Xavier Thevenard : « j’ai parcouru tous les sommets du Jura en une semaine »

La semaine dernière, le coureur jurassien Xavier Thevenard a parcouru les 36 sommets du massif jurassien en une semaine. Il nous raconte.

 

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Xavier Thevenard, pouvez-vous nous dire ce qui a motivé votre périple sur les sommets du Jura ?
Il y a plusieurs choses qui m’ont poussé à faire cette balade. Premièrement, je trouve que c’est un bon procédé pour découvrir son massif. La course à pied est le meilleur moyen de déplacement, quand on veut aller là où l’on veut.
Malgré le brouillard du début de semaine, sur la partie nord, j’ai découvert des montagnes que je ne connaissais pas auparavant et qui sont très jolies. Je trouve que de s’évader ainsi sur une semaine permet de penser à autre chose qu’au quotidien. Revenir à des choses simples et profiter des paysages, c’est vraiment très agréable. J’ai perdu un peu la notion du temps.
C’est aussi un bon test “d’introspection” pour mieux reconnaître ses besoins vitaux, car courir, manger et dormir, ce n’est pas habituel.

 

Capture-d-ecran-2012-11-20-a-10.03.33.pngComment avez-vous préparé le parcours ? Selon quels critères ?
Comme je n’avais pas de logistique personnelle, mon but était de faire tous les sommets depuis la plaine suisse ou depuis une vallée. Alors je faisais des boucles, qui passaient sur chacun des sommets. Quand il y avait trop d’écart d’un sommet à un autre, je me déplaçais en voiture, pour arriver au pied d’une autre montagne. 
En moyenne, je faisais entre 5 à 6 heures de course à pied par jour, 40 km et environ 3000 m de dénivelé positif.  J’ai voulu passer par tous les sommets, car c’est tout simplement le meilleur point de vue.

 

Quel sommet a été le plus dur à atteindre ?
Le plus dur a été la montée au Chasseron, le deuxième jour. Non parce que le parcours était plus cassant que les autres, mais parce que j’ai eu un coup de “moins bien”, comme cela arrive parfois en ultra. Je n’étais pas très frais.
En revanche, plus les jours passaient, plus j’avais de bonnes sensations. Musculairement j’étais bien jusqu’en fin de semaine où j’ai eu un début de tendinite au tendon d’Achille.

 

Estimez-vous que le Jura mérite d’être connu par les trailers ?
Le Jura mérite d’être connu par les trailers, tout simplement parce c’est un terrain de jeu énorme. Celui-ci peut vite devenir technique, surtout à cette période, avec les tapis de feuilles humides qui recouvrent la roche calcaire. Les semelles n’adhèrent pas.
Aussi, parce que c’est un massif qui reste très sauvage et mystérieux. Tous ceux qui sont amoureux de sport et de nature y trouveront leur compte, c’est incontestable !
Je pense que le massif commence à être bien connu, car il y a de plus en plus de trails. Mais il faut trouver le bon équilibre pour que notre montagne ne soit pas trop exploitée.

 

Capture-d-ecran-2012-11-20-a-10.03.17.pngComment vous sentez-vous après cette semaine ?
Super bien. Physiquement je suis frais, j’ai juste un début de tendinite, qui d’ailleurs ne sera plus un problème d’ici deux jours. Je verrai si j’ai un coup de barre la semaine prochaine. Mais si je pouvais, je ferais bien le retour !

 

Vous n’avez pas toujours couru seul.
Il faut savoir partager des moments comme ceux-là. Entre amis, c’est plaisant. Nous étions quatre au maximum, sinon j’étais seul. Je pense que beaucoup de belles images vont me rester dans la tête, après une semaine comme celle-ci !

 

Quel est le prochain défi ?
Le prochain défi est de faire la traversée géologique du massif Jurassien en “non-stop ” avec mon frère. Le but de cette semaine était également de reconnaître des parties du parcours. C’est un long morceau : 350km et plus de 15 000 m de dénivelé positif en passant par tous les sommets, car il n’existe pas de balisage nord-sud, et cela permet de réaliser la traversée intégrale de l’Arc Jurassien.
Il existe un tracé Français : la GTJ et un tracé Suisse la TJS. Le Massif Jurassien commence à Oensingen en Suisse allemande et se termine à la Dent du Chat en Savoie.