Vu de Norge #302 : Klæbo en quarantaine

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Klæbo en quarantaine

 

Depuis le début de l’épidémie, Johannes Høsflot Klæbo est extrêmement prudent. Il ne prend aucun risque, ne se déplace jamais autrement qu’en voiture individuelle pour rejoindre les stages et fait tout pour éviter de contracter le coronavirus.

Il ne quitte que rarement sa maison et ce presque uniquement pour s’entraîner. Sa petite amie, Pernille, vit avec lui et ne va plus en cours. « Bien sûr, ça l’ennuie mais il y a eu des cas dans son école et je ne peux pas prendre ce risque, explique Klæbo dans les colonnes de VG. Si elle n’avait pas été d’accord de ne plus y aller, j’aurais dû déménager le temps de l’épidémie. »

Pour autant, le Norvégien essaie de rester positif, de rebondir et de s’adapter à chaque changement de situation. « La dernière chose que je veux, c’est attraper ce virus, reprend-t-il. On n’a aucune idée des effets sur le long terme. Malheureusement, les risques de voyager seront beaucoup plus importants qu’avant et j’évaluerai le risque week-end par week-end. J’ai l’intention de continuer ma carrière encore plusieurs années et si cela veut dire sacrifier la prochaine saison, je le ferais. »

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Instagram Johannes Hoesflot Klaebo

 

Autre idée : vivre en quarantaine au sein du circuit ski de fond. Ce que fait déjà le fondeur. « Je n’ai aucun contact physique avec mes amis ou ma famille, raconte-t-il. Pernille suit ses cours en ligne et si elle voit d’autres personnes, elle reste ensuite chez ses parents quelques jours par sécurité. Je pense que je fais bien d’être aussi prudent. Au moins, je sais que j’aurais fait tout ce qui était possible pour éviter de l’attraper. Si je tombe quand même malade, alors c’est que je ne pouvais rien y faire… »

Ces mesures devraient permettre à Klæbo de prendre le départ de la coupe du monde à Ruka à la fin du mois.


 

  • Bjørgen blessée

Sa saison en ski longue distance n’est pas remise en cause mais Marit Bjørgen a quand même besoin de béquilles.

Lors de la dernière émission Landskampen, l’ancienne fondeuse a sauté des obstacles et s’est mal réceptionnée, se blessant au genou. « J’ai pu finir la compétition grâce à l’adrénaline mais le lendemain, la douleur était pire, je ne pouvais presque plus marcher et j’ai compris que la blessure n’était pas bénigne », raconte Bjørgen.

Diagnostic du médecin : élongation des ligaments du genou. « J’ai vu un physiothérapeute quatre jours après et il m’a expliqué que ce n’était pas sérieux, continue la Norvégienne. J’ai donc pu abandonner les béquilles et au bout d’une semaine, j’ai pu retourner courir. » Pas d’impact, donc, sur sa préparation pour la Vasaloppet la saison prochaine, la reine du ski de fond est déjà de retour à l’entraînement.


 

  • Eckhoff mécontente

Lors de l’annonce du report de l’interdiction du fart fluoré, Tiril Eckhoff [à retrouver dans le nouveau Biathlon Magazine] a réagi dans les médias en expliquant que ce serait plus facile pour les techniciens s’ils avaient plus de temps pour se préparer mais que ce serait aussi meilleur pour les athlètes.

Les médias l’ont alors présentée comme défenseuse du fluor. Une position qui ne la ravit pas du tout. « C’est vraiment n’importe quoi ! s’insurge-t-elle dans les colonnes du quotidien VG. Un journaliste prend mes propos et les sort de son contexte, faisant de moi une avocate du fluor alors que s’il y a bien quelqu’un qui veut son interdiction, c’est moi ! »

 

BIATHLON - La 4e étape de la coupe du monde de biathlon débute ce jeudi à Oberhof. Les athlètes dames s’entraînaient ce mercredi dans un épais brouillard. Le ton est donné, la preuve en images avec les photographes de Nordic Focus.

Tiril Eckhoff (NOR) – Manzoni/NordicFocus

 

La biathlète fait référence à un article accusant les athlètes norvégiens, dont Eckhoff, de préférer gagner que de prendre soin de la santé des techniciens. « La seule chose que j’essayais de dire, c’est que les appareils de tests n’étant pas prêts, il serait idiot d’interdire le fluor maintenant et de ne pouvoir empêcher la triche, continue la Norvégienne. Ce serait injuste pour nos techniciens qui ont travaillé très dur pour trouver des alternatives au fart fluoré. Et à cause de cela, parce que mes propos ont été sortis de leur contexte, j’ai reçu des menaces et les gens ont dit qu’ils me détestaient de vouloir continuer d’utiliser le fluor. »

La biathlète a alors été défendue par le combiné Jørgen Graabak, rappelant dans les médias qu’il est très mal venu d’attribuer à l’athlète des propos et des pensées qui ne sont pas siennes. « Je suis reconnaissante à Jørgen, réagit Eckhoff. Il a tout expliqué : mes opinions comme ce qui ne va pas dans les articles sur le sujet. »

Le journaliste ayant écrit le dit article s’est alors défendu en affirmant avoir repris mot pour mot ce qu’avait dit la Norvégienne. « Je n’ai jamais dit qu’elle était pour le fluor, je trouve juste dommage qu’elle minimise le report de cette interdiction », explique-t-il. Une réaction qui ne convient pas vraiment à Eckhoff qui a réaffirmé se préoccuper de la santé des techniciens et attendre impatiemment l’interdiction du fluor.


 

  • Johaug n’ira pas jusqu’en 2025

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Therese Johaug (NOR) – Modica/NordicFocus

 

En 2025, les championnats du monde de ski nordique reviendront en Norvège, à Trondheim, 14 ans après ceux d’Oslo qui avaient vu la Norvège remporter 20 médailles dont 8 en or. Therese Johaug y avait été sacrée reine du 30 km et du relais féminin.

Pourtant, elle n’imagine pas réitérer en 2025. Elle aurait alors 37 ans et elle n’est pas encore sûre d’être encore athlète de haut niveau. « Mon objectif, ce sont les Jeux olympiques de Pékin en 2022, rappelle-t-elle à Dagbladet. C’est ce qui me motive : enfin obtenir un titre olympique individuel. Peut-être qu’après je continuerai pour quelques éditions de championnats mondiaux mais ce n’est pas encore certain. »

La fondeuse rappelle que les Mondiaux de Trondheim n’auront lieu que dans cinq ans et qu’il peut se passer bon nombre de choses d’ici là. De plus, la plupart des autres grands fondeurs norvégiens ont arrêté entre leurs 32 et leurs 38 ans.

À 37 ans, elle serait donc dans la fourchette moyenne de retraite des fondeurs. « Les chances sont très faibles que je continue jusque-là, reconnaît-elle. Je suis plutôt sur la pente descendante, je ne sais pas si l’apogée de ma carrière n’était pas l’an dernier. Et puis, les jeunes Suédoises évoluent très vite, s’améliorent bien plus rapidement que moi. Je veux encore me battre pour des podiums, des victoires mais la compétition sera rude. Je ne suis pas invincible, je peux faire des erreurs ou être moins bien, il ne faut pas l’oublier. »


 

  • Svendsen impressionne Fourcade

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Stanko Gruden/Agence Zoom

 

Emil Hegle Svendsen a pris sa retraite en 2018 après avoir remporté trois dernières médailles olympiques à PyeongChang. Ses dernières victoires, elles, remontaient déjà à la saison 2014/2015. Le Norvégien a donc poursuivi sa carrière pendant encore trois saisons sans monter sur la plus haute marche du podium.

Une statistique qui impose le respect à Martin Fourcade, son grand rival, interviewé par la NRK. « Je me suis dit que ça avait dû être très dur pour lui, cette situation, après la carrière qu’il avait eue, commence le Français. Je me suis souvent demandé pourquoi il n’avait pas pris sa retraite plus tôt, quel intérêt il y trouvait s’il ne montait plus régulièrement sur les podiums. »

Emil Hegle Svendsen ayant lu les mots de Fourcade a répondu à son ancien rival : « je me suis souvent posé la même question, admet-il. Pourquoi je restais ? J’avais déjà tout gagné et ça n’allait plus et pourtant, je restais. Même pendant les JO 2018, je ne comprenais pas ce que je faisais là. Mais en même temps, je voulais profiter de toute mon expérience, de tout ce que j’avais appris, et ce jusqu’au bout. »

De quoi impressionner Martin Fourcade qui n’a pas persévéré aussi longtemps que Svendsen et a préféré arrêter sa carrière dès qu’il a senti que la motivation n’était plus là. « En fait, à la fin, j’étais surtout content de l’intérêt qu’ont désormais les Français pour le biathlon, j’étais fier de voir que la relève était là derrière moi, j’étais fier de quelque chose dans le sport mais cette fois, ce n’était pas d’avoir gagné », conclut Fourcade.

 

Photos : Nordic Focus et Agence Zoom.

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