Au sommaire de Vu de Norge #487
La séance secrète de Maren Kirkeeide
Si Maren Kirkeeide a offert la victoire du relais à son équipe à Ruhpolding (Allemagne), ce n’est pas un hasard : la Norvégienne est une machine de guerre à l’entraînement, ne laissant rien au hasard.
« Tout ce qu’elle fait à l’entraînement, elle le fait pour être la meilleure en compétition et en même temps, elle me fait penser à Johannes Thingnes Bø, confie son coach Patrick Oberegger à la NRK. Parfois, quand les autres arrivent à l’entraînement, elle a déjà presque fini car elle s’écoute beaucoup, elle sait ce dont elle a besoin, elle réfléchit beaucoup et ne fait pas forcément comme tout le monde. »

C’est ainsi qu’elle a décidé en début de mois, plutôt que de s’entraîner en altitude ou sur les pistes, de se rendre à une compétition de tir locale où elle a terminé à la deuxième place, devant sa petite sœur, en réussissant à tirer 245 points sur 250 possibles. « C’est un bon entraînement, sourit Kirkeeide. Je ne sais pas si je suis similaire à Johannes, je fais juste ce qui me semble le mieux », explique-t-elle, pas prête à se vanter de ses qualités.
Pour les experts, c’est peut-être ce détachement, cette capacité à faire autre chose qui sont la clé de sa réussite. « Elle sait faire la part des choses, penser à autre chose que le biathlon pour éviter de se fatiguer mentalement, être à fond à l’entraînement et se détendre en dehors, c’est très important », salue l’expert NRK Ola Lunde.
« Elle possède un talent unique, comme on en a rarement vu en Norvège et ça ne m’étonne pas qu’elle garde secret certaines séances, c’est bien son genre de ne pas se vanter », conclut sa coéquipière Karoline Knotten.
Sturla Holm Lægreid : « J’étais blessé depuis le début de l’hiver »
Forfait à Oberhof (Allemagne), Sturla Holm Lægreid avait expliqué être tombé malade avant les épreuves du Grand-Bornand (France). « Malgré les premiers symptômes j’ai pris le départ et j’ai finalement eu une sinusite et dix jours d’antibiotiques, le mieux aurait été de rentrer chez moi, je n’ai pas été malin car je n’ai pas performé en France et ça m’a coûté l’étape d’Oberhof », explique le Norvégien à Dagbladet.
Un point positif pourtant : cela lui a permis d’avoir une plus longue période de repos. Juste assez pour se remettre d’une blessure qu’il traîne depuis le début de l’hiver ! « J’avais des soucis aux genoux et aux pieds à cause de la fatigue et du surmenage, continue Lægreid. Cette pause m’a tout de même fait du bien. Je vais peut-être enfin pouvoir montrer que j’étais le meilleur du monde l’an dernier », rit-il.

Mais comment a-t-il réussi à cacher cette blessure de fatigue pendant des semaines ? « Skier a parfois été douloureux, surtout au moment de l’entraînement et de l’échauffement, confie le biathlète. Mais je ne suis pas du genre à me plaindre ou à exposer toute ma vie aux médias, je me gère bien tout seul. »
De quoi, tout de même, lui rajouter une petite pression supplémentaire car il n’a pas encore montré de grandes performances cet hiver. Et même s’il fait déjà partie de la sélection olympique, quatre de ses coéquipiers sont déjà montés sur le podium cet hiver en sprint ou en poursuite, réduisant ses chances de participer au sprint et donc à la poursuite olympiques. Il ne lui resterait alors que l’individuel, peut-être le relais, le relais mixte ou la mass-start, pour aller prendre l’or olympique.
Sturla Holm Lægreid a donc un choix difficile à faire : aller se préparer avec les autres à Lavazè en altitude ou aller à Nove Mesto pour essayer de prendre un podium sur le sprint ou la poursuite afin d’y être aligné aux Jeux.
Saut à ski : les Norvégiens déçus de leur quota
A Sapporo ce week-end se décidaient les derniers quotas olympiques pour le saut à ski. L’objectif des Norvégiens était clair : obtenir une quatrième place en Italie. Pour cela, il fallait qu’Halvor Egner Granerud, blessé en fin d’hiver dernier et pas encore à son meilleur niveau au début de cette saison, atteigne au moins la sixième place pour entrer dans le top 25 de la coupe du monde. Malheureusement, le Norvégien a terminé 10e.
Résultat, comme le révèle le quotidien Dagbadet, la Norvège ne pourra emmener que trois sauteurs masculins sur les tremplins de Predazzo. Une vraie déception pour l’équipe qui vit un hiver difficile et devra donc mettre de côté plus de sauteurs que prévu.

Avec une compétition par équipes masculine changée en Super Team de seulement deux sauteurs, les équipes ne sont en effet plus assurées d’emmener quatre sauteurs. De nouveaux quotas ont été calculés par la FIS et si une équipe veut emmener quatre sauteurs, il faut qu’ils figurent parmi les 25 meilleurs de la coupe du monde et du Grand Prix d’été depuis 2024. Seules l’Autriche et l’Allemagne répondent à ce critère.
Les Norvégiens devraient donc sélectionner Johann Andre Forfang, Marius Lindvik et Kristoffer Eriksen Sundal, premiers au classement général cette saison. « Nous hésitons encore mais nous communiquerons bientôt notre sélection, confie Jan-Erik Aalbu. Nous sélectionnerons peut-être un remplaçant mais qui attendrait en Norvège en cas de maladie ou blessure. C’est dommage pour Halvor car il a été blessé et a donc manqué de nombreuses compétitions, d’où son classement. »
L’équipe olympique devrait être connue après les Mondiaux de vol à ski qui auront lieu ce week-end à Oberstdorf (Allemagne).
Tarjei Bø retarde son arrivée sur la NRK
Embauché avec son frère comme consultant pour la NRK aux Jeux olympiques, Tarjei Bø devait prendre ses fonctions un peu avant, sur les épreuves de coupe du monde de Ruhpolding (Allemagne). Finalement, les fans de biathlon norvégiens n’auront pas pu le voir comme expert en plateau puisqu’il n’a pas été autorisé à s’y rendre et il ne commencera donc ce nouveau travail qu’aux Jeux.
La raison ? Une campagne de pub sur les bords de piste allemands. Tarjei et Johannes Thingnes Bø ont en effet signé un contrat de sponsoring avec la marque allemande LaVita qui sera aussi l’un des sponsors officiels de la coupe du monde de biathlon dès la saison prochaine. Dès ce week-end à Ruhpolding, le visage des deux anciens biathlètes apparaissaient donc sur les banderoles en bords de piste.
« Nos experts ne peuvent pas légalement faire l’objet d’un portrait publicitaire sur la compétition qu’ils doivent couvrir, explique la rédaction de la NRK au journal Dagbladet. Nous sommes néanmoins impatients de compter Tarjei et Johannes dans notre équipe aux Jeux. »
Tarjei Bø, lui, n’a pas commenté ce petit contre-temps.
La famille royale ira en Italie
En 2018 et 2022, le roi de Norvège n’avait pas fait le déplacement aux Jeux olympiques se déroulant en Asie. Cette année, en revanche, il a déjà confirmé qu’il se rendrait en Italie pour soutenir les athlètes norvégiens, sa première venue aux Jeux depuis 2014, comme le rapporte la NRK.
Le roi Harald V et la reine Sonja seront, d’après l’agenda du Palais, présents pendant trois jours, juste après la cérémonie d’ouverture. Ils assisteront au patinage de vitesse et resteront à Milan.
Mais le ski nordique, grande passion de la famille royale, ne sera tout de même pas délaissé. Le prince héritier Håkon se rendra à Val di Fiemme pour assister au ski de fond et au saut à ski avant de se rendre sur les épreuves de ski alpin et de ski freestyle.

En revanche, pas de présence royale pour les biathlètes, un peu déçus. « Ils font ça au nom de la diversité, aller au big air et au ski freestyle plutôt que de venir nous voir, plaisante Vetle Sjåstad Christiansen dans les colonnes du quotidien Dagbladet. Mais si le prince Sverre Magnus veut venir nous voir, nous serons ravis, il a l’air marrant. »
De son côté, la famille royale a expliqué qu’elle ne pouvait malheureusement pas être présente à toutes les épreuves olympiques, d’où l’impasse faite sur le biathlon, seule épreuve se déroulant à Antholz-Anterselva.
Jan Thomas Jenssen : incident aux championnats nationaux
Jan Thomas Jenssen s’est imposé sur le skiathlon des championnats nationaux norvégiens avec brio ce week-end… Malgré un incident plutôt remarqué sur les pistes.
Lors d’une descente sur la partie classique du parcours, la fermeture éclair de sa combinaison est en effet descendue toute seule, le laissant ventre à l’air pour tout le reste de la course de 20 km. « Jenssen est vêtu légèrement aujourd’hui », plaisantent les commentateurs, avant de supposer que sa fermeture avait tout simplement cassé.

« En fait, elle est juste descendue toute seule, je crois que ma combinaison était trop serrée et que je dois en racheter une plus grande », explique un Jenssen amusé après l’arrivée, dans les colonnes du quotidien VG. Au micro de TV2, il complète : « C’est plutôt agréable comme ventilation mais clairement, on voit que mon « summer body » n’est pas au rendez-vous, je ne suis pas au top de ma forme esthétiquement parlant », rit-il.
Un bon moyen de se distraire alors qu’il sait que l’obtention d’un ticket olympique ne sera pas chose aisée puisqu’il ne reste que deux places dans l’équipe.
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