Vu de Norge #297 : un fondeur en biathlon ?

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

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Chris Andre Jespersen (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Chris Jespersen est connu pour ses bons résultats ces dernières années en ski de fond avec, entre autres, une 2e place au général du Tour de Ski en 2014.

Pourtant, c’est aux championnats nationaux de biathlon norvégien qu’il a fait son apparition ce week-end. Au micro de la NRK, le fondeur confie que ces six derniers mois, il s’est beaucoup entraîné en tir avec environ 1200 tirs par semaine, presque autant que Stina Nilsson qui a changé de discipline et concourra la saison prochaine en biathlon.

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« Depuis mars, ça a été l’un de mes objectifs principaux : m’améliorer en tir, révèle-t-il. Et je dois avouer que mon objectif, ce sont les Jeux olympiques en biathlon… Ce sera dur mais on a le droit de rêver, non ? »

Et le chemin sera difficile, Tarjei Bø le sait bien. « Quand on apprend une nouvelle discipline à l’âge adulte, soit on l’a, soit on ne l’a pas, estime le biathlète. Mais connaissant Chris, je sais qu’il est motivé et qu’il va donc travailler très dur. Et heureusement, il est aussi très fort mentalement. Imaginez le nombre de personnes qui rient dans son dos car sa première compétition a été difficile. Mais il ne s’en soucie pas et il continue… Alors oui, ça ne fonctionnera peut-être pas mais imaginez s’il réussissait son pari ! »

Lucide, Jespersen vise une arrivée en coupe du monde dans un an et non dès novembre. Il s’inspire de l’allemande Denise Hermann, d’abord fondeuse puis biathlète, qui a remporté une médaille d’or en 2019. « Mais je ne suis pas sûr que Jespersen dispose d’autant de temps, il est moins jeune, réagit Ola Lunde, expert biathlon de la NRK. Il peut s’améliorer en tir mais il ne tirera pas assez vite et même en ski, c’est différent des épreuves de fond pures. » Ce week-end, Jespersen a fini 44e du sprint avec un 2/10 au tir. Mais pas de quoi le décourager, il continuera de s’entraîner pour réaliser son nouveau rêve.


 

  • Østberg de retour

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Ingvild Flugstad Oestberg (NOR) – Modica/NordicFocus

 

En juillet, Ingvild Flugstad Østberg annonçait souffrir d’une fracture de fatigue au pied. Résultat, elle devait renoncer à un entraînement normal. Ce week-end, son entraîneur, Ole Morten Iversen, révélait à TV2 que son athlète allait pouvoir recommencer à s’entraîner.

« On va d’abord lui proposer des sessions assez courtes de course et de ski-roues », explique le Norvégien. Mais la question se pose de savoir si la fondeuse sera ensuite débarrassée de cette épée de Damoclès ou si elle risque de nouvelles blessures durant la saison.

« De toutes façons, elle n’a pas pu autant s’entraîner que d’habitude alors elle doit comprendre que, coronavirus ou non, ce ne sera pas une saison normale pour elle, continue Iversen. Elle pourrait être prête d’ici le Nouvel An mais avant, cela paraît compromis. Si elle doit avoir un objectif réaliste, ce sont les mondiaux en février. »

De son côté, Østberg préfère se concentrer sur sa remise en forme et sa santé après une saison passée compliquée à ce niveau, ce que salue son coach.


 

  • L’interdiction du fluor inquiète

Dès cet hiver, les fondeurs et biathlètes devront se passer de fluor dans leurs produits de fartage des skis. La FIS et l’IBU ont affirmé que l’appareil pour tester les taux de fluor était prêt. Mais finalement, il semblerait que ça ne soit pas encore le cas. De quoi inquiéter les équipes à quelques semaines du début de la saison.

 

BIATHLON - La Fédération internationale de biathlon a fait savoir, par l’intermédiaire de son secrétaire général, qu’elle pourrait suivre l’exemple de la FIS en ce qui concerne l’interdiction progressive du fluor dans les ateliers de fartage.

Modica/NordicFocus

 

Initialement, les farteurs auraient dû réaliser les premiers tests à la fin du mois de septembre. Finalement, ils devront attendre encore un mois. « C’est trop près du début de la saison, nous n’aurons pas le temps de bien nous préparer, assure Tobias Dahl Fenre, responsable fartage du biathlon norvégien. Cette interdiction du fluor est légitime mais il faut revoir le calendrier, ça va trop vite et personne ne sera prêt. »

Fenre craint, entres autres, que l’appareil ne soit pas bien réglé et que des athlètes pâtissent ensuite des résultats : que ce soit parce que du fluor a été détecté là où il n’y en a pas ou parce qu’il n’a pas été détecté là où il y en a. « Nous ne voulons pas être un projet pilote ou être sacrifié parce que rien n’est prêt », réagit le biathlète Vetle Sjåstad Christiansen. Les frères Bø approuvent sa déclaration, souhaitant des tests clairs et fiables pour prévenir toute tricherie et que tous les athlètes soient sur un pied d’égalité.

Therese Johaug, elle, préfère faire confiance aux techniciens norvégiens pour lui fournir les meilleurs skis tout en respectant les nouvelles règles.

En attendant de pouvoir tester cet appareil tant attendu, les Norvégiens travaillent d’arrache-pied dans le camion de fartage. Il est entièrement nettoyé pour qu’il ne reste plus aucune trace de fluor pouvant fausser les tests. « Ce sera peut-être inutile mais c’est tout ce que nous pouvons faire pour le moment », finit Fenre, inquiet de n’avoir aucune information sur les méthodes de test ou encore sur les taux de fluor résiduels qui seront acceptés.


 

  • Fossesholm parie sur Northug

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Petter Northug – Capture NRK

 

Après sa conférence de presse où il révélait souffrir de toxicomanie, Petter Northug Jr. a été peu à peu abandonné par plusieurs de ses sponsors mais aussi de ses sponsorisés. En effet, de nombreux athlètes utilisant sa marque ont décidé de rompre leur contrat, d’autres n’ont pas encore décidé.

 

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Photo : Simen Fossesholm

 

De son côté, Marie Helene Fossesholm a tranché : elle continuera de skier avec des lunettes de la marque Northug. « Je suis très satisfaite de notre collaboration, explique-t-elle dans les colonnes de VG, et j’ai donc décidé de poursuivre avec lui. Bien sûr, je ne cautionne pas ce qu’il a fait mais je pense qu’il acceptera la sanction qu’il mérite et ce ne serait pas normal que tout le monde l’abandonne. Il faut aussi penser au fait que la marque emploie de nombreuses personnes. »

 

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Maiken Caspersen Falla (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Maiken Caspersen Falla, elle aussi sponsorisée par Northug, a décidé de réfléchir encore un peu. « J’attends que tout se soit calmé, confie-t-elle. Et j’attends aussi de voir ce que fera la fédération. Je n’ai donc encore rien décidé. » La fédération norvégienne de ski, en effet, a elle aussi un accord de parrainage avec Northug pour les lunettes mais elle n’a encore pas choisi si elle mettrait un terme à ce sponsoring ou non.


 

  • Karlsson se confie, Northug réagit

Tout comme Ingvild Flugstad Østberg, Frida Karlsson a connu un début de saison difficile l’an dernier. La raison ? Elle n’a pas passé le rendez-vous médical de sa fédération avant l’hiver. En cause : son poids et son alimentation. « J’étais tout le temps fatiguée, le matin, la journée, le soir… Il a fallu que je réagisse, explique la Suédoise à Dagbladet. J’ai dû tout changer, trouver un nouvel équilibre qui soit bon pour mon corps. Ça a été très difficile à accepter mais je crois que j’en suis sortie plus forte. »

 

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Frida Karlsson (SWE) – Modica/NordicFocus

 

La Suédoise tient tout de même à préciser qu’elle ne souffrait pas de troubles de l’alimentation mais qu’elle avait juste du mal à calculer le bon apport nutritionnel pour récupérer au mieux après des entraînements intenses et difficiles. « C’est difficile pour tous les athlètes mais c’est vrai qu’il est très rare d’en parler », continue Karlsson.

La fondeuse se confie d’ailleurs sur ce sujet dans l’émission Landskampen. Elle participe en effet à la saison 2 et ses problèmes de l’an dernier ont été abordés dans l’épisode qui sera diffusé cette semaine.

Petter Northug Jr, qui co-anime l’émission, a tenu à réagir à l’histoire de la Suédoise. « Il faut savoir que c’est difficile d’être jeté dans le grand bain alors qu’on est encore junior, raconte-t-il. C’est aussi ce qui m’est arrivé mais Frida l’a très bien géré. C’est très brutal mais la façon dont elle a surmonté les obstacles, ça me touche beaucoup. Elle est très forte, je suis impressionné et elle m’inspire énormément. »

 

Photos : Nordic Focus et Ibstagram.

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