Vu de Norge #68 : le combiné nordique en danger

RUBRIQUES – Chaque mardi, l’actualité nordique en Norvège, c’est avec Vu de Norge.

 

Des sanctions qui font débat

Le sprint d’Oberstdorf a fait parler de lui pendant ce Tour et pas seulement par le manque de neige qui avait mis l’étape en danger ! L’objet de tous les scandales, c’est bien la sanction de Dyrhaug pour avoir skié en skate plutôt qu’en classique. Une pratique évidemment interdite sur les sprints classiques et justement sanctionnée, mais les médias s’interrogeaient ensuite sur un point : Therese Johaug n’aurait-elle pas dû aussi être punie ? Au vu des images, la fondeuse qui a désormais deux victoires au général du Tour de Ski à son actif aurait en effet skié de la même manière que son compatriote. La fondeuse a d’ailleurs été convoquée devant un jury pour déterminer si oui ou non il devait y avoir sanction. Sachant qu’elle avait déjà un carton jaune, Johaug aurait écopé d’une pénalité de 3min, mettant sa victoire au Tour gravement en danger. L’affaire a donc été classée mais pas pour tout le monde…

 

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Dyrhaug dénonce en effet la différence de traitement entre lui et sa coéquipière et il n’est pas le seul. Il explique à VG qu’il méritait une sanction, mais insiste sur le fait que tous les athlètes devraient être traités équitablement.

Un avis que partage Maurice Manificat, lui aussi sanctionné comme Dyrhaug à Oberstdorf. Dans un article, le quotidien norvégien Dagbladet révèle que le Français a affirmé que Johaug aurait dû être amendée comme les autres. Il argue que des fondeurs comme Northug ou sa compatriote ne sont pas traités comme le reste du circuit mondial. Une véritable injustice que les Suédois se sont empressés de souligner. La chaîne nationale SVT a en effet crié au scandale tout comme l’entraîneur Rikard Grip qui avoue ne pas comprendre comment Therese Johaug a pu échapper à la sanction.

 

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La véritable question que soulève les médias après ce scandale, c’est donc bien celle de l’équité : les fondeurs sont-ils égaux face aux règles internationales ou certains passent-ils entre les mailles du filet ? Mais en attendant de connaître le fin mot de l’histoire, Dyrhaug passe le temps. Comment ? En cherchant à savoir qui est le plus sexy entre Northug et lui bien entendu.


 

Le combiné en danger

Ce n’est un secret pour aucun amoureux des sports blancs, le combiné fait en ce moment office de parent pauvre du nordique. Sur cinq week-ends de compétitions prévus depuis novembre dernier, seuls deux ont pu avoir lieu. Chaux-Neuve, prochaine date du calendrier, a été repoussé. Une situation que les athlètes et les fans de ce sport alliant saut à ski et ski de fond dénoncent à l’instar de Magnus Moan et Jørgen Graabak.

 

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Dans un article de la NRK, le premier a ainsi rappelé que si les compétitions de combiné ont été annulées par manque de neige, ce n’est pas le cas pour le fond, le saut ou le biathlon où, au pire des cas, les coupes du monde ont été déplacées. Une injustice pour Moan, qui se bat pour la reconnaissance et l’amélioration constante de son sport. Il n’hésite pas d’ailleurs à faire des propositions à la FIS.

Et pourquoi ne pas réunir les épreuves de fond et de combiné sur les mêmes sites aux mêmes dates ? La fédération internationale de ski ferait ainsi d’une pierre deux coups : stopper l’annulation du combiné nordique et re-populariser le ski de fond. Magnus Moan rappelle en effet que si l’audience pour le sport le plus populaire en Norvège est en chute libre dans toute l’Europe, ce n’est pas le cas du combiné qui plaît beaucoup. « Organisez le fond et le combiné au même endroit et l’audience télévisuelle du fond remontera alors que nous, nous serons sûr d’avoir de la neige », déclare-t-il.

 

Philipp Orter, Magnus Moan et Terence Weber (Photo : Agence Zoom)

Philipp Orter, Magnus Moan et Terence Weber (Photo : Agence Zoom)

 

Quant à Jørgen Graabak, le champion olympique a écrit un long article où il commente sa situation et celle de ses camarades du combiné nordique. Il y explique que le constat est bien sûr très triste pour tous ceux qui travaillent sur les compétitions : athlètes, coach, staff, organisateurs, sponsors et surtout, pour les fans privés de leur sport favori. Il rappelle pour autant que le combiné n’est pas le seul frappé par ce mal, les jeunes athlètes aussi : comment peuvent-ils évoluer, monter au plus haut niveau sans des conditions d’entraînement adéquates. Les sports blancs sont-ils voués à disparaître pour tous ces pays subissant le réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique, c’est justement ce dont discute dans cet article Graabak, tentant de remettre les faits en ordre, de rappeler que le climat de la Terre n’a jamais été stable et que, malheureusement, aucune autre planète n’offre ce que la Terre nous offre. Il conclut en assurant que s’il n’a pas de solution miracle, quelqu’un doit prendre une décision maintenant. De quoi remettre les idées en place.

Vous pouvez lire la totalité de l’article ici :

 

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Les larmes de Krogh et de Weng

Beaucoup de larmes ont coulé dans ce Tour de Ski. Outre celles de Østberg, contente de sa deuxième place sur le général du Tour, celles de Krogh et Weng ont été plus mémorables.

 

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Pour la première fois de sa carrière, cette dernière est en effet montée sur le haut du podium. Après avoir enchaîné les 2e, 3e, 4e place, Heidi Weng est enfin récompensée de sa patience et son travail acharné. Celle qui comptait pas moins de 34 podiums sans une seule victoire n’y croyait même plus comme elle l’avoue devant les médias, pleurant de joie. En fait, elle n’a pas réalisé son petit exploit personnel avant de tomber dans les bras de sa mère venue la soutenir. Une maman très fière comme elle l’a confié à VG. Et elle pourra l’être de nouveau puisque Weng le promet : désormais, elle gagnera plus souvent. Il suffisait de provoquer le déclic.

 


 
Un déclic qui n’est pas toujours le bon comme celui de, non pas un, mais deux skis qui déchaussent ! Ce fut le malheur de Finn Hågen Krogh lors de l’étape d’Oberstdorf du Tour de Ski. Auprès des médias après une course frustrante, le fondeur a expliqué ne pas savoir comment un tel événement est arrivé. « C’est un mauvais Tour pour moi », déclare-t-il à la NRK, fataliste, et les yeux pleins de larmes.

Pourtant, ce n’est pas faute d’être en forme mais il enchaîne les coups du sort : deux chutes et ses skis déchaussés lui ont fait perdre de précieuses secondes et même minutes sur le classement général. Heureusement, un homme du nord ne baisse jamais les bras et en bon Norvégien, Krogh s’est vite repris pour s’imposer sur l’étape de Toblach. Cette fois-ci, ce sont donc bien des larmes de joie qui coulent sur ses joues dans l’aire d’arrivée. « Je ne suis pas si sensible pourtant d’habitude », explique-t-il après coup aux médias.

 

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La victoire qu’il attendait si impatiemment sur le Tour de Ski, la voilà et même les maîtres Sundby et Northug s’en réjouissent, ce dernier affirmant que ce n’était que vengeance après toutes ses mésaventures. Quant à Martin Johnsrud Sundby, il est même certain que, bientôt, son coéquipier le remplacera au poste de leader du Tour de Ski. Il est d’ailleurs plutôt bien parti puisqu’il termine malgré tout deuxième du général de ce Tour 2015/2016.
 

 


 

Sundby : une carrière qui n’en a plus pour longtemps

Martin Johnsrud Sundby le 9 janvier à Val di Fiemme (Photo : Stanko Gruden/Agence Zoom)

Martin Johnsrud Sundby le 9 janvier à Val di Fiemme (Photo : Stanko Gruden/Agence Zoom)

 

Si Sundby domine le Tour de Ski depuis 3 ans, il confie récemment aux médias qu’il ne se voit pas continuer pour encore plus de trois ou quatre ans. La raison à cela : son corps et ses poumons qui lui jouent trop souvent des tours comme pendant le Tour où son asthme a refait des siennes, lui enlevant quelques victoires d’étapes.

Son objectif final sera donc les mondiaux de Seefeld en 2019, lui laissant trois opportunités d’obtenir la seule médaille individuelle qui lui manque : Lahti 2017, Pyong-Chang 2018 et Seefeld 2019. Son seul petit regret serait de manquer les mondiaux à Trondheim en 2021 si la ville norvégienne les obtient. Mais, à 31 ans, et avec des problèmes respiratoires, il ne s’imagine pas réussir à tenir au meilleur niveau jusqu’à cette date butoir pour beaucoup. Il ne s’en fait pour autant pas pour son pays, assurant à VG que dans quelques années, ce sera Finn Haagen Krogh qui raflera tous les Tours de Ski, comme Martin Johnsrud Sundby avant lui.

Et pendant ce temps, alors que le leader du général s’inquiète pour la suite de sa carrière, son compatriote Northug pense déjà aux mondiaux de Lahti 2017 et le jour de ses 30 ans, quand on lui demande s’il continuera encore 10 ans, il ne dit pas non…

 


 

Un nouvel âge d’or en saut ?

« Vous vous souvenez de l’époque où l’Autriche dominait le saut. Bientôt ce sera la Norvège. » Voici les mots du chef du saut norvégien, Clas Brede Bråthen, à NRK cette semaine, après la très bonne Tournée de ses protégés et leurs résultats plus que stables depuis le début de la saison. Plus encore, la bonne forme de l’équipe au complet permet à leur chef d’assurer que la Norvège est l’un des pays les plus forts au monde désormais. Pour Bråthen, il ne reste plus qu’un pas pour que commence l’âge d’or norvégien en saut à ski, il suffit d’être patient et ils seront bientôt devant Freund et Prevc.

 

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En attendant, le saut norvégien aimerait que sa discipline soit plus reconnue dans son pays mais aussi au sein de la FIS. Là où le fond est roi, Bråthen explique pourtant que l’audience télévisuelle et sur les compétitions est bien plus grande en saut qu’en fond partout en Europe sauf en Norvège.

Le saut à ski serait donc plus populaire que tous les autres sports blancs et n’aurait pas la place qu’il mérite dans les médias norvégiens. Pas de quoi inquiéter les athlètes d’après Stöckl, qui affirme à TV2 qu’une fois en haut du tremplin, la foule en liesse leur assure qu’ils sont des stars au même niveau que Northug ou Johaug. Mais ce n’est pas le cas en Norvège pour le plus grand malheur de Bråthen qui aimerait populariser le saut dans son pays définitivement acquis à la cause du ski de fond et Løfshus, l’entraîneur de l’équipe nationale, compte bien faire en sorte que rien ne change…


 

Le cas de Dürr fait scandale

Il y a deux ans, pendant les Jeux olympique de Sochi en 2014, l’Autrichien Johannes Dürr était suspendu pour dopage à l’EPO pour une durée de 2 ans. Sa sanction prendra fin le 25 février 2016, soit dans un peu plus d’un mois. Le fondeur se bat donc pour revenir en coupe du monde dès mars, malgré l’opposition actuelle de la fédération autrichienne. Le coach de l’équipe masculine, Markus Gandler, a d’ailleurs déclaré aux médias qu’il ne voulait pas de lui dans son équipe d’où sa suspension à vie de l’équipe nationale autrichienne. La sanction n’étant pourtant pas légale pour la FIS, Dürr pourrait faire appel et obtenir gain de cause.
 


 
 
Mais s’il revenait sur le circuit international, Northug le prévient : « je vais le mettre KO », comme il l’affirme aux différents médias scandinaves. Le Norvégien fait ainsi référence aux mots de Dürr après le Tour de Ski 2014, lorsqu’il était arrivé 3e devant Northug (avant d’être déclassé pour dopage) et avait fanfaronné d’avoir anéanti l’un des meilleurs skieurs au monde. Petter Northug Jr., peu impressionnable, assure quant à lui qu’il doute que l’Autrichien ose remettre les pieds en coupe du monde tant qu’il sera là. Dürr ferait mieux de se tenir à carreau, Northug le surveille…

 

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Après Dubaï, New York ?

La semaine dernière, le président du saut à la FIS parlait d’une étape de coupe du monde à Dubaï. Cette fois, c’est du côté du fond qu’on imagine s’expatrier mais à New York cette fois ! Après tout, il y a de la neige en abondance en hiver là-bas et une coupe du monde à Central Park serait magique, selon Jürg Capol, directeur fond de la fédération internationale. Un rêve qui pourrait devenir réalité depuis les victoires de Sophie Caldwell et Jessica Diggins lors du Tour de Ski. L’Américaine est d’ailleurs convaincue que le circuit mondial aime cette idée mais doute un peu plus de sa réalisation, expliquant à la NRK que personne aux Etats-Unis n’est prêt à payer pour du ski de fond dans la Grosse Pomme.

 

Jessica Diggins à Toblach. (Photo : Stanko Gruden/Agence Zoom)

Jessica Diggins à Toblach. (Photo : Stanko Gruden/Agence Zoom)

 

Elle explique de plus à VG : « on ne peut pas vendre des droits TV d’un sport que personne ne regarde ». Capol lui y croit en revanche, imaginant réaliser cet exploit dans les 4 ans à venir. Il pense même que la fédération de ski américaine pourrait prendre en charge le coût de l’organisation maintenant que ses athlètes jouent sur le devant de la scène mondiale. Et comme pour le Tour au Canada, la FIS ne doute pas de ses chances de réussite dans cette nouvelle entreprise.

 

 

1 Comment

  1. deLarocque

    12/01/2016 à 9 h 08 min

    Excellent cet article!! Super intéressant et bien écrit… Continuez comme ça

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