Vu de Norge #290 : la Première ministre du côté de Johaug

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Østberg se confie

Victime d’une nouvelle fracture de fatigue, Ingvild Flugstad Østberg s’est confiée aux différents médias norvégiens. Après le quotidien VG, c’est la NRK qui a interviewé la fondeuse. Elle revient sur son entraînement adapté depuis l’annonce de cette nouvelle blessure.

 

https://www.nrk.no/sport/ostberg-om-de-skumleste-tankene_-__skal-ha-et-liv-etter-at-jeg-er-ferdig-pa-ski-1.15106357

 

« Je suis allée me baigner et nager tous les jours mais pas à un haut niveau, sourit Østberg au micro de la chaîne TV. C’était très agréable. J’espérais ne pas me blesser de nouveau, je suis déçue mais au moins, je sais comment gérer cela. » Cette pause lui fait pourtant du bien, lui permet de réfléchir à sa carrière. « Je me sens encore jeune mais j’ai déjà 30 ans, je ne dois pas l’oublier, explique-t-elle. Je veux une vie après le ski. On sacrifie beaucoup pour le sport et personnellement, j’ai réalisé nombre de mes rêves. J’en suis consciente et heureuse. J’espère ne pas avoir à prendre ma retraite à cause d’une blessure mais je pense à la fin de ma carrière, oui. »

Mais avant, la jeune femme compte bien revenir au plus haut niveau. « Je ne sais pas ce qui est réaliste pour cette saison, confie Østberg. Je ne sais pas si je peux viser un retour après Noël et espérer prendre part aux Mondiaux ou pas, nous verrons. » Le médecin de l’équipe nationale, Øystein Andersen, a quant à lui déclaré à la NRK que la guérison complète de la Norvégienne pourrait prendre plusieurs mois. « Ce n’est pas optimal pour une fondeuse, admet-il. Ça pourrait prendre encore de nombreuses semaines pour qu’elle revienne à une charge de travail normale et elle perd forcément du temps avant le début de la saison mais je pense qu’elle peut le faire. » Alors Østberg aux Mondiaux d’Oberstdorf ou non ?


 

  • Sundby et Dyrhaug font-ils peur ?

Sortis de l’équipe nationale, Martin Johnsrud Sundby et Niklas Dyrhaug ont monté ensemble leur équipe privée. L’objectif : être assez entraînés pour être sélectionnés en coupe du monde et lors des Championnats d’Oberstdorf. Et il serait dommage de tout de suite tirer une croix sur eux, leurs anciens coéquipiers le savent bien.

« J’ai entendu des rumeurs, rapportait Hans Christer Holund au début de l’été. Ils pourraient bien être encore mieux entraînés que certains d’entre nous. Ils ont le niveau pour faire partie de l’équipe nationale, ils ont formé une bonne équipe et il va falloir se méfier : ils pourraient bien prendre notre place. » Sundby, lui, est au moins assuré de participer au 15 kilomètres des Mondiaux dont il est champion en titre. Et il pourrait bien obtenir plus de dossards.

 

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Martin Johnsrud Sundby (NOR), Sjur Roethe (NOR), Erik Valnes (NOR) – Modica/NordicFocus

 

« C’est très intéressant de voir ce que ces deux gars, intelligents et bosseurs, peuvent faire, réagit Sjur Røthe qui a pu s’entraîner avec eux en juin. En même temps, j’espère bien évidemment pouvoir les battre. » « Ce seront des concurrents sérieux, renchérit Pål Golberg. À l’équipe de décider quels seront les critères de sélection pour que ce soit le plus juste possible pour tous. » Eirik Myhr Nossum, entraîneur de l’équipe masculine, promet que Sundby et Dyrhaug recevront le même traitement que les autres fondeurs.


 

  • L’équipe Projet 2022 se poursuit

Après le début de la pandémie de coronavirus et l’annulation de nombreuses compétitions, la fédération norvégienne a dû opérer des coupes budgétaires. Très touché, le saut à ski pensait à démanteler ses équipes B et son « Projet 2022 » qui devait permettre de trouver la relève de la discipline féminine en Norvège.

Finalement, à la fin du mois de juillet, Clas Brede Bråthen a annoncé dans les colonnes d’Aftenposten que cette équipe « Projet 2022 » pourrait être conservée. L’équipe B masculine, elle, est toujours suspendue. « Il était très important que nous puissions continuer d’investir dans cette équipe féminine car elle est encore en phase de développement et vulnérable », explique Bråthen, directeur sportif du saut norvégien.

Line Jahr, ancienne sauteuse et entraîneuse de cette équipe « Projet 2022 », se dit contente de la nouvelle. « Je suis heureuse qu’ils aient trouvé une solution, pour moi et pour les filles, confie-t-elle. C’est gratifiant pour elles de voir qu’elles comptent, que l’on soutient le saut féminin et son développement. » Une question qui a toujours tenu à cœur à la fédération norvégienne. Pour Line Jahr, il est aussi important qu’il y ait des coachs féminines en saut à ski. « J’ai traversé ce qu’elles sont en train de connaître, explique-t-elle. Je peux les comprendre, les aider au mieux. »

 

 

Très au point techniquement, cette équipe B féminine va maintenant mettre l’accent sur le côté physique et la prévention des blessures. Objectif : devenir la meilleure équipe du circuit féminin pour les prochains Jeux olympiques, à Pékin en 2022, dans les traces de Maren Lundby.


 

  • Karlsson vs Johaug

En voyant la performance de Therese Johaug sur le stade de Bislett à Oslo, Frida Karlsson a décidé de se mettre elle aussi à l’athlétisme et à la course de fond. Et si les deux skieuses s’affrontaient ailleurs que sur une piste de fond l’an prochain ? C’est en tous cas l’idée de Jann Post, commentateur en ski et en athlétisme pour la NRK. « J’espère que les organisateurs de Bislett inviteront Frida Karlsson l’an prochain, confie-t-il au micro de la chaîne norvégienne. Ça pourrait être un duel excitant face à Johaug et ça serait très suivi en Suède comme en Norvège. »

 

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Ekte idrettsglede 🌟

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Ny dag! 8.32 för er nyfikna😁

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Pour les organisateurs, ce n’est pas si sûr… « Si Karlsson a le niveau de Johaug, alors oui, il peut y avoir un intérêt mais pas sur une compétition de la Diamond League, dit Steinar Hoen, patron des compétitions du stade de Bislett. Avoir des célébrités au départ n’est pas intéressant en soi. Il faut qu’elles puissent avoir le niveau, lutter pour les meilleures places. »

Les deux fondeuses s’affronteront en tous cas durant l’hiver avec, en point d’orgue, les championnats du monde d’Oberstdorf en février prochain. Karlsson pourra-t-elle aller chercher Johaug ?


 

  • Erna Solberg prend parti

En Norvège, le ski de fond est une affaire d’État. À tel point que la Première Ministre, Erna Solberg, a décidé de s’exprimer sur l’affaire Johaug. « Therese est une athlète fantastique, déclare-t-elle dans les colonnes de Dagbladet. Je pense que c’est un très bon modèle, elle s’entraîne dur, est toujours souriante et gagne. Beaucoup auraient abandonné à sa place, après les épreuves qu’elle a traversées. »

 

 

Pour la chef d’État, il ne fait aucun doute que la fondeuse pourrait donc se voir attribuer le prix Egeberg qui la récompenserait pour ses résultats en ski de fond et en athlétisme. « C’est même évident qu’elle devrait le recevoir », ajoute Marit Bjørgen, abondant dans le sens d’Erna Solberg. Pour les deux femmes et d’autres supporters de Johaug, il ne faut pas oublier que la Norvégienne n’avait pas cherché à se doper et sa condamnation n’irait donc pas à l’encontre d’une récompense honorifique. Le comité, lui, n’a pas encore tranché.

 

Photos : Nordic Focus.

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