Au sommaire de Vu de Norge #484
Ingrid Landmark Tandrevold loin du ticket olympique
Le début d’hiver d’Ingrid Landmark Tandrevold ne se passe pas du tout comme elle le souhaiterait. Au Grand-Bornand, la Norvégienne s’en est particulièrement voulu d’avoir raté son sprint, la mettant dans de mauvaises dispositions pour la poursuite du lendemain. « Je me sabote toute seule, je suis en colère contre moi-même car je me mets dans des situations impossibles en ratant mes sprints », confie-t-elle à Dagbladet après une belle remontée de la 39e à la 24e place sur la poursuite.

Et les résultats ne parlent pas en sa faveur. 11e avec trois fautes sur le premier individuel de la saison, 69e sur le premier sprint puis 27e sur le deuxième en Autriche et enfin 32e sur la poursuite d’Hochfilzen, la Norvégienne n’a pas brillé, au point qu’elle ne figure même pas parmi le top 30 mondial.
« Pour l’instant, ce n’est pas gagné que j’aille aux Jeux olympiques », dit même Tandrevold au micro de TV2.

Et ce n’est pas son entraîneur qui dira le contraire. « Nous souhaitons que les sélectionnés olympiques fassent partie du top 10 mondial et pour le moment, seules deux filles remplissent ce critère pour quatre places disponibles », explique Sverre Huber Kaas, faisant référence à Maren Kirkeeide et Karoline Knotten.
« Je ne peux pas encore prédire qui fera partie de l’équipe olympique mais aux vues de son expérience, Ingrid pourrait en faire partie, on ne peut juste pas la sélectionner pour le moment pour des raisons évidentes », continue Huber Kaas. La sélection devrait être connue après l’étape de Ruhpolding en janvier.
« Je pense qu’elle ira aux Jeux, ça ne m’inquiète pas, estime quant à lui Ole Einar Bjørndalen. Ce qui m’inquiète, c’est de savoir si elle est capable de se remettre en forme. Elle doit absolument améliorer ses aptitudes physiques et son tir si elle veut avoir une chance de remporter une médaille. »
Un objectif que Tandrevold connaît. Elle a donc décidé, pendant la pause des fêtes, de se rendre en altitude pour s’entraîner physiquement tout en pratiquant assidument le tir. « Elle a besoin de reprendre confiance, d’abord à l’entraînement puis elle doit transposer cette confiance en elle aux compétitions et ensuite ça ira mieux », conclut Sverre Huber Kaas.
Non-sélection de Karoline Simpson-Larsen : « une vraie déception »
Pour le moment, seules trois fondeuses norvégiennes sont assurées d’avoir leur ticket pour les Jeux olympiques en février. Parmi elles, on retrouve évidemment la sprinteuse Kristine Stavås Skistad qui a déjà remporté une victoire cette année et est le grand espoir du sprint féminin norvégien. Heidi Weng et sa régularité sur les podiums est aussi du voyage, comme Astrid Øyre Slind.
Mais pas de trace de Karoline Simpson-Larsen, pourtant la seule Norvégienne à avoir remporté une course de distance cet hiver lorsqu’elle s’est imposée sur le 10 km de Davos, étape qualificative aux Jeux d’après la fédération norvégienne. Elle est aussi la première Norvégienne au classement mondial.
« Je dois avouer que je suis déçue, je pensais que cette victoire serait suffisante pour que je décroche mon billet olympique, réagit la Norvégienne au micro de la NRK à l’annonce de la première sélection. J’ai le sentiment que j’aurais dû décrocher une place. »
Un avis que partagent les experts du ski de fond, entre autres son ancien coéquipier Pål Golberg. « Elle a sa place dans l’équipe olympique, c’est étrange qu’elle n’ait pas été sélectionnée alors qu’elle a remporté une épreuve et que le staff ne lui accorde pas cette sécurité de savoir qu’elle sera du voyage en Italie », estime l’ancien fondeur.
Du côté de la fédération, Per-Elias Kalfoss, sélectionneur national, explique qu’une victoire n’est pas suffisant et qu’ils souhaitent voir encore quelques courses de plusieurs athlètes avant de faire leur choix. « Nous pensons que Karoline est une candidate pertinente et nous étudions ses résultats avec attention », dit-il. Le hic ? La fédération ne s’en tient de nouveau pas à ce qu’elle avait annoncé en début de saison, à savoir que les résultats de l’hiver étaient la première raison d’être sélectionné. Simpson-Larsen aurait donc dû être dans les premières sélectionnées.

Résultat :Karoline Simpson-Larsen qui avait prévu de passer les fêtes en altitude en Italie avec son compagnon Johan-Olav Botn a dû changer ses plans. Elle ira finalement au Tour de Ski. « Je n’y ai jamais participé donc je ne sais pas si c’est une bonne idéemaisje ne sais plus quelle stratégie adopter, je pensais que ma victoire avait suffi à me qualifier pour les J.O. et ce n’est pas le cas, j’aimerais qu’on me dise plus clairement ce que je dois faire pour y arriver », conclut la fondeuse.
Didrik Tønseth remonté contre la fédération
Non-sélectionné pour le Tour de Ski, Didrik Tønseth ne décolère pas. Il faut dire que le fondeur sait que c’était l’une de ses dernières chances d’être sélectionné pour les Jeux olympiques. Lui qui ne fait pas partie de l’équipe nationale, il avait montré de belles performances en début d’hiver qui, selon les critères établis par la fédération norvégienne avant la saison, auraient dû suffire à le qualifier pour le Tour.
« Mais mon plus grand concurrent, ce n’est aucun autre fondeur, estime Tønseth au micro de la NRK. C’est plutôt la façon dont l’équipe nationale interprète et détourne ses propres règles de sélection. »
Depuis longtemps critiquée sur cette question, une délégation avait proposé cinq points clairs pour aider à définir les règles de sélection en Coupe du monde. « Seul un point avait été retenu mais soit, l’Association de ski a le dernier mot c’est normal, explique Didrik Tønseth qui avait fait partie de ce processus. Le problème, c’est que depuis le début de la saison, il y a déjà eu plusieurs sélections qui ne respectaient pas les règles établies par la fédération elle-même. »
Ainsi, le fondeur rappelle que la fédération avait affirmé que seraient d’abord pris en compte les résultats de la Coupe du monde 2025/2026 puis ceux de l’hiver 2024/2025 et enfin les performances méritoires lors de précédents grands championnats comme les Mondiaux ou les Jeux olympiques.

« Mais rien que la semaine dernière, on voit bien qu’ils ne s’en tiennent pas à ce qu’ils ont décidé, il suffit de voir la non-sélection de Karoline Simpson-Larsen qui est pourtant l’une des deux seules à avoir remporté une Coupe du monde cet hiver », continue Tønseth. Le fondeur prend aussi l’exemple du remplacement de Simen Hegstad Krüger par le jeune Edvard Sandvik plutôt qu’Emil Iversen, considéré trop vieux, ce qui avait fait couler beaucoup d’encre il y a à peine un mois. « Ce critère d’âge existait mais il a été supprimé alors pourquoi le prendre en compte ? » s’interroge Tønseth, pointant les incohérences de sa fédération.
Du côté de l’Association de ski norvégienne, on répond que les sélections sont à la discrétion des coachs qui voient ça en direct avec leurs athlètes et ne s’étendent donc pas sur les raisons de leurs choix dans les médias. « La fédération a voulu mettre en place un nouveau système plus clair, plus ordonné mais c’est pire qu’avant, la liste des résultats devrait être leur outil principal pour les sélections, espérons que ce soit le cas pour le reste de la saison », conclut un Didrik Tønseth dépité.
Johannes Høsflot Klæbo est-il allé trop loin ?
Quand il contre-performe, Johannes Høsflot Klæbo est évidemment très mécontent de lui-même. Dans ces cas-là, il a tendance à éviter les médias et à ne pas répondre à leurs sollicitations d’après-course. Une réaction que les commentateurs de la discipline n’apprécient pas particulièrement.
« Il se conduit comme un mauvais perdant, juge ainsi Birger Løfaldli, expert chez Adressa, après le coup de colère du fondeur à Davos lors du sprint qu’il a perdu en quart de finale. Il peut se le permettre de temps en temps mais en ce moment, ça revient trop souvent. » D’après l’expert, la réputation de Klæbo pourrait en souffrir et il espère que son équipe va lui remettre les idées en place et lui rappeler que parler aux médias, même après une défaite est essentielle.
Therese Johaug, elle aussi, s’est exprimée à ce sujet dans son nouveau podcast. « Je trouve ça fascinant, dit-elle dans des propos rapportés par VG. On parle d’un athlète qui a 101 victoires en Coupe du monde dont une série de 18 victoires consécutives en sprint. Et pourtant, une seule défaite le rend fou de rage, c’est dire son esprit de compétition, c’est fou et ça me fascine vraiment. »
L’ancienne coéquipière de Klæbo rappelle tout de même que les athlètes n’ont pas le choix : ils sont censés parler aux médias, même quand leurs résultats ne sont pas à la hauteur de leurs espérances.
Lasse Gimnes, conseiller média du numéro 1 mondial depuis 2016, rappelle que son fondeur est très exigeant envers lui-même, d’où une grosse déception lorsqu’il échoue. « Nous savons que beaucoup jugent négativement ce qu’il s’est passé à Davos et nous l’acceptons car Johannes a toujours donné beaucoup d’importance à la liberté d’expression, c’est une valeur fondamentale pour lui, tout comme chaque compétition a une énorme importance et est un objectif pour lui. »
Faillible, le roi de Trondheim devra peut-être prendre sur lui s’il doit faire face à de prochaines défaites s’il ne veut pas que les médias norvégiens lui tournent le dos.
Vetle Sjåstad Christiansen a hésité à changer de nationalité
En remportant le sprint vendredi, Vetle Sjåstad Christiansen a retrouvé des couleurs et de la confiance en soi. Il a alors fait quelques révélations chocs aux médias.
« Après ma dernière saison où je n’étais pas à mon plus haut niveau et les enjeux de cette année olympique, c’est évidemment une victoire au goût très particulier, commence-t-il au micro de TV2. En fait, j’ai même sérieusement envisagé de rejoindre l’équipe suédoise cet été. J’ai eu des discussions avec l’équipe nationale car j’avais peur de ne pas être sélectionné en Norvège mais c’était un changement très compliqué à faire car l’IBU réclame une quarantaine de deux ans dans ce cas-là, on a donc assez vite abandonné l’idée. »
Mais pour le biathlète norvégien, il était hors de question de finir sur le banc de touche alors que la saison olympique se profilait à l’horizon. Sans autre alternative, il a donc tout donné pour revenir tout en haut du podium. « Je pense que ça débloque mon ticket pour les Jeux olympiques, surtout que les pistes d’Antholz-Anterselva sont faites pour moi », sourit Christiansen après sa victoire au Grand-Bornand.
Johannes Dale-Skjevdal : comment allier paternité et biathlon
Il y a trois mois, Johannes Dale-Skjevdal devenait pour la première fois père d’un petit Jon. Un rôle dont le biathlète rêvait mais qui est un vrai challenge pour lui qui voyage environ 250 jours par an. « Je ne veux pas me retrouver dans cette situation où je suis absent trop longtemps pour ma famille ou bien que je sois forcé d’abandonner ma carrière pour rester à la maison », révèle le Norvégien au micro de la NRK après un stage de deux semaines en octobre où son fils avait pris un kilo.
Alors évidemment, Dale-Skjevdal s’est enquis auprès de sa fédération de ce qu’il était possible de mettre en place afin qu’il n’ait pas à mettre de côté l’un de ses rêves, que ce soit sa famille ou le biathlon. A Geilo, lors des courses d’ouverture de l’hiver, l’équipe norvégienne avait ainsi mis à sa disposition, à sa demande, une chambre plus grande pour que toute sa famille puisse être présente à ses côtés.
« Evidemment, je ne m’attends pas à ce que ça puisse être fait à chaque week-end de compétition et de toutes façons, ça ne fonctionnerait pas pour plein de raisons mais avoir notre famille avec nous quelques jours toutes les trois semaines, ça ferait déjà une énorme différence », estime Johannes Dale-Skjevdal.
Le biathlète souhaiterait ainsi que la fédération norvégienne mette en place de vraies possibilités pour ses athlètes de mener de front leur carrière tout en passant du temps avec leur famille. « Si cela nous permet que nos athlètes soient entièrement concentrés sur leur entraînement quand ils sont loin de chez eux, alors évidemment ça se réfléchit », estime Per-Arne Botnan, manager de l’équipe nationale.
Halvor Egner Granerud se marie
Entre deux week-ends de Coupe du monde, Halvor Egner Granerud a trouvé le temps de se marier à sa compagne Karoline Nilssen. C’était mercredi dernier, à la mairie d’Oslo et c’est un mariage qui avait décidé plutôt à la va-vite. « On a regardé les créneaux à l’automne et comme c’était libre aujourd’hui, on a choisi cette date, révèle Granerud au quotidien Dagbladet. Nous avons passé ce moment en famille avant d’aller à l’hôtel Bristol pour le thé. »
Quant à la demande, là aussi le sauteur à ski a fait les choses de manière originale et pas le moins du monde de façon guindée. « Je voulais des enfants et Karoline voulait d’abord se marier alors j’ai signé un contrat stipulant que l’on se marierait quand nous aurions eu notre premier enfant, la demande en mariage, c’était la venue du bébé finalement », dit le jeune père.
Et comme lune de miel, les jeunes mariés ont choisi… Engelberg. « Nous aimons cet endroit alors Karoline m’accompagne sur la Coupe du monde avec notre fils, j’espère qu’il aimera aussi ce lieu autant que nous », conclut le Norvégien.
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