Au sommaire de Vu de Norge #488
Einar Hedegart met toutes les chances de son côté
Sélectionné assez vite pour les Jeux olympiques, Einar Hedegart n’en perd pas moins la volonté de tout gagner et surtout de participer à un maximum d’épreuves en Italie.
Assuré de faire le 10 km, Hedegart aimerait aussi participer au team sprint avec Johannes Høsflot Klæbo, à la place d’Erik Valnes. Alors quand il passe la ligne d’arrivée à la première place du team sprint à Goms ce week-end, il ne peut s’empêcher de fanfaronner.
« J’ai fêté ça comme au hockey sur glace, ça faisait longtemps que je voulais faire cette célébration, particulièrement sur une compétition par équipes, révèle-t-il à la NRK. Je trouvais ça sympa comme geste mais j’espère aussi que le deuxième message a été reçu. »
Et ce deuxième message c’est qu’il est tout à fait capable d’aller prendre l’or sur le team sprint si on lui en donne l’occasion. « Je n’espère pas forcément être titularisé directement mais être déjà premier remplaçant pour cette distance serait bien », continue Hedegart qui devra aussi se battre contre Harald Østberg Amundsen, lui aussi vainqueur du team sprint ce week-end pour cette place. « Nous avons une équipe redoutable, il sera difficile de sélectionner l’équipe olympique », prévient ce dernier.

Mais pour mettre toutes les chances de son côté, Einar Hedegart a trouvé une botte secrète. Alors qu’il se trouvait en entraînement à Lavazè (Italie) pendant le Tour de Ski, le jeune fondeur en a profité pour s’infiltrer sur les pistes olympiques malgré les barrières et les vigiles. « Il n’y avait personne pour m’arrêter alors je suis entré, explique-t-il à la NRK. Ceux qui travaillaient sur place m’ont juste observé sans rien dire. »

Une initiative que saluent les experts. « Sur une course de 10 km, son format favori, ça peut se jouer à quelques millièmes de seconde, à quelques millimètres et connaître le parcours est un vrai avantage, dit ainsi Fredrik Aukland. Hedegart n’a pas participé à beaucoup de Coupe du monde, encore moins sur le parcours olympique alors ce qu’il a fait était nécessaire. »
« C’est une piste difficile, je commence à élaborer mon plan d’action pour savoir comment gérer mon énergie entre autres, ce sera crucial », conclut un Hedegart prêt à en découdre dans une dizaine de jours.
Andreas Fjorden Ree : « Je méritais ma place aussi »
Si la sélection d’Emil Iversen pour les Jeux olympiques est arrivée comme un soulagement pour le fondeur et ses amis proches comme Johannes Høsflot Klæbo, ça n’a pas été le cas d’Andreas Fjorden Ree qui était son concurrent direct à la sélection.
« Je suis tellement déçu que je n’ai pas les mots, confie-t-il à la NRK. Le ski, c’est toute ma vie alors c’est un coup dur. Je pense que je méritais ma place aussi. »
Les coachs étudiaient en effet la possibilité de l’emmener aux côtés d’Oskar Opstad Vike à la place d’Iversen mais celui-ci a finalement été préféré, dû à d’excellents résultats et de plus grandes chances de médailles sur le 50 km.

Beau joueur, Ree a envoyé un message de félicitations à Iversen en apprenant la sélection finale. « Ça me touche beaucoup, je sais ce que c’est d’être laissé sur la touche, c’est terrible, dit Emil Iversen. Je suis heureux mais je sais aussi la déception que c’est de ne pas être pris, le geste qu’il a eu est très respectueux et tout à son honneur. »
« Ce sera difficile de regarder les Jeux 2026 sur ma TV. Je fais du ski depuis toujours, je ne sais rien faire d’autre alors c’est ce que je continuerai à faire après cette saison », assure Andreas Fjorden Ree. A seulement 25 ans, le Norvégien peut en effet encore espérer participer aux Jeux olympiques de 2030.
Lars Heggen non-sélectionné : le nouveau Petter Northug Jr ?
En 2006, un jeune Petter Northug Jr de 20 ans remportait toutes les épreuves aux championnats nationaux de Norvège, juste avant les Jeux olympiques. Il n’était pourtantpas sélectionné pour Turin, ce qui l’a longtemps marqué. Il allait ensuite remporter sa première coupe du monde avant d’enchaîner plusieurs saisons dans le haut du classement, lui valant la réputation qu’on lui connaît.
Vingt ans plus tard, quand on interroge le Mosvik Express, l’histoire se répète : aucune place n’a été laissée dans l’équipe olympique pour la dernière pépite norvégienne, Lars Heggen, malgré une victoire aux Nationaux et en coupe du monde.
« C’est dur de ne pas être sélectionné car j’avais un petit espoir d’y aller mais ça va aller, ce n’était pas mon objectif au début de la saison et j’ai en fait déjà dépassé tout ce que j’espérais pour cet hiver », confie un Heggen pas le moins du monde démoralisé au micro de TV2.
Le jeune fondeur de 20 ans comprend que cet évènement puisse rappeler le début de carrière de Northug. « Même si je ne m’en souviens pas très bien, j’avais seulement un an, plaisante-t-il. Mais je suppose que c’était un évènement bien plus important et marquant que moi cette année. »

« Il a ce petit truc en plus, ce mental de gagnant, il voudra toujours passer la ligne d’arrivée en tête et il le montrera encore, estime pour sa part Northug. Il est tactiquement intelligent, il est déjà très complet et je le vois remporter l’or sur plusieurs distances dans les années à venir. »
L’ancien enfant terrible du ski de fond norvégien va même plus loin : « un jour, sa route croisera celle de Johannes Høsflot Klæbo et il prendra alors la relève et règnera en maître. » A commencer par les Mondiaux de Falun 2027 auxquels Lars Heggen espère bien pouvoir participer l’hiver prochain et où Petter Northug avait lui-même presque tout raflé en 2015.
L’argent après la suspension
La saison des Norvégiens en saut à ski a été jusqu’ici loin d’être un long fleuve tranquille. Peinant à rentrer dans les points, encore plus dans le top 10, l’équipe qui s’est retrouvée sans une grande partie de son staff en fin de saison dernière après le scandale des combinaisons de Trondheim a dû faire preuve d’abnégation pour tenter de récupérer quelques points.
Alors quand Marius Lindvik se présente en tête après la première manche individuelle des Mondiaux de vol à ski, l’espoir renaît. Et même s’il a dû s’incliner face à Domen Prevc, la médaille d’argent sonne comme une libération après que le sauteur ait été suspendu trois mois cet été. « C’est peut-être ce qui rend cette médaille encore plus formidable, le parcours semé d’obstacles pour y arriver », confie Lindvik à TV2.

Et s’il y en a bien un autre qui est heureux, c’est le directeur du saut norvégien : Jan-Erik Aalbu. « Compte tenu de ce que toute l’équipe a traversé, c’est peut-être l’un des plus grands projets auxquels j’ai participé, confie-t-il, ému. Personne ne nous attendait, on s’est battus pour cette médaille. Bon sang, je suis tellement heureux ! »
Une médaille qui arrive à point nommé pour redonner de la confiance à toute l’équipe avant les Jeux olympiques, surtout après que cette performance individuelle ait été confirmée par le bronze par équipes.
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