Au sommaire de Vu de Norge #482
Johan-Olav Botn, le nouveau Bø ?
En trois jours, Johan-Olav Botn a remporté ses deux premières victoires en Coupe du monde de biathlon. Un résultat qui impressionne les experts de la discipline mais aussi ses coéquipiers.
« Félicitations pour son ticket pour les Jeux olympiques ! » le félicite Vetle Sjåstad Christiansen au micro de TV2. Beau joueur, celui-ci se doute que son cadet a certainement de bonnes chances d’obtenir un des précieux sésames après avoir revêtu le dossard jaune à Östersund (Suède). « Je suis très heureux pour lui, nous avons de la chance de l’avoir dans l’équipe », termine Christiansen.

« Sauf imprévu, il ira en effet aux JO, surtout s’il continue sur cette lancée », confirme Sturla Holm Lægreid. « C’est peut-être un peu tôt pour le dire et me laisser aller », plaisante l’intéressé qui assure qu’il ira sur les autres étapes de Coupe du monde afin d’assurer sa qualification pour l’Italie.
« C’est incroyable ce qu’il fait, il est peut-être en train de devenir le meilleur biathlète du monde ! » s’enthousiasme Isak Leknes Frey à ses côtés. Gêné, Botn reconnaît ne pas trop aimer qu’on l’encense. « Ça me met mal à l’aise », reconnaît-il.
Peu importe, ses adversaires aussi n’ont que du bien à dire de lui. « J’ai hâte de voir s’il continuera sur cette lancée, dit ainsi le Suédois Sebastian Samuelsson. Pas sûr en revanche qu’il continue à remporter victoire sur victoire, il n’est peut-être pas bon à ce point-là. »
Et si Johan-Olav Botn, que l’on n’avait pas forcément vu venir, était le prochain Johannes Thingnes Bø ?
Einar Hedegart rappelé à l’ordre
Ce dimanche, Einar Hedegart partait avec le dossard 28. Il a donc terminé très tôt son 10 km et a dû attendre longtemps dans l’aire d’arrivée, sur le fauteuil du leader, pour savoir s’il remporterait ou non la victoire. La fin de l’histoire, nous la connaissons : le Norvégien, qui a longtemps hésité entre biathlon et ski de fond, a remporté sa première Coupe du monde de ski de fond pour 0,4 seconde d’avance sur son compatriote Andreas Fjorden Ree.
Ce que tout le monde ne sait pas, c’est que le jeune athlète a eu la bonne idée de filmer en direct sur Instagram l’arrivée de son coéquipier et adversaire. « Au bout de quelques minutes, on m’a informé que c’était interdit, explique-t-il à la NRK. J’avais près de 6 000 spectateurs à un moment donné, peut-être que trop de téléspectateurs de la NRK ont quitté la chaîne pour mon live », rit-il.

Maladroit, Hedegart a en même temps applaudi le passage de la ligne d’arrivée de Ree… Qui venait de perdre face à lui. « Il m’a surpris au moment où j’étais le plus vulnérable, plaisante ce dernier. Non, je vous rassure, je n’y ai même pas prêté attention. »
En revanche, les officiels de la FIS, eux, ont bien vu ce qu’avait fait Hedegart et il a été convoqué devant le jury après la course. « Je me suis fait remonter les bretelles et je dois malheureusement annoncer à mes abonnés qu’il n’y aura plus ce genre de live mais je trouverai autre chose pour me rattraper », assure-t-il.
« Les athlètes ont accès aux photos et vidéos officielles une fois la course finie mais pas avant pour laisser les détenteurs des droits les diffuser en avant-première, c’est une histoire de législation mais Hedegart n’était pas au courant et il ne sera donc pas sanctionné », affirment les officiels de la FIS.
Pas de quoi entacher le bonheur du Norvégien qui espère bien avoir fait ses preuves et obtenir un ticket pour les Jeux olympiques.
Johannes Høsflot Klæbo et sa 100e victoire
100 victoires. En ski de fond masculin, personne n’avait dépassé les 46 victoires en carrière de Bjørn Dæhlie avant l’arrivée de Johannes Høsflot Klæbo. Tout proche du record féminin de 114 victoires de Marit Bjørgen, ce n’est pas un mince exploit qu’a accompli le fondeur ce week-end.
« C’est difficile d’exprimer ce que je ressens, nous sommes encore en 2025 et on peut dire que cette année a été fabuleuse pour moi, en sport comme dans ma vie personnelle », confie Klæbo au quotidien Dagbladet après le sprint vendredi. Le Norvégien fait évidemment référence à ce chiffre de 100 victoires mais aussi à son grand chelem de Trondheim et ses fiançailles cet été.

« Il n’y avait pas de meilleur endroit pour atteindre ce nombre de victoires qu’ici, chez moi, continue-t-il. Je n’en ai pas fait exprès mais je suis heureux que ça se soit passé ainsi. »
Affublé d’un bonnet rose, sa couleur fétiche, portant le chiffre 100, le natif de Trondheim révèle aux médias que ce n’est pas lui qui l’a apporté. « Et ça ne risquait pas de me porter malchance, je ne savais même pas que mes proches avaient prévu cette petite surprise », révèle-t-il en souriant.
« Je n’avais jamais prévu d’atteindre ce chiffre, poursuit Klæbo au micro de TV2. Petit, j’espérais déjà gagner une course alors 100, c’est incroyable, ça veut dire que j’ai fait 100 bonnes courses de ski, je suis fier. »
Quant aux experts, ils affirment désormais une chose : Johannes Høsflot Klæbo est le meilleur fondeur de l’histoire et devrait dépasser le record olympique de huit médailles d’or de Marit Bjørgen, Ole Einar Bjørndalen et Bjørn Dæhlie. « Il est loin d’avoir terminé sa carrière », prédisent les experts TV2.
La nouvelle tactique d’Emil Iversen
Performant à Beitostølen, vainqueur à Gålå, 3e puis 4e à Trondheim, Emil Iversen prévoit désormais d’aller au moins sur le Tour de Ski et de se qualifier pour les Jeux olympiques. Mais rien de tout cela n’aurait été possible s’il n’avait pas drastiquement changé sa façon de faire.
Au coeur de ce changement : son coéquipier Johannes Høsflot Klæbo. « Je suis plus heureux de son podium que de ma victoire sur le skiathlon, reconnaît ce dernier, interrogé par Dagbladet. Je sais le travail qu’il a fourni, j’ai eu la chance de m’entraîner avec lui, de l’accompagner et le soutenir dans ce changement pendant plus de deux mois où nous sommes passés ensemble par les hauts et les bas de l’entraînement. »

« En revanche, ce serait bien qu’il ne reçoive pas 99,9% du mérite et moi seulement 0,1%, plaisante Emil Iversen. Même si je dois reconnaître que ça n’aurait pas été possible sans lui mais aussi beaucoup d’autres. »
D’ailleurs, samedi, il n’était pas le seul ému au passage de la ligne d’arrivée. A Trondheim, sa famille et sa fiancée avaient fait le déplacement et eux aussi ont versé quelques larmes. « Il a travaillé si dur, ce podium est si important, surtout en saison olympique, face à des adversaires très talentueux », confie Bettina Burud, sa fiancée, à la NRK. « Elle est la fiancée idéale, sans elle je n’y arriverai pas car elle mange sainement comme moi, se couche tôt comme moi, nous formons un équipe de choc », ajoute Iversen.
Et pour revenir au plus haut niveau, après des saisons de disette, le Norvégien n’a eu d’autres choix que de changer drastiquement ses habitudes. Inspiré par Klæbo, il a revu non seulement son entraînement mais aussi son alimentation et son mode de vie. « Je n’ai pas touché à un verre d’alcool depuis juillet avec Johannes, explique Iversen au quotidien VG. Je bois de l’eau, du kombucha, mon alimentation est plus saine, je me couche tôt et ça marche mais je n’aurais pas pu faire ça pendant 15 ans comme le fait Johannes. »
Il faut dire que le fondeur avait l’habitude de veiller tard le soir pour jouer aux jeux vidéo et avait tendance à se faire plaisir à table. « Il a finalement compris ce que la plupart des athlètes savent, ça lui a juste pris 12 ou 13 ans », se moque gentiment son coéquipier.
Combinaisons de saut à ski : l’inquiétude renaît chez les Norvégiens
Après le scandale des combinaisons de saut à ski à Trondheim, la FIS est particulièrement stricte sur les contrôles. Alors quand les Norvégiens se font disqualifier deux week-ends de suite pour des fermetures éclair cassées, les experts s’inquiètent.
« Ca ne devrait pas arriver. D’abord Isak Andreas Langmo, maintenant Kristoffer Eriksen Sundal, ce sont des erreurs de débutant, juge Johan Remen Evensen au micro de la NRK. Soit leur matériel est de mauvaise qualité, soit leurs coutures laissent à désirer, dans tous les cas il faut faire quelque chose et mieux se préparer. »

Du côté de l’équipe norvégienne, on défend son staff. « Evensen a le droit de penser que quelqu’un chez nous a mal fait son travail mais la vérité, c’est que nous pensons avoir reçu un lot défectueux car nous n’avons pas changé de fournisseur », révèle Jan-Erik Aalbu.
« Ils n’ont juste pas eu de chance, on ne peut pas savoir que le lot est défectueux avant qu’elles ne cassent, c’est juste vraiment un hasard malheureux, ajoute Robert Johansson, plus tendre avec son ancienne équipe qu’Evensen. Et il faut bien penser qu’ils ont aussi perdu une grande partie de leur staff l’hiver dernier, c’est une expertise longue à remplacer, il leur faut du temps pour revenir au plus haut niveau. »

Mais Rune Velta, le nouveau coach des Norvégiens, ne s’embarrassent pas de toutes ces questions : il agit. Alors quand une deuxième fermeture éclair a cassé cette saison, l’ancien sauteur à ski n’a vu qu’une façon d’agir. « Je reviens d’un magasin de couture où j’ai acheté du matériel pour les combinaisons et des fermetures éclair », montre-t-il à TV2, son sac rempli de fermetures de remplacement.
Les nouvelles combinaisons ont ensuite été homologuées à Wisla (Pologne) et sont prêtes à être utilisées pour les prochains week-ends de Coupe du monde.
Sélections olympiques : les Jeux sont lancés
Toujours au programme des Jeux olympiques, il n’y a plus que très peu de skiathlon sur la saison de Coupe du monde car peu de pistes s’y prêtent. Avant l’échéance olympique, il n’y en a en fait qu’un au programme : celui de Trondheim. « Il y a au moins dix skieurs au départ qui ambitionnent d’aller en Italie aux Jeux et il n’y a que 7 ou 8 places, toutes distances confondues, ça va être terrible, certains sont prêts à tout pour aller vite », reconnaît Johannes Høsflot Klæbo dans les colonnes de Dagbladet.
« J’ai une chance sur 100 de me qualifier, tout au plus », admet Iver Tildheim Andersen après le skiathlon, avant le 10 km. C’est dire l’importance qu’a revêtu cette course. Ceux qui ont figuré au premier plan, comme Emil Iversen, ont marqué de réels points pour obtenir un ticket aux JO. « C’est dur d’être Norvégien, même cinquième du skiathlon, je pense qu’il y a au moins deux personnes de trop devant moi », ajoute Nils Arne Eggen. « Je pense que je ne fais pas partie de l’équipe actuellement », dit quant à lui Andreas Fjorden Ree, déçu de ses premières performances de l’hiver, avant de terminer deuxième dimanche.

D’autres sont plus optimistes. « Avec ma victoire et mon podium à Ruka et Trondheim, j’ai bon espoir mais la compétition va être très serrée, dit Harald Østberg Amundsen. Ça va être un véritable enfer et je suis heureux d’avoir commencé à faire mes preuves. » Simen Hegstad Krüger non plus ne s’inquiète pas. « J’ai montré que j’étais présent sur les grands évènements et j’ai encore plusieurs week-ends avant Noël pour performer », assure l’absent de Ruka pour maladie.
Pourtant, Iver Tildheim Andersen rappelle ses coéquipiers à l’ordre à la fin du week-end de Trondheim. « La moitié de l’équipe nationale n’ira pas et devra y laisser sa peau », confie-t-il au quotidien VG.

Très défaitiste après sa 6e place sur le 10 km dimanche, Andersen semble avoir abandonné tout espoir, à plusieurs mois de la grande échéance de la saison. « Personnellement, je n’y crois plus, je vais me concentrer sur d’autres objectifs. J’avais les mêmes chances que les autres de me qualifier au départ mais je n’ai pas été assez bon depuis le début de l’hiver, dit-il. En fait je ne suis peut-être même pas assez bon pour rester en ski de fond, je devrais peut-être me trouver un nouveau job »

Il en va de même pour Jan Thomas Jenssen, blessé cet été et pas encore revenu à 100%. « Je ne participerai probablement pas aux Jeux olympiques, je ne dirais pas non à une place mais il y a peu de chance que j’y sois », concède-t-il devant les médias.
Quant au reste de l’équipe, si Johannes Høsflot Klæbo, Harald Østberg Amundsen, Erik Valnes et Martin Løwstrøm Nyenget devraient avoir une place assurée, le combat n’est pas encore fini. Prochains objectifs : Davos et le Tour de Ski.
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