Vu de Norge #292 : ce que risque Northug

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Affaire Northug : les risques encourus

Il a encore secoué la sphère du ski de fond : Petter Northug Jr. a avoué avoir été arrêté en excès de vitesse jeudi soir. De la cocaïne a aussi été retrouvée chez lui. Mais cette fois, l’ancien fondeur risque un peu plus qu’une peine de prison de 50 jours, finalement effectuée avec un bracelet électronique chez lui en 2015 après son accident de voiture survenu l’année précédente.

 

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La Une de Dagbladet, le 17 août 2020

 

Sa seule infraction pour excès de vitesse – il a été contrôle à 168km/h sur une route limitée à 110km/h – serait en soi susceptible de l’envoyer par la case prison. « Rien que cela pourrait lui valoir une vingtaine de jours en prison », déclarent des experts juridiques norvégiens, interrogés par VG. Il faut ensuite prendre en compte une autre infraction, celle de conduite sous l’emprise de stupéfiant.

Autre fait aggravant : l’enfant terrible de Mosvik a déjà été condamné il y a 6 ans pour conduite en état d’ivresse et excès de vitesse. Peu de chance, donc, pour que Northug s’en sorte avec un sursis ou une simple amende. Même des travaux d’intérêt général semblent peu réalistes. Il pourrait pourtant en écoper pour sa détention d’environ 10 grammes de cocaïne à son domicile.

Quant à savoir s’il conduisait sous l’emprise des stupéfiants, le résultat des tests menés par la police pourrait prendre quelques semaines, l’affaire n’étant pas prioritaire. « Il faut tout de même prendre en compte le profil de l’accusé, voir s’il est repentant ou non », continuent les experts. La police a d’ailleurs souligné que Northug avait tout de suite coopéré avec les forces de l’ordre, leur remettant son permis qu’il venait de récupérer après son interdiction de conduire pendant 5 ans en 2014. Sa Jaguar lui a été en revanche rendue après inspection.

 

 

Mais plus que perdre sa voiture, le Norvégien risque de perdre son emploi auprès de TV2. « Nous allons y réfléchir ces prochains jours, réagit le rédacteur en chef de la chaîne, Jan-Petter Dahl. Nous voulons d’abord lui parler mais nous savons déjà que tous les programmes déjà enregistrés avec lui seront diffusés. »

La chaîne de magasins de sport XXL, plus gros distributeur de la marque Northug, ne s’est pour le moment pas positionnée non plus. « Nous voulons avoir toutes les cartes en main, connaître la situation de manière approfondie avant de prendre une décision », déclare la responsable média de la marque Marte Ramuz Eriksen. Uno-X Pro, équipe de cyclisme, a elle déjà annoncé qu’elle allait changer de fournisseur de lunettes.


 

  • Affaire Northug : les réactions

Après son annonce choc, les réactions sur la planète du ski de fond n’ont pas tardé à arriver. Et si certains sponsors ont déjà annoncé arrêter leur partenariat avec Petter Northug Jr., l’enfant terrible du fond norvégien a aussi reçu beaucoup de messages de soutien. Parmi eux, ses grands acolytes de toujours, Emil Iversen et Niklas Dyrhaug. « J’ai été surpris, triste et déçu, commence Iversen. J’ai dû relire plusieurs fois sa publication Instagram pour être sûr qu’il n’avait pas été piraté. C’est très difficile à accepter. » Jusqu’à son entrée en équipe nationale, Northug était en effet son modèle puis l’un de ses meilleurs amis. « Bien évidemment, je sais qu’il n’est pas bon de côtoyer des gens qui touchent à la drogue mais je pense que c’est peut-être aussi qu’il se sentait mal dans sa peau et l’admettre est un premier pas dans le bon sens », continue le fondeur de Meråker.

« Je suis vraiment désolé et ce pour deux raisons, confie quant à lui Dyrhaug. D’abord pour lui parce que je tiens à lui et ensuite parce qu’il a fait quelque chose de grave. Mais je m’inquiète beaucoup pour lui, s’il a besoin d’aide je serais là. Mais il aura aussi peut-être besoin de l’aide d’un professionnel. » Iversen est du même avis : « ce sera peut-être le combat le plus difficile qu’il ait à mener mais Petter peut le faire, affirme-t-il. Je serai là dès qu’il en aura besoin mais il lui faut aussi une aide professionnelle. Et être puni pour ce qu’il a fait bien évidemment. »

Ragnar Berg, propriétaire de la société Norsk Limtre et sponsor de longue date de Northug, rejoint les deux athlètes. « Je m’inquiète pour Petter, cela fait plus de 15 ans que je le connais et il s’est toujours démarqué, pour le meilleur comme pour le pire, confie Berg. J’espère juste que désormais il obtiendra l’aide dont il a besoin car il est encore un modèle pour beaucoup. Il doit ranger sa fierté et accepter l’aide qu’on peut lui apporter. »

Bien moins prêt à soutenir la star du ski de fond norvégien, le ministre de la culture et des sports, Abid Raja, s’est exprimé sur cette nouvelle affaire. « Il y a encore de nombreux jeunes qui admirent Northug et ce qu’il a fait, cela affaiblit la réputation du sport en général en Norvège, estime le ministre. Il n’est pas le modèle qu’il devrait être, il doit prendre conscience de ses responsabilités et être jugé comme les autres. »

L’avocat de Petter Northug Jr., Halvard Helle, a préféré ne faire aucun commentaire, rappelant seulement qu’un ministre n’est censé faire aucune déclaration sur une affaire pénale en cours.


 

  • Tarjei Bø voit loin

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Tarjei Boe – Instagram

 

À 29 ans, Tarjei Bø pourrait déjà, comme d’autres athlètes, penser à la retraite. Mais c’est loin d’être le cas. « Je me vois bien continuer jusqu’aux Jeux olympiques de 2030, plaisante-t-il au micro de TV2. Si je veux rattraper Johannes au nombre de victoires, il va falloir que je continue le biathlon après qu’il ait pris sa retraite, c’est la seule solution. »

Plus sérieusement, le biathlète annonce n’avoir encore pas fixé de date de fin pour sa carrière. « Il y a quelques années, j’ai annoncé que j’irais au moins jusqu’aux JO 2022, mais c’est déjà dans deux ans, explique-t-il. Et je suis encore en forme, je sens que je peux pousser encore et je m’ennuierais si je prenais ma retraite. »

 

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Tarjei Boe (NOR) – Tumashov/NordicFocus

 

Pourtant, quand on lui demande s’il poursuivra jusqu’en 2026, Tarjei Bø préfère nuancer. « J’ai aussi une plus grande envie d’être chez moi, de moins voyager alors nous verrons, admet-il. Mais je sens que je peux être encore meilleur qu’avant. De nombreux numéros 1 mondiaux avaient la trentaine, regardez Ole Einar Bjørndalen ou Marit Bjørgen. Ou encore Martin Johnsrud Sundby qui est encore au plus haut niveau à 35 ans ! »

L’aîné de la fratrie pense aussi avoir trouvé l’équilibre parfait pour éviter les maladies et performer de son mieux sur toute la saison. Verdict en novembre.


 

  • Westvold Hansen, cousine de Johaug et avenir du combiné

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Gyda Westvold Hansen – OIS/Dylan Burns

 

Gyda Westvold Hansen est l’une des jeunes recrues de l’équipe de combiné nordique féminin norvégien. Aux côtés des sœurs Mari et Marte Leinan Lund, elle représente l’avenir de la discipline et devrait participer à la toute première épreuve de combiné féminin aux championnats du monde l’hiver prochain.

 

 

Et la jeune athlète de 18 ans part avec un atout de taille dans sa poche : elle est la cousine de Therese Johaug. « C’est un modèle pour moi, je l’ai toujours admirée, confie Westvold Hansen dans les colonnes de Dagbladet. Je suis heureuse de participer à un championnat avec elle. Et elle m’a donné plein de conseils ! » Malgré ses gènes de fondeuse, la combinée révèle en effet qu’elle est bien meilleure en saut et doit encore s’améliorer en fond.

Et pour devenir une athlète de combiné nordique complète, elle pourra aussi compter sur le soutien de Jarl Magnus Riiber, numéro 1 mondial de la discipline. « C’est très important pour notre sport que la version féminine se développe enfin, explique-t-il. Je suis vraiment pressé de voir ça et je vais tout particulièrement suivre Gyda qui est très prometteuse. » Peu importe les résultats pour le combiné norvégien, cette saison s’annonce historique pour la discipline.


 

  • Les athlètes du nord désavantagés ?

Les deux entraîneurs de l’équipe nationale masculine de ski de fond, Eirik Myhr Nossum et Arild Monsen, vivent tous deux à Oslo. Résultat : les fondeurs s’entraînant et vivant près de la capitale ont pu profiter de leur présence tout l’été.

Au contraire de ceux habitant plus au nord, dans le Trøndelag pour la plupart. C’est le cas de Johannes Høsflot Klæbo, Didrik Tønseth ou encore Emil Iversen qui s’est ouvert à ce sujet au micro de la NRK.

 

 

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Emil Iversen – Instagram

 

« Oui, nous avons eu quelques rassemblements communs mais il y en a eu très peu, explique-t-il. Et s’entraîner seul, c’est totalement différent. Le coach n’est pas là pour nous motiver à faire mieux mais aussi pour nous apporter son regard extérieur sur la technique, nos taux de lactate… Les athlètes d’Oslo ont clairement un meilleur suivi pour ça. »

Une situation que reconnaît le directeur sportif de la discipline, Espen Bjervig. « Il est vrai que cette année, ceux qui vivent près de leur entraîneur ont été avantagés, admet-il. Il ne faut pas oublier que notre pays est très étendu et, malheureusement pour les garçons, il n’y a qu’un entraîneur de l’équipe féminine qui vit dans le nord. Nous avons essayé d’organiser des rassemblements mais cela a été difficile en raison de la crise sanitaire. »

Bjervig conclut tout de même en rappelant que oui, l’association de ski aurait peut-être pu mieux gérer cette crise mais a fait avec les moyens du bord, sachant qu’il a aussi fallu faire face à des coupes budgétaires.


 

  • L’équipe junior touchée par une épidémie

Depuis plusieurs mois, les Norvégiens, comme tous les athlètes du monde, font très attention à ne pas attraper le coronavirus. C’est aussi ce qu’a fait l’équipe nationale junior de ski de fond norvégien. Heureusement, ce n’est finalement pas la Covid-19 qui a eu raison d’eux mais une simple épidémie de gastro !

« Nous avons un virus qui circule dans l’équipe et qui se propage rapidement parmi les garçons et les filles malgré nos directives claires », annonce l’entraîneuse Monika Kørra dans les colonnes du quotidien VG. Le camp d’entraînement se déroulait à Sjusjøen et devait prendre fin vendredi dernier. C’est finalement mercredi que tout le monde a regagné ses pénates. « Le premier malade est arrivé lundi, nous pensions qu’il n’avait juste pas digéré son dîner de la veille, explique Kørra. Finalement, d’autres ont suivi et se sont plaint eux aussi de maux d’estomac. Pourtant, nous avons bien suivi toutes les directives pour éviter l’infection du coronavirus. Mais ça n’a pas empêché cet autre virus de se propager. Quand la moitié de l’équipe a été touchée, nous avons décidé d’arrêter là. »

Malheureusement, aucun médecin n’était présent lors du rassemblement. Remi Andersen, médecin de l’équipe junior, a tout de même été en contact permanent avec les athlètes. Après l’infection, Øystein Andersen, médecin de l’équipe nationale, a aussi décidé de conduire des tests pour être sûr de savoir quel virus avait infecté les fondeurs. « Nous préférons savoir ce qui s’est passé pour le traiter au mieux et l’éviter à l’avenir », conclut le médecin.


 

  • Landskampen, saison 2

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Espen Solli / TV2

 

L’an dernier, Landskampen était diffusé pour la première fois sur TV2, l’une des deux grandes chaînes norvégiennes. Le principe de l’émission ? Quatre athlètes norvégiens venus du fond et du biathlon affrontent quatre de leurs homologues suédois. Le principe a beaucoup plu et TV2 a donc reconduit l’émission pour une deuxième saison.

Cette année, pas de paysage grec mais bien un tournage local dans les comtés de Vestold et de Telemark en Norvège, près d’Oslo, la faute au coronavirus qui ne permettait pas de voyager.

Pour présenter l’émission : Petter Northug et Gunde Svan, représentant chacun l’un des deux pays participants. Du côté des participants, la Suède a aligné Frida Karlsson, Teodor Peterson et le couple Anna Jönsson Haag et Emil Jönsson. Une équipe 100% ski de fond alors que la Norvège a choisi Marit Bjørgen et Martin Johnsrud Sundby en ski de fond associés aux biathlètes Tarjei Bø et Ingrid Landmark Tandrevold.

 

 

« C’était bien plus difficile que ce à quoi je m’attendais mais ça a été très amusant à faire », confie Frida Karlsson au quotidien VG. « Les épreuves sont encore plus dures que l’an dernier », approuve Marit Bjørgen. « Personnellement, j’étais surtout ravie de partager autant de temps avec Marit, Martin et Tarjei, c’était le rêve ! » se réjouit Tandrevold.

« Quand on m’a proposé de me battre à nouveau contre la Norvège, je ne pouvais pas refuser, conclut Emil Jönsson. C’est toujours extrêmement motivant de gagner contre eux… Mais il est possible que je soutienne Tarjei et Ingrid en biathlon l’an prochain », rit-il.
Premier épisode de cette deuxième saison le 11 septembre prochain, uniquement sur TV2.

 

Photos : Nordic Focus, OIS/Dylan Burns et Instagram.

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