Au sommaire de Vu de Norge #481
Kristine Stavås Skistad : passion provocation
Elle ne l’a jamais caché : Kristine Stavås Skistad n’est pas là pour plaire, encore moins aux Suédois. Alors, évidemment, quand elle s’est imposée devant eux à Ruka, elle n’a pas hésité à afficher son contentement. « J’avais dit qu’elles étaient inoffensives plus tôt cette année alors il fallait que je montre que c’était le cas », confie-t-elle à la NRK.
Quant à la disqualification d’Emma Ribom suite à son carton jaune, la Norvégienne estime qu’elle n’a pas été assez prudente. Il faut dire que, contrairement à elle, la Suédoise n’avait pas fait exprès de prendre un deuxième carton jaune lors des courses nationales afin de repartir sur une page blanche en Coupe du monde. Un échec pour Skistad qui, loin de seulement provoquer ses adversaires, a attiré sur elle les foudres des organisateurs et de son staff. Résultat : un carton rouge et un carton jaune qui n’a pas été annulé.

« C’était vraiment stupide de ma part, de faire en sorte d’avoir un carton jaune », reconnaît Skistad. « C’est vrai qu’elle n’a pas été maline d’en parler la veille de sa tentative, estime la Suédoise Maja Dahlqvist. Elle aurait dû être plus discrète. » « Personnellement, j’aurais pu faire la même chose », estime Frida Karlsson. Pour les coéquipiers de Kristine Stavås Skistad, comme Erik Valnes, cela montre surtout qu’il faut revoir les règles concernant les cartons jaunes pour infractions aux techniques de style ou faux-départ.
Comme les Suédois, la direction norvégienne n’était pas vraiment ravie du choix de Skistad. « Cela ne correspond pas à nos valeurs et ça n’a pas intérêt à se reproduire », prévient Per Elias Kalfoss, sélectionneur de l’équipe nationale, au micro de la NRK.
Au secours d’Emil Iversen
Quand Simen Hegstad Krüger a annoncé qu’il n’irait pas à Ruka à cause d’un virus, tous les experts du ski de fond ont pensé qu’il serait remplacé par Emil Iversen, le suivant sur la liste d’après ses résultats à Beitostølen. Mais, jugé trop vieux, on lui a préféré Edvard Sandvik.
Une décision incompréhensible pour les coéquipiers d’Iversen comme les experts de la discipline. « Emil a raison d’être en colère, estime Didrik Tønseth au micro de la NRK. Au vu des règles que l’on nous avait annoncé concernant les sélections, sa non-sélection va à l’encontre de ce qui avait été décidé, l’âge n’avait jamais été un critère. Tout le monde a besoin de règles claires. »
D’ailleurs, Johannes Høsflot Klæbo n’a pas hésité à aller voir Per Elias Kalfoss, sélectionneur du ski de fond norvégien, en apprenant son choix d’écarter Iversen. « Il a le droit d’exprimer son désaccord, c’est sain pour une équipe, juge Kalfoss. Quant à Emil, nous sommes ravis qu’il ait performé à Gålå. »
« Il ne faudrait pas qu’ils s’en attribuent le mérite, Emil n’avait pas besoin d’eux pour progresser, il a travaillé pour ça et il aurait mérité sa place à Ruka », répond Klæbo au micro de la NRK, décidément remonté que son ami et collègue n’ait pas eu sa chance.
« J’ai reçu tellement de soutien, de jeunes comme de vieux, de fondeurs connus comme de moins célèbres, ça compte énormément pour moi. Et ce n’est pas que pour moi, c’est pour tous ceux qui sacrifient tout pour se rendre à Beitostølen et avoir la chance de réaliser leur rêve d’atteindre la Coupe du monde », conclut Emil Iversen.
Johannes Thingnes Bø est-il le meilleur fondeur des quinze dernières années ?
Le biathlon et le ski de fond ont toujours eu une querelle en Norvège : qui fournit réellement les meilleurs fondeurs ? Evidemment, les fondeurs affirment qu’ils sont spécialistes de leur discipline quand les biathlètes rappellent que les meilleurs d’entre eux rivaliseraient sans problème avec les fondeurs.
Alors la nouvelle question est : Johannes Thingnes Bø est-il le meilleur fondeur du monde ces quinze dernières années ? « Oui », dit Simon Hjelmeset Kirkeeide, frère de Maren Hjelmeset Kirkeeide, fondeur et biathlète. « Non, j’aurais pu rivaliser avec eux mais on ne le saura jamais puisque je n’ai jamais essayé », répond le principal intéressé à TV2.

« En fait, le souci c’est qu’on dirait que les fondeurs sont persuadés que les biathlètes ne savent pas skier, même si Johannes Thingnes Bø est le meilleur fondeur de ces quinze dernières années », continue Simon Hjelmeset Kirkeeide.
« Je ne crois pas que Johannes Thingnes Bø ait un jour été proche d’une victoire en ski de fond, on peut clore le débat », estime l’ancien fondeur Pål Golberg. « Kirkeeide n’a pas tort, oui les fondeurs sont réguliers, performants et skient très vite mais les meilleurs biathlètes pourraient sûrement rivaliser avec les meilleurs fondeurs », répond Johannes Thingnes Bø. Il suffit de voir Einar Hedegart. »
Le jeune Norvégien peut en effet rivaliser avec les sommets des deux disciplines, ce qui lui a valu une grande hésitation entre les deux disciplines à l’aube de cette saison olympique.

Du côté des experts, on est moins catégorique : « les fondeurs reconnaissent que les biathlètes savent skier vite, il n’y a pas de débat sur ce point mais on ne peut pas penser que Johannes Thingnes Bø aurait pu battre les fondeurs quand on sait qu’en biathlon, il n’y a qu’une technique, pas de sprint ou de 50 km comme il existe en ski de fond », juge Petter Skinstad, expert en ski de fond pour TV2.
« Il a raison, je suis ouvert à toute suggestion pour améliorer notre vitesse en ski de fond, même s’il ne faut pas oublier que le biathlon ce n’est pas que ça : il faut aussi savoir viser des cibles », conclut Kirkeeide, beau joueur.
La nouvelle technique de freinage des fondeurs
Vous l’avez peut-être remarqué, les sprinteurs freinent désormais différemment en passant la ligne d’arrivée, faisant de petits mouvements sur les côtés à la manière des F1 chauffant leurs pneus. La raison ? Depuis 2023, il est interdit d’utiliser des produits fluorés mais aussi de changer de skis entre les différentes phases du sprint.
Il faut donc préserver au maximum le fart pour éviter de devoir trop en appliquer, au risque de perdre en accroche ou en glisse. « C’est le même type de freinage qu’en ski-roues alors ce n’est pas trop difficile à faire », révèle Erik Valnes à la NRK.

« Ce n’est en effet pas une coïncidence si nous avons commencé à nous déhancher comme ça, on ne se prépare pas pour une carrière de danseur, on économise le fart, on facilite le travail des techniciens », explique Johannes Høsflot Klæbo. « C’est tout un art la gestion de l’usure du fart, comme celui des pneus en F1, ajoute Valnes. On fait aussi très attention à l’état de la neige pour savoir où on peut déchausser ou non, déraper ou non », continue Valnes.
« Ce sont des détails mais qui peuvent compter, qui peuvent faire la différence », conclut Pål Golberg, désormais retraité.
Jarl Magnus Riiber : « Je dors encore moins qu’avant »
Si Jarl Magnus Riiber a mis un terme à sa carrière à la fin de l’hiver dernier, il ne s’est pour autant pas éloigné de son équipe puisqu’il a rejoint le staff de l’équipe de combiné nordique norvégienne en tant que responsable matériel et technique. « Je m’épanouis vraiment dans ce rôle, j’ai bien moins peur de tomber malade et mon corps me fait moins souffrir », confie-t-il dans une interview pour Dagbladet.
Ce qu’il n’avait pas anticipé, en revanche, c’est le temps que lui prendrait ce nouveau rôle. « Ca allait au départ mais à l’approche de la saison, j’ai eu de moins en moins de temps libre pour ma famille comme tout doit être prêt pour tous les athlètes, reconnaît-il. J’espère que je gèrerai mieux cette échéance l’an prochain comme je pourrais me mettre au travail plus tôt. » En effet, cet été, le contrat du jeune retraité a mis du temps à être signé car les discussions ont duré longtemps avant de trouver le bon compromis.

Mais toute l’équipe espérait vraiment voir Riiber intégrer le staff. « Et je crois qu’il est encore plus investi qu’avant, si c’est possible, ajoute Ivar Stuan, directeur du combiné norvégien. Maintenant, il faut qu’il essaie de se détendre et lâcher prise, il est très exigeant et c’est ce que les athlètes méritent mais il doit faire attention. » Les journées de Jarl Magnus Riiber commencent en effet ces derniers temps dès 6h du matin… « Mes journées sont longues mais je veux un résultat optimal pour les athlètes », conclut le Norvégien.
Ingrid Landmark Tandrevold a oublié sa botte secrète à Östersund
Le premier week-end de Coupe du monde d’Ingrid Landmark Tandrevold n’a pas été une partie de plaisir. A Geilo, en revanche, il en allait tout autrement. Il faut dire qu’elle avait un atout dans sa manche : son petit ami venu la soutenir et lui faire des recommandations précieuses pour la victoire. « Il m’a dit de rester calme et de me concentrer sur le mouvement plutôt que la fréquence, il est d’un soutien inconditionnel et il m’aide à me canaliser », avait alors révélé à TV2 la biathlète.
Discret, Trygve Markset est le compagnon de la Norvégienne depuis 2024 mais il n’aime pas se mettre en avant. « Il est avec une femme qui parle beaucoup plus que lui mais qui dit aussi plus de bêtises, ce qu’il dit lui est plutôt sensé, c’est le meilleur de nous deux », assure Tandrevold.
Malheureusement, il n’était pas à Ruka pour lui prodiguer quelques bons conseils. « Je devrais peut-être voir pour qu’il voyage tout le temps avec moi, plaisante la biathlète. C’est dommage qu’il ait un travail, je l’embaucherai bien mais j’espère qu’il pourra venir sur quelques étapes. »
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