Au sommaire de Vu de Norge #483
Petter Northug Jr : « Le silence de Julia Simon n’a aucun sens »
En arrivant à Hochfilzen (Autriche), Julia Simon a évité tout contact avec la presse, précisant aux journalistes qu’elle ne répondrait que le vendredi, après la course sprint. Depuis plusieurs mois, la Française évite de s’épancher dans les médias et même ce week-end, elle s’en est tenue à des questions strictement en rapport avec ses résultats.
Petter Northug Jr, présent à Hochfilzen en tant que commentateur de biathlon, trouve cette stratégie pour le moins étrange. Lui qui est malheureusement un habitué des affaires judiciaires n’aurait pas du tout choisi cet angle d’attaque. « C’est particulier et étrange que l’équipe de France la laisse faire, elle garde le silence alors qu’il aurait été plus simple d’expliquer calmement ce qui s’est passé afin de passer à autre chose et qu’elle ne soit plus embêtée par ces questions », juge Northug au micro de TV2.

Habitué à devoir s’expliquer sur ses déboires avec la justice, le Mosvik Express continue : « ça va lui causer encore plus de stress, pour moi la meilleure stratégie a toujours été d’être franc, honnête et de s’expliquer, quand on ne fait pas ça, les choses ont tendance à empirer alors ça n’a pas de sens qu’elle garde le silence. »
Du côté de ses compatriotes, les réactions diffèrent. « J’espère qu’elle sera accueillie chaleureusement dans son équipe, il faut qu’elles aillent de l’avant », juge ainsi Vetle Sjåstad Christiansen. « Il faut quand même comprendre que ça doit être difficile pour l’équipe, je n’ose imaginer ce que c’est », dit quant à lui Johannes Dale-Skjevdal. « Espérons pour eux qu’ils en ont fini, c’est divertissant pour ceux qui sont extérieurs à l’équipe mais pour eux, ça doit être difficile et il faut espérer que cette mauvaise ambiance ne perdurera pas », conclut Sturla Holm Lægreid.
Tickets pour les Jeux olympiques : ça se précise
L’équipe nationale norvégienne de ski de fond masculin l’avait annoncé : la sélection olympique serait faite au plus tard avant le Tour de Ski et Trondheim (Norvège) et Davos (Suisse), avec les seuls skiathlon et team sprint avant les J.O. seraient décisifs.
Alors que ces deux week-ends sont passés, de nombreux athlètes savent donc déjà si leurs chances d’aller en Italie en février sont bonnes ou totalement annihilées.
C’est le cas d’Even Northug. Eliminé en demi à Ruka, en quart à Trondheim sur les sprints classiques, format des Jeux, il n’a pas fait mieux à Davos. « C’est terrible pour lui, en tant que skieur mais aussi en tant que personne, avoue Arild Monsen au quotidien VG. Je l’entraîne depuis de nombreuses années et ça me peine mais il y a tellement de concurrence qu’il faut tout de suite faire ses preuves et là, la situation ne s’annonce pas favorable. »
« Je ne vais pas abandonner, même si je sais que ça s’annonce mal pour moi, il peut y avoir des retournements de situation », essaie de se rassurer Even Northug. Mais avec une énorme densité dans l’équipe, ses espoirs sont minces.
Au contraire, s’il y en a un qui a dû gagner son ticket à Trondheim et Davos, c’est Einar Hedegart. Le jeune Norvégien, en remportant deux 10 km style libre, format olympique lui aussi, s’est placé comme un réel candidat au titre olympique. « Envoyez cet homme aux Jeux olympiques ! » disent les commentateurs et experts de la discipline sur la NRK. « Ce qu’il a fait est phénoménal », continuent-ils après sa victoire à Davos.
« Je suis encore plus heureux de ma deuxième victoire, elle était parfaite, j’ai écrasé la concurrence, pas gagné pour moins d’une seconde d’avance, c’est mieux », se félicite Hedegart dans les colonnes deDagbladet.
De son côté, le sélectionneur national Eirik Myhr Nossum rappelle que les sélections n’ont pas encore été faites et que, si la candidature d’Einar Hedegart est solide, il n’est pas le seul. « Les sélections n’auront lieu que la semaine prochaine, en attendant je n’ai pas de billet olympique mais je peux me détendre quand même puisque je ne fais pas le Tour de Ski », répond Hedegart.

Quant au stress que ressentent tous ses compatriotes, il devrait donc être levé dans les prochains jours puisque la sélection olympique sera très vite annoncée. En grands favoris, il y aura évidemment Johannes Høsflot Klæbo, Erik Valnes, Harald Østberg Amundsen et Martin Løwstrøm Nyenget. Les quatre autres places sont ouvertes mais Einar Hedegart, Andreas Fjorden Ree et Emil Iversen ont montré de belles performances qui les placent en bonne position pour entrer dans l’équipe.
Quant aux autres, il risque d’y avoir beaucoup de déçus la semaine prochaine…
Kristine Stavås Skistad écartée du team sprint ?
Si Kristine Stavås Skistad devrait être du voyage olympique pour participer au sprint individuel en Italie, le doute subsiste sur sa participation au team sprint. Et sa performance à Davos n’a pas vraiment convaincu les coachs et sélectionneurs de l’équipe norvégienne.Dans l’équipe de Norvège I avec Kristin Austgulen Fosnæs, les deux fondeuses ont en effet été battues par leurs compatriotes de la Norvège II, Mathilde Myhrvold et Astrid Øyre Slind.
« Skistad n’est peut-être pas assez en forme pour un team sprint, elle ne récupère peut-être pas assez vite entre deux tours », suppose l’expert de la NRK, Jann Post.

« D’un autre côté, Davos est plus en altitude que Val di Fiemme, ce qui peut avoir jouer en sa défaveur mais la piste olympique sera difficile. En l’état, il ne me paraît pas envisageable de la sélectionner », ajoute son collègue Torgeir Bjørn.
« En effet, il ne faut peut-être pas la prendre dans le team sprint, ça n’a rien à voir avec un sprint individuel, les tours s’enchaînent, il n’y a presque pas de pause et ce n’est pas un format qui lui convient », souligne aussi l’expert TV2 Petter Skinstad.
« Ils n’ont pas tort, reconnaît l’intéressée. J’étais totalement raide dans le dernier tour, il faudra que je sois au top de ma forme pour être sélectionnée au team sprint olympique. »
Ce qui manque à Heidi Weng
Heidi Weng ne compte pas moins de 121 podiums en Coupe du monde depuis le début de sa carrière mais seulement 13 victoires. Un nombre impressionnant de podiums quand on sait qu’elle a pris un peu plus de 300 départs en coupe du monde. Un nombre de victoires bien trop restreint quand on sait le talent que la Norvégienne a et la longévité dont elle fait preuve.
« Elle doit se ressaisir et trouver la motivation nécessaire, elle a le talent pour gagner des courses mais elle doit se mobiliser et trouver ce qui la fera gagner », estime Petter Northug Jr au micro de TV2.

L’ancien coéquipier de Weng a de nombreux exemples de courses où la victoire a filé entre les doigts de la Norvégienne pour pas grand-chose. « Mais elle n’a pas cet instinct de tueuse comme ont la plupart des gagnantes », ajoute Northug.
Pour les experts de ski de fond, Heidi Weng doit prendre conscience de son rôle de leader au sein de l’équipe. Trop longtemps cachée derrière Therese Johaug et Marit Bjørgen, la fondeuse doit désormais prendre sa place. « La tactique, la confiance en soi sont aussi devenus de vrais atouts pour gagner les compétitions et c’est ce dont elle manque », juge Petter Skinstad, expert TV2.

« On le voit bien : elle est contente sur le podium, elle ne cherche pas toujours à faire plus et ce manque de combativité est ce qui la dessert, si elle corrige ça, ses podiums se transformeront en victoire, elle doit seulement croire qu’elle en est capable à chaque course », conclut Northug.
« C’est vrai que je suis peut-être trop heureuse de mes podiums, je ne devrais peut-être pas m’en réjouir autant pour aller chercher des victoires, de préférence au moment crucial », réagit Heidi Weng. De préférence aux Jeux olympiques en février, donc.
La rock star du biathlon
Si Sturla Holm Lægreid ne cache pas sa volonté d’aller chercher une médaille d’or olympique, il a aussi une autre grande passion, un autre rêve : la musique. TV2 l’a rencontré chez lui avant l’ouverture de la Coupe du monde et révèle qu’il n’y a pas moins de 10 guitares dans l’appartement du biathlète. D’ailleurs, Lægreid se déplace sur toutes les étapes de Coupe du monde avec l’une d’elle.
« Cette passion a commencé quand j’avais 6 ans, quand je jouais à Guitar Hero le titre Smoke on the Water de Deep Purple, révèle le Norvégien. Depuis, je dois admettre que beaucoup de mon salaire passe en guitare, ça me rend heureux de posséder ces objets, je suis un peu matérialiste. »
Et Lægreid ne se contente pas de posséder tous ces instruments. Il en joue aussi très souvent et, à 13 ans, il faisait même partie d’un groupe. « La musique m’aide à penser à autre chose, je me plonge dans un autre univers que le biathlon et ça me fait du bien », explique l’athlète.

En 2025, sa résolution du Nouvel An était d’ailleurs assez simple : « je veux composer plus de musique, je veux sortir un album à la fin de l’année », révélait-il. S’il n’a pas atteint cet objectif ambitieux, il n’en abandonne pas moins son rêve. « Je n’ai pas eu le temps nécessaire avec l’entraînement mais cet album finira par sortir », promet-il.
En attendant, Sturla Holm Lægreid se concentre sur les Jeux. « Je ne participerai pas un grand nombre de fois à des JO et je veux vraiment une médaille olympique individuelle, de préférence en or », sourit-il.
Therese Johaug : « J’étais terrifiée »
En début de semaine dernière, un jeune homme de 19 ans a tiré des coups de feu à l’intérieur d’un centre commercial d’Oslo (Norvège). Si personne n’a été blessé, il n’en reste pas moins que les Norvégiens présents ont été terrorisés et ont inévitablement repensé aux attentats d’Utøya en 2011. C’est en tous cas ce à quoi Therese Johaug a pensé en ce lundi 8 décembre.
« J’avais rendez-vous dans une clinique du Storo Storsenter, je me suis garée, j’y suis allée et soudain, c’était la panique, raconte-t-elle dans son podcast relayé par TV2. J’étais dans la salle d’attente quand on a entendu les coups de feu, j’ai eu tellement peur, j’étais presque en pleurs. »

La clinique et le centre commercial ont ensuite été fermés avant que tout le monde ne soit invité à partir. « C’était le chaos, confie Johaug. J’étais si terrifiée que je n’osais pas bouger alors quelqu’un m’a gentiment ramenée à ma voiture. Je ne pensais jamais vivre ça, les pires pensées nous traversent l’esprit dans ces moments », termine l’ancienne fondeuse, bientôt maman pour la seconde fois.
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