Vu de Norge #301 : trop d’athlètes norvégiens asthmatiques selon les Russes

Ski de fond, Biathlon, Saut à ski, combiné nordique, ski nordique, rollerski, coupe du monde, Nordic Magazine
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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Johaug pour le report de l’interdiction du fluor 

Il agite les sphères hivernales, le monde du sport blanc : le fart fluoré n’a pas fini de faire parler de lui. Il aurait dû être interdit dès cette saison mais aucun appareil de mesure et de contrôle n’est prêt. La FIS et l’IBU ont donc décidé de reporter son interdiction pour être en mesure d’empêcher de potentiels tricheurs de continuer à utiliser du fart fluoré.

Les Norvégiens, entre autres, ont avoué être déçus : pour eux, les tricheurs ont ainsi gagné du répit et l’on continue de mettre en danger l’environnement et la santé des farteurs. 

D’autres saluent la décision des instances internationales. C’est le cas de Therese Johaug. « Je soutiens ce choix de reporter d’un an à 100%, confie-t-elle dans les colonnes de Dagbladet. Le dispositif de test n’est pas prêt et on ne peut donc l’utiliser lors de la saison de coupe du monde. Si on l’utilisait, cela créerait beaucoup de confusion et de spéculation, ce serait mauvais. »

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Son coéquipier, Didrik Tønseth, est du même avis : « Il serait injuste de forcer cette interdiction avec des moyens de mesures qui ne fonctionnent pas, au risque de ruiner notre sport », estime-t-il. Hans Christer Holund ajoute : « personne ne veut d’une saison où, dès que quelqu’un a de bons skis, on le soupçonne de triche, ce serait invivable. » 

La FIS et l’IBU, elles, ont en tous cas pris leur décision : le fluor sera encore autorisé cet hiver afin de gagner une année supplémentaire pour mettre au point un appareil de mesure efficace et juste. 


 

  • La Russie accuse la Norvège

Jelena Välbe, présidente de la fédération de ski russe, a souvent accusé les Norvégiens de tricher. Comment ? En recrutant des athlètes asthmatiques afin qu’ils aient des autorisations spéciales pour prendre des médicaments qui amélioreraient leurs performances.

Des accusations à répétition qui durent depuis des années et qui ont même été soutenues par Vladimir Poutine, affirmant que ces athlètes malades devraient concourir aux Jeux paralympiques. À la suite de cette déclaration du chef d’État, les rumeurs se sont répandues en Russie. 

Une situation qui énerve au plus haut point Vitaly Smirnov, ancien ministre des sports russe et ancien vice-président du CIO. « Les dirigeants du sport russe feraient mieux de s’inspirer des méthodes sportives norvégiennes, d’utiliser l’expérience de ce pays plutôt que de se persuader que le succès de la Norvège n’est dû qu’à l’utilisation de médicaments contre l’asthme ! s’insurge-t-il. Ils ont clairement dominé leur sujet à Seefeld en ski de fond mais aussi à Anterselva en biathlon. Ils ont aussi été la meilleure nation aux Jeux de Pyeongchang. Il serait temps de se demander ce qu’ils ont mis en place sportivement pour arriver à ce niveau. Mais aussi de reconnaître que même si nous devenions meilleurs, nous avons besoin d’un si grand adversaire pour que le sport continue de vivre. » 

Interrogée par Dagbladet, la fondeuse Ragnhild Haga s’est dit satisfaite des prises de position de Smirnov. « C’est bien qu’il ait mis les choses au clair si c’est une opinion répandue que nous trichons, dit-elle. Après, il faut peut-être qu’ils commencent à admettre que d’autres nations peuvent mieux s’entraîner et mieux performer qu’eux. Je suis réaliste, je sais que Therese n’a pas un meilleur médicament contre l’asthme que moi et que c’est pour ça qu’elle est meilleure. Non : elle en fait sûrement plus que moi, elle a de meilleures techniques. »

 

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Ragnhild Haga (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Son entraîneur, Ola Vigen Hattestad, est bien plus optimiste : « Oui, peut-être que la population pense que nous trichons mais ce n’est pas le cas de l’équipe de fond russe, assure-t-il. Il suffit de voir que certains viennent s’entraîner avec nous, ils nous respectent et peut-être même admirent nos techniques. »

Maiken Caspersen Falla, quant à elle, conclut : « Tous les Norvégiens n’utilisent pas de médicament et si les Russes pensent que c’est notre secret, ils n’ont qu’à les utiliser, ils verront ! Il serait plus raisonnable que nous partagions tous notre expérience, ils peuvent apprendre de nous et nous d’eux. »


 

  • Eckhoff et Tandrevold se confient 

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Depuis plus d’un an déjà, Tiril Eckhoff et Ingrid Landmark Tandrevold ont lancé leur podcast « Kant Ut » où elles parlent de leur vie de sportive et abordent une multitude de sujet.

Récemment, elles se sont attaquées à un sujet très peu évoqué dans le sport : les menstruations et les effets du cycle féminin sur le corps et l’entraînement. « Il faut commencer par rappeler qu’une femme n’est pas un petit homme, entame Eckhoff [à retrouver dans le nouveau numéro de Biathlon Magazine] dans le podcast avant d’évoquer sa situation personnelle. J’ai choisi de périodiser ma formation en suivant mon cycle menstruel car j’ai remarqué qu’il y avait un vrai effet sur mon entraînement. »

La Norvégienne explique ainsi qu’en période d’ovulation, ses taux d’œstrogène et de progestérone étant très élevés, il est plus facile pour elle de s’entraîner plus dur, elle peut aller plus loin. Elle a aussi décidé, il y a deux ans, d’arrêter la pilule contraceptive pour éviter un déséquilibre hormonal. 

 

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Ingrid Landmark Tandrevold (NOR) – Reichert/NordicFocus

 

Ingrid Landmark Tandrevold, elle, revient sur une histoire plus difficile. « Jusqu’à maintenant, j’ai eu très peu de règles, un cycle très irrégulier et j’avais de grandes douleurs, raconte la biathlète. C’était une source d’inquiétude et j’ai fini par apprendre que je souffrais du syndrome des ovaires polykystiques, c’est-à-dire que mes ovules ne s’évacuaient pas correctement et j’avais donc un déséquilibre hormonal. »

Tous les autres symptômes comme la croissance anormale des cheveux, la prise de poids, sont passés inaperçus à cause de son entraînement intensif de sportive de haut niveau. « Ça a été un soulagement ce diagnostic car j’ai pu comprendre ce qui n’allait pas, explique Tandrevold. Avant, je pensais que c’était moi qui faisait quelque chose de mal. » 

 

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Tiril Eckhoff (NOR) – Manzoni/NordicFocus

 

Les deux jeunes femmes se confient sur le sujet pour libérer la parole des sportives mais aussi alerter sur des situations qui existent et paraissent encore tabou. « Notre meilleur conseil est d’écouter son corps, c’est vous qui vous connaissez le mieux, affirment-elles dans leur podcast. Il faut garder à l’esprit que les filles ont des hormones qui fluctuent beaucoup et donc on ne réagit pas de la même façon au même entraînement à des périodes différentes de notre cycle. » 

Tandrevold et Eckhoff se disent, en tous cas, ravies de maintenant travailler avec Patrick Oberegger qui s’intéresse de près à cette question et a développé ses connaissances sur ce sujet. L’équipe féminine de biathlon norvégien travaille aussi en partenariat avec le projet de recherche « Fendura » qui documente le cycle des sportives de haut niveau.

« C’est très bien qu’elles soient si ouvertes sur le sujet, qu’elles alertent les jeunes filles sur les changements liés aux menstruations, estime le professeur Jorunn Sundgot-Borgen, spécialiste de la santé des femmes. Il faut éduquer les jeunes athlètes sur ce qu’implique l’arrivée des menstruations, être plus transparent sur les problèmes qui peuvent y être liés. La façon dont Eckhoff et Tandrevold le font, avec facilité et clarté, est un très bon exemple. Elles sont de très bons modèles pour les jeunes athlètes même s’il est dommage qu’elles doivent porter ce poids sur leurs épaules plutôt que les fédérations. » 

Les deux biathlètes, elles, encouragent tous les entraîneurs et pères d’athlètes féminines à se renseigner sur la question pour accompagner au mieux les sportives. 


 

  • Révolution pour Lundby

Maren Lundby fait du saut à ski depuis ses quatre ans. Du haut de ses 26 ans, elle se réceptionne donc depuis 22 ans toujours sur la jambe gauche.

Depuis cinq ans, la jeune femme souffre de douleurs chroniques au genou et cet automne, elle a enfin découvert pourquoi. Elle souffre d’un syndrome appelé « genou de sauteur », c’est-à-dire que son genou a été fragilisé par ses nombreux sauts et réceptions toujours sur la même jambe.

Lundby a donc dû prendre une décision drastique : s’entraîner à atterrir sur l’autre jambe pour être prête dès le mois de novembre et l’ouverture de la coupe du monde. « C’est une bonne solution car c’est la charge répétée sur mon genou qui est risquée, explique-t-elle au micro de TV2. Cela fait 22 ans que j’atterris à chaque fois sur ma jambe gauche alors il faut peut-être que je passe désormais 22 ans à atterrir sur la droite », plaisante la Norvégienne. 

 

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Mais une habitude aussi vieille est difficile à perdre. « Les sensations sont totalement différentes même si ça paraît tout bête, avoue-t-elle. Mais je dois en faire une nouvelle habitude et au départ, je pourrais peut-être faire un round la jambe gauche et le deuxième avec la jambe droite, sourit-elle. Peut-être même que j’aurais de meilleures notes de style. »

Mais derrière ce large sourire se cache une certaine inquiétude. Lundby sait qu’il n’y a pas de solution miracle ou de remède à ce syndrome du « genou du sauteur ». Elle a donc décidé de moins sauter cet automne et de laisser son genou au repos. « Ma préparation pour cette saison sera différente, dévoile-t-elle. Je me concentre sur ma technique, j’y vais doucement pour calmer la douleur et sortir du schéma de ces cinq dernières années et je vais augmenter progressivement la charge d’entraînement pour ne pas avoir de rechute. » Optimiste, Lundby est certaine que cette nouvelle façon de faire ne mettra pas en péril ses prochains résultats. 


 

  • Falla change de club

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Elle est la meilleure sprinteuse de Norvège : Maiken Caspersen Falla représentait jusqu’ici le club de Gjerdrum dans le comté d’Akershus au nord d’Oslo. Cette semaine, le journal Østlendingen a pourtant révélé que la fondeuse changeait de club. Falla rejoint ainsi l’équipe de Strandbydga, information confirmée par le club sur son Instagram. Cela la rapproche ainsi de Lillehammer où elle réside. 

 

Photos : Nordic Focus et Instagram.

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