraînement.

« Je l’ai vu plus tôt à l’entraînement aujourd’hui, signale Vetle Sjåstad Christiansen. C’est vrai que la séance de ski-roues a été difficile mais je suis là et pas lui, c’est un peu dommage. » Tarjei Bø avait-il peur de perdre sur cette course ? A-t-il donc décidé de ne pas tenter l’effort ? Le Norvégien s’est contenté de rire à cette question et a continué d’encourager ses coéquipiers en train de courir. 

 

 

Johannes Thingnes Bø, de son côté, fait une mauvaise course mais il en connaît la raison : « Je me suis moins entraîné que mes coéquipiers ces dernières semaines, j’ai pris du retard mais c’est chaque année la même chose », rappelle-t-il.

En effet, le cadet de la fratrie Bø met toujours du temps au printemps à se remettre au travail correctement et dans les meilleures conditions. Mais pas de quoi s’inquiéter affirme son aîné. « Je pense que depuis le temps, on peut arrêter de toujours poser la même question, conclut Tarjei Bø. Il contrôle entièrement ce qu’il fait, cessons de nous inquiéter. » 


 

  • Bon plan : acheter une cabine à Sjusjøen

Sjusjøen est surtout connue en Norvège pour ses nombreuses cabines où bon nombre de Norvégiens viennent se reposer et skier lorsqu’ils ont du temps libre. Beaucoup de fondeurs ont eux aussi choisi cette ville pour s’y installer lors de leurs périodes d’entraînement, à l’instar de Martin Johnsrud Sundby qui y a élu domicile avec sa famille. Parmi ses voisins : Therese Johaug, Pål Golberg, Sjur Røthe et Hans Christer Holund et dans les villages voisins, Johannes Thingnes Bø et Johannes Høsflot Klæbo. 

Mais contrairement à la plupart de leurs compatriotes, les skieurs bénéficient souvent de réduction sur l’achat du terrain de construction.

Sundby a ainsi acheté sa première cabine en 2014 pour 400 000 couronnes contre 2 millions normalement. Il a ainsi pu la revendre au prix fort et acheter une parcelle plus grande. Avec sa cabine construite, son nouveau domicile vaut désormais 10 millions de couronnes. « J’ai beaucoup négocié pour obtenir ces prix », explique Sundby. Mais c’est une bonne affaire pour la commune : si les stars du ski s’installent à Sjusjøen, beaucoup de Norvégiens voudront les imiter.

« Ils utilisent les héros nationaux du sport pour vendre des terrains et des cabines », commente l’expert en relations publiques Ingebrigt Steen Jensen au micro de la NRK. Et Skeikampen l’a bien compris ! Depuis que Klæbo y a construit son chalet pour le ski, ils ont installé de grands panneaux d’affichage publicitaires, ventant d’être le nouveau lieu d’entraînement de la star du ski de fond. 

 

 

Une belle publicité qui mérite bien de sacrifier les prix d’achat pour les fondeurs et biathlètes. « C’est gagnant pour nous comme pour eux, affirme Jan-Tore Hemma qui travaille pour la ville de Sjusjøen. Les athlètes ont des prix intéressants et ils apportent une plus-value à la ville. »

Sundby organise ainsi des compétitions pour les enfants de la région quatre fois par an, rendant la commune plus attrayante.   

 

Photos : Nordic Focus et Instagram.

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