Vu de Norge #293 : Johannes Thingnes Bø mauvais élève

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Affaire Northug : nouvelles confessions…

Petter Northug Jr.

Petter Northug – Capture NRK

 

En conférence de presse vendredi dernier, Petter Northug Jr. a avoué devant les médias norvégiens souffrir de toxicomanie et être prêt à assumer les conséquences de ses actes.

Il a aussi admis que la vitesse retenue lors du contrôle de police (de 168 km/h) aurait dû être bien plus élevée. « Je devais être à bien plus de 200 km/h sur une route limitée à 80, explique-t-il aux médias. Le pire, c’est que j’ai été assez stupide pour me filmer en même temps. » L’ancien fondeur admet ainsi de nouvelles infractions au code de la route.

En revanche, Northug affirme toujours n’avoir rien consommé le jour-même de son arrestation. D’après l’enfant terrible du ski de fond, il n’avait pris ni drogue, ni alcool, ni médicament depuis deux jours. « Mais ce n’est pas une raison pour conduire si vite, chercher l’adrénaline de cette façon, reconnaît-il, repentant. J’ai mis d’autres personnes en danger et j’en ai honte. »

 

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« J’ai mis d’autres personnes en danger et j’en ai honte » – Capture NRK

 

Pour corroborer ces dernières affirmations, tous les autres intervenants au camp d’entraînement pour jeunes fondeurs à Trysil ont aussi confirmé que Northug semblait tout à fait normal durant la journée, avant son arrestation. « Il s’est très bien comporté, a été un très bon instructeur pour les jeunes comme durant ces sept dernières années », affirme le responsable de l’événement, Svein Skarpmo. Mais même s’il a été exemplaire le jour de son arrestation sur le camp avec les jeunes fondeurs, ce pourrait bien être la dernière fois avant longtemps qu’il participe à ce genre d’événement.

En effet, sa peine devrait se voir accompagner d’une interdiction de travailler avec des mineurs en tant qu’entraîneur ou simple intervenant. « Une personne inculpée, poursuivie ou reconnue coupable pour une infraction liée à la drogue ne peut travailler pendant au moins trois ans avec des mineurs selon le code pénal », explique Håvard Øvregård, conseiller principal de la Confédération norvégienne des sports.

 


 

  • … et nouveaux soutiens

Après la conférence de presse de Northug, de nouveaux témoignages de soutien se sont fait entendre dans la presse norvégienne.

Emil Iversen, très proche du fondeur de Mosvik, a été l’un des premiers interrogés, dès vendredi. C’est les larmes aux yeux qu’il répond aux questions des journalistes de la NRK. « Il a toujours été important pour moi, pour ma carrière et je veux qu’il sache que ma porte lui sera toujours ouverte », commence Iversen.

Niklas Dyrhaug, lui aussi, est un des meilleurs amis de Northug. « J’avais des doutes mais je ne pensais pas qu’il avait de si gros problèmes, admet le fondeur de Tydal. J’aurais peut-être dû faire plus attention mais il était parti à Oslo… C’est facile de voir maintenant ce qui aurait dû être fait. Mais désormais, comme il va revenir dans le Trøndelag, ce sera plus facile de l’aider. Je veux le soutenir comme j’aurais aimé qu’il le fasse pour moi si la situation avait été inversée. »

Calle Halfvarsson, ennemi numéro 1 sur les pistes de Northug durant sa carrière, a lui aussi apporté tout son soutien au Norvégien. « J’ai pu l’appeler et il m’a dit se sentir très mal et être prêt à se faire aider, explique le Suédois. Je veux le soutenir dans cette épreuve, je ne cautionne pas ce qu’il a fait mais je suis son ami et on ne tourne pas le dos à un ami qui a des problèmes. » Comme marque de soutien, Halfvarsson a pour le moment décidé de continuer son partenariat avec la marque de lunettes de Northug.

Johannes Høsflot Klæbo, lui, est plus dur avec son idole d’enfance. « Ce qu’il a fait est inacceptable et renvoie une très mauvaise image pour tous ceux qui l’admirent, déclare-t-il. En tant que star du ski, il avait beaucoup de responsabilités et il faut s’en rendre compte. En revanche, j’espère qu’il obtiendra l’aide dont il a besoin. C’est de ses actions que je me dissocie, pas de l’homme. Il a encore un bel avenir possible, il doit le réaliser et se reprendre en main », conclut-il.


 

  • Johannes Thingnes Bø mauvais élève

 

En plus de ne pas tenir de journal de bord de ses entraînements, Johannes Thingnes Bø répond très rarement à son entraîneur au téléphone. « J’avoue, je suis un peu lâche, reconnaît le biathlète. Je travaille très bien lors des rassemblements avec l’équipe mais seul, c’est différent… Alors je deviens difficile à joindre pour que les entraîneurs ne le sachent pas. »

Le Norvégien reconnaît tout de même qu’il n’a pas meilleure conscience pour autant après avoir refusé les appels d’Egil Kristiansen, son coach de fond. « C’est parfois frustrant, reconnaît celui-ci au micro de la NRK. Mais il faut adapter l’entraînement à tous et si ça marche bien comme ça pour Johannes… »

 

Le numéro 1 mondial du biathlon a ainsi, ces dernières années, mis au point sa propre méthode d’entraînement consistant à se baser sur les sensations de son corps et sa motivation plutôt que de se forcer à faire un nombre de séances calculé à l’avance. « Le problème c’est que je suis sans cesse en train de me dire que j’aurais dû m’entraîner tel ou tel jour et je ne l’ai pas fait alors je me sens mal, explique le cadet de la fratrie . Même si je sais que c’est ça qui fonctionne pour moi, c’est difficile à assumer. En même temps, j’aurais changé de stratégie si cela posait vraiment problème », conclut-il.


 

  • Les objectifs de Riiber

Il a tout gagné. Depuis deux ans, Jarl Magnus Riiber survole la coupe du monde de combiné nordique. Mais cet été, le jeune papa n’a pas un entraînement optimal, souffrant d’une blessure de fatigue aux ligaments croisés. « Mais je peux de nouveau sauter, affirme le Norvégien dans les colonnes de Dagbladet. Ça fait deux mois que je n’ai pas pu alors j’en suis heureux et je peux désormais m’entraîner normalement. »

 

 

Et que ses adversaires soient prévenus, Riiber ne compte pas les laisser lui prendre son maillot jaune si facilement. « Le niveau de la concurrence ne fait qu’augmenter, se réjouit-il. Je suis très impatient d’entamer cette nouvelle saison parce que je dois sans cesse m’améliorer et faire mieux. C’est très excitant. Je pense aller plus vite sur les skis, sauter plus loin alors j’espère faire une meilleure saison que l’an dernier. »

Aucune raison, non plus, pour ses adversaires d’espérer que sa fille, née en début d’année, l’empêche d’être au mieux de sa forme. À entendre le Norvégien, elle n’a absolument pas perturbé son sommeil. « Bien évidemment, j’ai peur qu’elle me manque quand je serai en déplacement mais nous verrons », conclut Riiber.


 

  • Westvold Hansen vise l’or

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Gyda Westvold Hansen – OIS/Dylan Burns

 

Elle est LE grand espoir du combiné nordique féminin norvégien et Gyda Westvold Hansen a un objectif très précis pour l’hiver prochain. À seulement 18 ans, la jeune Norvégienne ne vise rien d’autre que la toute première médaille d’or de sa discipline aux championnats du monde d’Oberstdorf en février prochain.

« Est-ce que je dois vraiment le dire ? plaisante-t-elle en interview. Ma mère va m’appeler tout de suite en me disant que je me fixe des objectifs trop élevés mais oui, j’espère obtenir le titre de championne du monde. C’est mon rêve. »

Avec quatre podiums dont deux victoires en coupe continentale l’an dernier, elle fait partie des meilleures athlètes de combiné du circuit et peut en effet prétendre à ce titre. « Je me suis beaucoup amélioré en fond, explique la cousine de Therese Johaug, et mon niveau en saut a toujours été très bon. Alors oui, je dois y aller étape par étape mais ce serait génial d’y arriver ! »

 

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Sebastian Oestvold (NOR), Gyda Westvold Hansen (NOR), Marte Leinan Lund (NOR), Andreas Skoglund (NOR) – Studio2media | Marko Unger

 

Cette année marquera aussi la première saison de coupe du monde de combiné féminin. Pour permettre à l’équipe féminine norvégienne d’avoir toutes ses chances, Westvold Hansen et les sœurs Leinan Lund ont pu s’entraîner avec l’équipe masculine. « C’était incroyable, leur niveau est si élevé, s’extasie Westvold Hansen. J’espère que nos équipes pourront s’entraider et partager pour tous avancer. Et puis, s’entraîner avec le numéro 1 mondial, Jarl Magnus Riiber, ce n’est pas rien. » Le Norvégien, lui aussi, est heureux de cette collaboration : « J’espère pouvoir aider les filles avec mon expérience, dit-il à TV2. Nous avons la meilleure équipe du monde et c’est profitable pour tout le monde. Et les filles peuvent nous apporter beaucoup je pense. »


 

  • Stöckl accepte la quarantaine

Ils seront au moins quatre membres de l’équipe de saut à ski norvégienne à devoir se mettre en quarantaine pendant dix jours. Alexander Stöckl a en effet décidé de faire le voyage jusqu’en Pologne avec trois athlètes pour participer au seul Grand Prix d’été de la saison, à Wisla.

Robin Pedersen, Anders Håre et Sander Vossan Eriksen en ont profité pour se frotter à l’élite mondiale. Résultat : ils devront se confiner en rentrant en Norvège, selon les lois nationales en vigueur actuellement. « Mais c’est le seul Grand Prix d’été que nous ayons cette année, justifie Alexander Stöckl, leur coach. C’est une expérience très importante pour eux, il faut que nous soyons compétitifs et il y avait des athlètes internationaux sur cette compétition. »

 

 

Clas Brede Bråthen, directeur sportif du saut, ajoute qu’il est important de voir comment se déroulent les compétitions en temps de Covid puisque Wisla représente sûrement une grande répétition de la prochaine saison de coupe du monde. L’entraîneur autrichien explique aussi son choix en affirmant que les dispositions prises par le comité d’organisation de Wisla semblent suffisantes pour éviter les contaminations. Parmi ces mesures : des étages réservés aux athlètes à l’hôtel, une distanciation stricte d’au moins deux mètres, des lavages de mains fréquents… « C’est sûrement l’endroit le plus sûr en Pologne, peut-être même plus que dans les transports en commun à Oslo », affirme Stöckl.

 

Photos : Nordic Focus, Studio2media | Marko Unger, OIS/Dylan Burns et capture d’écran NRK.

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