Vu de Norge #306 : Iversen imite Klæbo, Northug de retour

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

 

  • Iversen imite Klæbo

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Emil Iversen (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Les Norvégiens, bien que dominateurs lors de l’étape de Ruka, ne se sentent pas en sécurité face à la situation épidémique actuelle. Trop effrayés des conséquences à long termes s’ils l’attrapaient, plusieurs ont d’ores et déjà annoncé qu’ils se retiraient de la coupe du monde.

C’est le cas de Johannes Høsflot Klæbo, maillot jaune pour le moment de la saison, et d’Emil Iversen, 3e du mini tour de Ruka, qui l’a aussitôt imité. « Je ne participerai à aucune course jusqu’à Noël au moins, explique Iversen au micro de la NRK. Je serai aussi absent du Tour de Ski au Nouvel An. Le ski, les compétitions, ce n’est pas le plus important face à la pandémie. Pour moi, il est plus juste et intelligent de rester confiné chez soi que de voyager sur les compétitions pour le moment. »

 

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Emil Iversen (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Iversen estime aussi qu’en courant toutes les distances, en participant à de nombreuses interviews et conférences de presse, il augmente aussi ses risques de tomber malade. « Je le vois aussi comme une opportunité d’être moins fatigué avant les Mondiaux, Johannes et moi nous y arriverons en pleine forme », assure-t-il pour rassurer ses fans norvégiens.

Pour les experts, cela reste tout de même un mauvais signe envoyé à tout le reste du circuit mondial : pourquoi rester si même les numéros 1 et 3 de la coupe du monde s’en vont ?


 

  • Northug revient dans les médias

Après sa conférence de presse où il annonçait souffrir de toxicomanie, Petter Northug Jr. est passé en mode silence radio dans les médias, se concentrant sur le ski pour aller mieux et se débarrasser de ses addictions.

Jeudi dernier, il a enfin donné de ses nouvelles via un message sur Facebook. « Ça a été des mois difficiles mais je sens que maintenant j’arrive enfin à prendre du recul, à m’éloigner de tout ça, explique Northug. Les choses reviennent enfin à la normale dans ma vie quotidienne. Et je pense que pouvoir reprendre le travail sera aussi important pour moi. »

Son prochain objectif : être prêt pour être au départ de La Marcialonga si l’épidémie le permet. Et se concentrer sur le ski a toujours fait des miracles pour le Norvégien. « C’est un très bon médicament pour moi, une bonne façon de me soigner, conclut l’enfant terrible de Mosvik. J’ai fait des sorties à ski qui allaient jusqu’à 70km et je crois que ça me convient très bien, ces longues sorties. »

 

 

Et pour se détendre et marquer son retour sur les médias, Northug a décidé encore cette année d’offrir un calendrier de l’avent original à ses fans.

Premier cadeau : une chanson de Noël. Un hymne de Noël qui semble aussi marquer sa repentance et son retour à une vie familiale plus simple, entourée de son père et ses frères. Le Mosvik Express n’oublie pas non plus d’y saluer ses ennemis de toujours : les Suédois.

 


 

  • Stöckl revient sur son erreur

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Daniel Andre Tande (NOR) – Vianney THBAUT/NordicFocus

 

Samedi, Daniel Andre Tande chutait lourdement et était ensuite évacué sur une civière. Johann Andre Forfang, qui sautait peu après, était ensuite disqualifié pour s’être élancé alors que le feu vert n’avait pas encore été donné par le jury.

Au micro de la NRK, juste après son saut, le Norvégien est mécontent. « C’est totalement incroyable que ça ait pu arriver ! Je n’y crois pas ! » s’exclame-t-il.

Alexander Stöckl, après la première manche, se présente lui aussi aux médias et il prend alors le blâme. « Je pensais que le feu était passé au vert, j’ai abaissé mon drapeau et vu que le feu était toujours jaune mais c’était trop tard, je n’étais absolument pas concentré, s’excuse-t-il. Je pensais à Daniel, à ce qui lui était arrivé et comment il allait. Je n’avais pas de nouvelles, c’était dur et j’ai mal fait mon travail. »

 

 

Mais cela n’apaise pas entièrement Forfang qui accuse son entraîneur et n’apprécie pas avoir été puni pour l’erreur d’un autre. Clas Brede Bråthen, directeur de l’équipe de saut norvégienne, tente de relativiser au micro de TV2 : « L’erreur est humaine, il faut comprendre qu’Alexander Stöckl était vraiment déconcentré par l’accident d’un de ses sauteurs », dit-il.

 

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Johann Andre Forfang (NOR) – Vianney Thibaut/NordicFocus

 

Une fois la colère passée, Forfang n’a pas hésité à taquiner son entraîneur sur les réseaux sociaux Twitter et Instagram. Heureusement pour Tande, plus de peur que de mal. Il a même pu participer au concours de dimanche et a terminé à la 14e place, honorable après une telle chute.


 

  • Johaug et Andersson s’accrochent

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Ebba Andersson (SWE) – Vianney THIBAUT/NordicFocus

 

Ebba Andersson a bien failli manquer le podium samedi par la faute de Therese Johaug et elle a fait savoir qu’elle n’avait pas du tout apprécié [retrouvez notre live commenté].

Pourquoi ? Car la Suédoise a entendu, en pleine bosse, la Norvégienne crier son nom plusieurs fois et elle s’est donc retournée, perdant du temps dans la manœuvre. « C’est très ennuyeux car j’avais un bon rythme et ça m’a cassé dans mon élan, explique Andersson au micro des médias suédois. Et je dois dire que si j’avais perdu le podium à cause de ça, j’aurais été d’autant plus énervée. »

 

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Frida Karlsson (SWE) – Modica/NordicFocus

 

Frida Karlsson, coéquipière d’Andersson et deuxième du jour [elle accorde un long entretien à Nordic Magazine dans son dernier numéro], a commenté l’événement, soutenant son amie : « Ça arrive souvent de prévenir comme ça que l’on arrive mais cela veut dire qu’on est vraiment plus rapide, pas dans un rythme similaire », affirme-t-elle.

 

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Therese Johaug (NOR) – Modica/NordicFocus

 

En entendant sa rivale suédoise se plaindre, Therese Johaug est aussitôt allée vers elle pour se justifier et s’excuser. « Je ne voulais pas lui faire perdre du temps ou la perturber, assure la Norvégienne. Mais dans les derniers tours, elle avait changé de trajectoire sur la bosse et je ne voulais pas risquer cela. » Ebba Andersson a alors réagit en direct : « Mais j’allais monter tout droit ! » avant de conclure : « En tous cas, bravo pour cette belle victoire. » Un fairplay qui honore la Suédoise.


 

  • Le cas Heidi Weng inquiète

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Heidi Weng (NOR) – Modica/NordicFocus

 

Samedi, Heidi Weng ne prenait pas le départ et décidait de rentrer dimanche en Norvège, préférant ne pas courir. Elle n’était en effet pas en grande forme à cause de sa peur liée au coronavirus et avait sous-performé vendredi sur le sprint.

Si les entraîneurs et les experts du ski norvégien saluaient cette décision, préférant que la fondeuse se repose pour revenir plus fraîche mentalement, beaucoup s’inquiètent en même temps pour Weng. C’est le cas de sa meilleure amie et elle-même fondeuse, Martine Ek Hagen. « Elle n’est pas elle-même en ce moment, commente-t-elle dans les colonnes de Dagbladet. Je pense que cela lui a demandé beaucoup d’efforts de s’adapter à la quarantaine obligatoire d’une dizaine de jours à Ruka. Se préparer au week-end de courses a donc été difficile mentalement pour elle et j’espère que ce n’est pas trop sérieux. Son plus grand cauchemar est certainement de se retrouver en isolement, elle a besoin de voir du monde, de partager et cette situation est donc très dure pour elle. Et si elle pense que le mieux pour elle est de rentrer, alors elle doit le faire. »

Therese Johaug fait le même constat qu’Ek Hagen. « Je lui ai parlé un peu ce matin, raconte-t-elle au micro de TV2. Je lui ai rappelé qu’elle était une fille merveilleuse, pleine de qualités mais aussi très courageuse. Et je pense qu’il faut vraiment beaucoup de courage pour prendre la décision de ne pas aller courir. Il n’y a aucun intérêt à courir si on n’y prend pas de plaisir et c’est très bien qu’elle soit capable de voir quand elle se force et quand elle ne devrait pas y aller. Je comprends qu’elle puisse être très inquiète quant à l’épidémie, même si je ne réagis pas comme elle. Ce qui compte, c’est qu’elle aille bien, qu’elle prenne soin d’elle de la façon qui lui semble la meilleure. » Johaug insiste ensuite sur le fait qu’elle veut vite voir sa coéquipière revenir à 100% de ses capacités pour skier avec elle.


 

  • L’Islande énervée

Eirik Myhr Nossum n’a pas été le seul, en arrivant à Ruka, à être faussement testé positif au Covid-19. L’entraîneur d’Islande, Vegard Karlstrøm, a lui aussi reçu un résultat de test antigénique positif. La différence, c’est que la Norvège a aussitôt payé 15 000 couronnes norvégiennes (soit environ 1500 euros) pour que le second test soit traité plus rapidement et enfin avoir un résultat négatif. Les athlètes norvégiens ont alors pu sortir d’isolement et s’entraîner dès jeudi pour les sprints du lendemain.

 

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Snorri Eythor Einarsson (ISL) – Vianney Thibaut/NordicFocus

 

Snorri Einarsson, fondeur norvégien naturalisé islandais, n’a pas eu cette chance. Son coach a en effet dû attendre deux à trois jours les résultats de son deuxième test, soit après le début des compétitions vendredi après-midi.

« Le principe de base dans le sport, c’est que tout le monde ait les mêmes chances au départ et là, ça n’a clairement pas été le cas », s’insurge Einarsson au micro de la NRK. « Quand l’on m’a annoncé que mon deuxième test prendrait deux à trois jours, j’ai dit que ce n’était pas acceptable, explique son coach, Vegard Karlstrøm. Quand j’ai appris que Nossum avait eu plus vite les résultats, j’ai cru que ce serait aussi mon cas mais je n’ai rien eu. Le prix qu’ils ont payé, ce n’est pas important. Ce qui m’énerve, c’est que personne ne nous a proposé la même option : payer pour obtenir des tests plus rapidement. Résultat, Einarsson n’a pas pu s’aligner au départ. »

Les deux Islandais ont tout de même précisé que, malgré ce traitement de faveur évident, ce n’était pas aux Norvégiens qu’ils en voulaient mais bien à la FIS de traiter différemment petites et grosses équipes.

Pierre Mignerey, patron du ski de fond à l’instance internationale, a déclaré à la NRK qu’ils allaient enquêter sur ce qui s’était passé. « Plusieurs personnes ont eu recours à ce test plus rapide, c’est étrange que les Islandais n’aient pas eu cette possibilité et nous allons veiller à améliorer notre protocole pour que cela ne se reproduise plus et que les équipes n’attendent pas aussi longtemps les résultats de tests plus fiables que les tests antigéniques », a déclaré le Français.

Einarsson, lui, a été autorisé à prendre le départ samedi malgré la forme de mini-tour des épreuves de Ruka. Il termine finalement 58e du Ruka Triple.


 

  • Les juniors prêts à en découdre

En Norvège, aussi loin que l’on s’en souvienne, les juniors ont crevé l’écran en remportant des championnats du monde seniors. Ce fut le cas de Petter Northug Jr. en 2007 mais qui s’était vu interdire les Jeux olympiques un an plus tôt ou encore Astrid Uhrenholdt Jacobsen et Therese Johaug, toutes deux médaillées elles aussi en 2007 à Sapporo alors qu’elles n’étaient encore que des juniors.

 

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Helene Marie Fossesholm (NOR) – Vianney THIBAUT/NordicFocus

 

Cette année, c’est vers Helene Marie Fossesholm que tous les regards se tournent. Si on lui avait refusé une place pour le lancement de l’hiver dernier à Ruka malgré ses excellents résultats à Beitostølen, elle est cette année de la partie après avoir encore impressionné face à Therese Johaug et Heidi Weng.

Désormais membre de l’équipe nationale, elle vise, à 19 ans, les championnats du monde d’Oberstdorf et non les juniors qui se dérouleront quelques jours avant à Vuokatti. « Ce n’est pas au programme de sa saison, reconnaît son entraîneur Ole Morten Iversen. D’abord parce qu’elle a les capacités d’aller aux Mondiaux seniors mais aussi parce qu’il faut limiter les voyages en raison de la pandémie. »

 

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Helene Marie Fossesholm (NOR) – Modica/NordicFocus

 

De quoi ravir Fossesholm qui, depuis ce printemps, ne se voit plus comme une junior et n’a donc plus comme objectif de remporter des médailles aux Mondiaux juniors. Elle veut aller en coupe du monde et aussi se mesurer à Johaug. « Soyons honnête, elle est celle à battre sur ma liste », confie la Norvégienne au micro de la NRK. « C’est la bonne attitude à avoir, elle a envie de gagner et c’est très bien, commente Iversen. Mais attention, elle est encore jeune et Therese a de l’expérience, elle ne sera pas facile à battre. »


 

  • Lundby ne se laisse pas faire

« Les sauts sont plutôt courts aujourd’hui à Kuusamo. Il faudrait peut-être se poser la question de savoir si les hommes sont prêts à sauter sur de si grands tremplins. » En un tweet, Maren Lundby a de nouveau soulevé un problème qui lui tient à cœur : pourquoi les sauteuses à ski n’ont-elles toujours pas le droit de faire du vol à ski ? Ou même de sauter, comme à Ruka, sur de grands tremplins ? Car en raison des restrictions imposées par la FIS et des annulations dues à la Covid-19, elles ne pourront entamer leur saison qu’en janvier, un mois avant les Mondiaux.

 

 

Depuis des années, la Norvégienne se bat pour que les filles aient les mêmes chances que les hommes et puissent s’élancer des mêmes tremplins. Après tout, l’élite féminine mondiale est bien plus expérimentée que certains jeunes sauteurs qui, pourtant, ont eu le droit de s’élancer sur des HS140 ou des tremplins de vol. Son tweet a été aussitôt commenté par le fondeur Øystein Pettersen et le sauteur Mackenzie Boyd-Clowes montrant leur soutien à Lundby.

 

Photos : Nordic Focus.

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