Xavier Thévenard : « Aujourd’hui encore, j’ai du mal à trouver les mots »

Son exploit n’en finit plus de faire couler encre et pixels : Xavier Thévenard, superbe vainqueur de l’UTMB ce week-end, est l’invité exceptionnel de Nordic magazine aujourd’hui. Dans un long entretien qui sera publié en trois parties, le traileur revient sur cette incroyable performance, sur sa préparation, sur le coup de fil d’un certain Kilian et sur l’après UTMB. Rendez-vous à 16h pour la suite et 19h pour la dernière partie de cet entretien qu’il nous a très gentiment accordé hier soir.

 

Xavier, comment se passe votre intégration dans la dimension des meilleurs traileurs du monde ?

(Rires, silence… et rires). Le fait qu’il y ait du beau temps à Chamonix, un public impressionnant a fait de cette victoire un moment tout simplement énorme. C’était quelque chose de très fort et aujourd’hui encore, j’ai du mal à trouver les mots pour décrire ce que j’ai ressenti.

Plus sérieusement, n’est pas trop difficile d’enchaîner l’ultra sollicitation de ces derniers jours après la victoire de l’UTMB ?

Ha ha, oui c’est vrai que j’enchaîne un peu les interviews en ce moment et les sollicitations ont été innombrables surtout à Chamonix. Depuis trois jours, j’ai comme un voile devant les yeux, je suis encore dans l’émotion de la victoire. J’ai aussi mal au crâne entre les heures de course, les sollicitations, les images qui me reviennent en tête… j’ai vraiment eu du mal à trouver le sommeil. Aujourd’hui (mardi, ndlr), j’ai bien dormi. J’en avais vraiment besoin car en trois jours, j’ai dormi seulement 8 heures. Je commence seulement à décompresser un peu, à redescendre sur terre. J’ai passé un peu de temps sur Internet, voir ce qui s’y raconte, répondre à quelques demandes…

Il vous a fallu quitter Chamonix et sa foule de journalistes pour retrouver un peu de quiétude ?

Oui, ça m’a fait un bien fou de me retrouver avec JM (Jean-Marie, son frère également traileur de talent) le dimanche en rentrant à la maison. A Cham’, c’était pas l’enfer mais à la fin, on pète un peu un plomb (rires). Tu peux plus faire 5 mètres sans faire une photo, signer un autographe. On a dû mettre une heure pour faire 200 m et rejoindre la voiture ! C’est un truc de fou. Du coup, je me mets un peu à la place de Kilian Jornet, la star du trail mondial : quand il est à Chamonix, il est obligé de mettre la capuche, les lunettes noires et de raser les murs sinon, c’est juste impossible ! Après, j’ai pris beaucoup de plaisir à répondre aux sollicitations, c’est quand même cool comme situation. Des commentaires m’ont beaucoup touché comme celui de Patrick Bohard qui me dit que ma victoire l’a autant ému que la médaille d’or de Fabrice Guy, ou un autre qui souligne que je suis le second ambassadeur du Jura avec Jason Lamy-Chappuis… C’est fou d’autant que je n’ai pas le sentiment d’avoir gagné une médaille olympique !

 

Je n’ai pas le sentiment d’avoir gagné une médaille olympique

 

Justement, Kilian Jornet vous a appelé juste après votre victoire. Que vous a-t-il dit ?

En fait, je l’ai vu trois fois sur le parcours. Et les trois fois, il m’a encouragé par mon prénom et là tu te dis : « wahouu, c’est quand même géant d’être encouragé par le numéro un mondial »… Il m’a appelé pour me féliciter en me disant que j’avais fait une grosse course mais c’était aussi et surtout pour me mettre gentiment en garde sur l’après UTMB : « Tu verras, tu vas entrer dans une autre dimension, les sollicitations vont être très très nombreuses, des requins vont tourner autour de toi, te fais pas avoir… Si tu as des questions, n’hésite pas, tu m’appelles si tu as besoin car tu es maintenant dans un univers démesuré. » En fait, c’était une mise en garde très sympathique de sa part.

Ce genre d’échange téléphonique doit aider à réaliser que vous avez gagné l’UTMB…

Oui c’est énorme. J’ai repensé aussi aux moments passés avec JM quand on posait les plateformes de l’accro-branches des Fourgs. Des fois, il mettait la musique de l’UTMB à fond et imitait le commentateur en saluant la victoire de “Xaaaaavvvvviiiiierrrr Thééééévenard”… C’était une façon délirante de faire de la projection mentale positive car je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour bien faire cette course. Du coup, on a en reparlé en rentrant à la maison… c’est beaucoup d’émotion partagée avec mon frère.

 

Rendez-vous à 16 h pour la suite de cet entretien…

 


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