Au sommaire de Vu de Norge #486
Ski de fond : l’incompréhension sur les sélections olympiques
Après le Tour de Ski, Mattis Stenshagen avouait ne pas comprendre pourquoi les sélectionneurs de l’équipe masculine de ski de fond repoussaient l’annonce de leur choix pour l’équipe olympique à une date ultérieure aux Championnats nationaux qui se dérouleront ce week-end.
Quelques jours plus tard, la fédération norvégienne annonçait qu’il était sélectionné, tout comme Karoline Simpson-Larsen qui méritait son ticket de longue date. En revanche, toujours pas d’Emil Iversen malgré un début d’hiver plus que méritant.
Et c’est là que le bât blesse : les experts, fans et athlètes n’y comprennent plus rien. Sur les réseaux sociaux de l’équipe nationale, on reproche à Eirik Myhr Nossum de ne pas avoir sélectionné Emil Iversen pour favoriser les athlètes de l’équipe nationale. Même son de cloche dans les médias : « je suis déçu de la fédération et de sa manière de sélectionner, ils avaient établi des critères clairs sur les compétitions internationales et les résultats liés et ne pas sélectionner Iversen qui pourrait jouer la médaille sur plusieurs distances, ça n’a pas de sens », déclare ainsi Fredrik Aukland, expert NRK.
Il en va de même pour l’ancien entraîneur de l’équipe féminine, Ole Morten Iversen. « C’est surprenant et décevant, dit-il. Je pense que personne ne comprend plus pourquoi il n’est pas sélectionné. Selon les critères qu’ils ont eux-mêmes établis, il n’a jamais été aussi facile de composer l’équipe masculine et pourtant ils n’y arrivent pas, j’imagine qu’ils aimeraient emmener quelqu’un d’autre qu’Emil et c’est pour ça qu’ils attendent », regrette le père du fondeur.

Du côté de la fédération, on se contente de déclarer être satisfait de la sélection de Mattis Stenshagen sans autre commentaire sur la non-sélection d’Iversen. De ce qu’en savent les experts, ils attendraient entre autres de décider s’ils emmènent encore deux sprinteurs spéciaux ou seulement un aux côtés d’un fondeur plus polyvalent.
En tous cas, pas question de s’épuiser aux Championnats nationaux pour Emil Iversen. Comme ses coéquipiers déjà sélectionnés, Johannes Høsflot Klæbo, Erik Valnes, Martin Løwstrøm Nyenget, Harald Østberg Amundsen et Mattis Stenshagen, il fera l’impasse sur ce week-end de compétitions. « J’ai décidé de me sélectionner moi-même à ce stade », plaisante un Emil Iversen désabusé.
« Nous nous attendons à ce qu’il soit sélectionné alors nous l’emmenons s’entraîner avec nous à Lavazè », révèle Klæbo au quotidien Dagbladet. Le Norvégien préfère rester ainsi positif pour son ami qui, les fans l’espèrent, sera sélectionné pour les derniers Jeux olympiques de sa carrière dès la semaine prochaine.
Quand Johannes Dale-Skjevdal se retrouve sans caleçon
L’équipe de biathlon norvégienne ne devait au départ pas forcément rentrer en Norvège avant début février. Finalement, pour assister aux obsèques de leur coéquipier Sivert Guttorm Bakken, ils ont fait un détour par Lillehammer et l’aéroport.
Manque de chance pour Johannes Dale-Skjevdal : sur le chemin du retour pour l’étape d’Oberhof (Allemagne), le biathlète s’est retrouvé sans sa valise à l’arrivée. En raison des fortes chutes de neige partout en Europe, les aéroports allemands de Francfort et Berlin ont dû faire face à de nombreux problèmes d’acheminement de bagages.

Résultat : le Norvégien a dû acheter de toute urgence le nécessaire pour se laver et a emprunté des vêtements à ses coéquipiers. Il s’est ainsi retrouvé avec les chaussures et les caleçons de Vetle Sjåstad Christiansen ! « Peut-être que je devrais arrêter de m’embêter à faire mes valises, je performe tout aussi bien sans mes affaires et avec celles de Vetle, plaisante Dale-Skjevdal au micro de TV2. Je vais quand même lui rendre ses caleçons mais sans les laver, je pense qu’il préfèrera. »

« Malheureusement, je confirme le prêt de ces deux caleçons : un pour l’entraînement et la compétition, un pour l’usage quotidien, en revanche, il n’est pas obligé de me les rendre », répond Christiansen à son compatriote.
Plus de peur que de mal : rien d’important ne se trouvait dans la valise du biathlète. « S’il y avait eu l’un des morceaux de ma carabine que j’y range parfois, là ça aurait été une autre paire de manche, je n’aurais pas pu concourir je crois », conclut Johannes Dale-Skjevdal.
Gala des sports : le palmarès
Ce ne fut pas la meilleure année pour les skieurs norvégiens au Gala des Sports. Seuls deux d’entre eux ont été récompensés cette année puisque Therese Johaug et Johannes Thingnes Bø partagent le Prix d’Honneur pour la dernière année de leur carrière.
Et si le tout jeune retraité du biathlon se trouvait à la cérémonie, ce n’était pas le cas de la fondeuse. Elle a en effet fait la surprise à tout le monde en recevant son prix… Depuis sa chambre à la maternité !
« J’aurais aimé être avec vous ce soir mais je suis à l’hôpital, en salle d’accouchement, je remercie tout de même chaleureusement le jury pour ce prix », dit Johaug dans un message pré-enregistré diffusé sur la NRK. La présentatrice de la soirée a ensuite révélé que depuis ce message, la fondeuse avait accouché de son deuxième enfant, le petit Nils.
Une annonce pour le moins originale et qui a beaucoup fait parler. « Pire prestation télévisée que j’ai jamais vue, plaisante Johannes Thingnes Bø. Plus sérieusement, félicitations aux parents ! » « C’est vraiment très courageux de sa part d’avoir filmé juste avant d’accoucher, ce sera sans doute l’un des évènements les plus marquants de l’année », sourit l’ancien fondeur et coéquipier de Johaug, Øystein Pettersen.
De son côté, après quelques heures de repos, Therese Johaug a de nouveau annoncé l’arrivée de son fils sur Instagram, remerciant encore le Gala des Sports pour son prix. « On ne vit pas des journées comme celle-ci souvent. Maman à nouveau et le Prix d’honneur du Gala le même jour, je me souviendrai toujours de ce jour », écrit-elle.
Mort de Sivert Guttorm Bakken : ses coéquipiers mécontents des médias
Les médias de tous les pays ont consacré de nombreux articles à la mort de Sivert Guttorm Bakken. Nombre d’entre eux spéculaient sur les raisons du décès du jeune biathlète. Un traitement médiatique qui a profondément choqué ses coéquipiers endeuillés.
« Beaucoup auraient dû lever les yeux de leur nombril et réaliser que cette mort touchait beaucoup de gens, entre autres la famille de Sivert, et spéculer sur son décès avant même que le cercueil n’arrive en Norvège, c’est sacrément égoïste, condamne Vetle Sjåstad Christiansen au micro de TV2. On dirait des narcissiques égocentriques qui veulent avoir raison, donner la bonne réponse sans même penser aux répercussions. »
« Christiansen a raison de pointer du doigt ce traitement indigne de certains médias qui instrumentalisent cet incident pour lancer un débat sur la moralité dans le sport, particulièrement sur des soit-disantes dérives en Norvège, personne ne connaît encore les raisons du décès de Bakken », ajoute le journaliste d’Aftenposten, Daniel Røed-Johansen, faisant référence à un débat lancé par le journal Norvégien Trønder-Avisa.

« Ces spéculations à outrance sont irrespectueuses et inutiles, par respect pour les proches de Sivert, il serait bon d’attendre avant de se lancer dans ce genre de débat, nous aurons un jour des réponses à nos questions mais c’est encore trop tôt », réagit de son côté Johannes Dale-Skjevdal.
Du côté des médias accusés, on affirme juste avoir fait un travail journalistique basé sur les informations données par les autorités locales au moment de la mort de Bakken. « Nous faisons au mieux pour prendre en compte la sensibilité des personnes endeuillées et nous comprenons que la couverture médiatique d’un tel évènement soit éprouvante pour les proches mais le public a le droit d’être informé », juge ainsi le directeur sportif du quotidien VG.
Les cinq dernières infos
- JO 2026 | Biathlon – « J’ai échoué » : vingt-deuxième du sprint, Tommaso Giacomel n’y arrive pas sur ces Jeux olympiques disputés à la maison
- JO 2026 | Biathlon : après la levée de sa suspension, Rebecca Passler a été officiellement inscrite par le comité olympique italien
- JO 2026 | Biathlon – Ski de fond : en or sur le sprint, Quentin Fillon-Maillet s’est inspiré de l’argent du fondeur Mathis Desloges : « Je me suis dit que j’allais essayer d’être aussi rapide que lui »
- JO 2026 | « C’est ce biathlon-là que j’aime » : Emilien Jacquelin a retrouvé des couleurs sur le sprint… mais manque la médaille d’un souffle
- JO 2026 | Biathlon : l’album photo de la médaille d’or olympique remportée par Quentin Fillon-Maillet sur le sprint

































