Xavier Thévenard : « On m’observe plus qu’avant, mais ça me fait ni chaud ni froid »

Xavier Thévenard a terminé sa folle saison de trail avec une superbe 2e place sur le grand trail des Templiers. Pour Nordic magazine, il revient sur cette épreuve et sur les temps forts de cette année qui l’a consacré parmi les meilleurs traileurs du monde. Il n’a désormais qu’une envie : chausser les skis de fond !

 

Xavier Thévenard, vous venez de signer une superbe course sur le grand trail des Templiers en prenant la 2e place d’une épreuve relevée et très accrochée ! Heureux ?

Oui je suis content d’avoir terminé 2e des Templiers, c’est une course où il y a un bon niveau et d’accrocher la 2ème place pour terminer la saison c’est une belle satisfaction.

 

Devant vous, seul Thomas Lorblanchet fait mieux en remportant son 4e Grand trail des Templiers. Que vous inspire cette série historique ? 

L’autre nom de Thomas, c’est Monsieur « Templiers ». C’est un trail qui lui convient parfaitement. Pour réussir sur les Templiers, il faut être polyvalent. Et quand quelqu’un arrive à remporter quatre fois la grande course des Templiers, cela veut dire que l’on peut réussir sur tous les profils et tous les formats possibles en trail. Cette série historique est impressionnante et à mon avis ce n’est pas fini.

Thomas, pour moi est un exemple dans son professionnalisme et son investissement dans la pratique du trail. De courir avec lui et dans la même équipe me réjouit, avec son expérience j’apprends beaucoup. Sur la course j’ai essayé de rester le plus longtemps possible avec lui, car il connait parfaitement le parcours et aussi la difficulté technique des chemins, et il gère à merveille les différentes allures pendant la course. Donc forcément en essayant de le suivre je savais où je pouvais me situer sur la course.

 

Thomas Lorblanchet est un exemple pour moi”

 

– Vous devancez aussi de sérieux clients comme Michel Lanne 3e qui vous avait battu sur le 80 km du Mont-Blanc. Est-ce une façon de prouver que rien n’est jamais figé dans le trail ? Est-ce aussi un indicateur validant vos gros progrès cette année ?

Le trail c’est un effort tellement exigeant, qu’on ne peut pas dire ce qu’il va se passer avant la course. Certes, on peut faire un classement provisoire des favoris sur un top 5 ou un top 10. Mais dire à l’avance qui va gagner, qui va faire deuxième c’est quasiment impossible. Car en trail on n’est jamais à l’abri d’un pépin, d’une blessure, d’un coup de mou.

Avec Michel c’est seulement la 3e fois que l’on court ensemble sur un trail. La 1ère fois c’était au trail des Aiguilles rouges en 2011. Sur cette édition, Il gagne la course, je termine 3e. Avec un peu les mêmes écarts que sur le 80 km du Mont Blanc de cette année. Alors oui je pense avoir progressé cette année mais lui aussi. C’est pour cela maintenant que depuis 2, 3 ans, nous ne sommes jamais bien loin l’un de l’autre. Chaque année le niveau du trail augmente, les allures sont de plus en plus hautes. C’est pour cela qu’il faut constamment s’adapter à l’évolution de la discipline, être à la recherche des nouvelles méthodes pour pouvoir progresser.

 

Une course contre soi-même avant d’être une course contre les autres”

 

Pour revenir justement sur cette folle année marquée par de nombreux succès dont celui sur l’UTMB, avez-vous conscience que votre statut a évolué dans le peloton des coureurs ? Le ressentez-vous ?

Oui je vois bien que l’on m’observe un peu plus qu’auparavant. Pour moi ça ne me fait ni chaud, ni froid, ce n’est pas parce qu’on m’attend sur les trails, que je vais avoir plus de pression qu’avant. Quand je pars sur un trail. Je raisonne en termes de performance et non en termes de résultat. En me disant : qu’est ce qu’il faut que je fasse pour réaliser un bon chrono. Et il ne faut pas oublier que le trail c’est avant tout une course contre soit même avant d’être une course contre les autres.

 

– Michel Lanne soulignait ce dimanche votre capacité à briller aussi bien sur le très long que sur le long technique comme à Millau. Finalement, sur quel type d’effort vous sentez-vous le mieux ? 

J’aime bien les deux types de format. Mais je pense que je suis plus  à l’aise sur des Ultra trails car l’aspect mental joue un rôle important.  De tout manière je pense que l’on fasse de l’Ultra ou du trail long ou des trails plus courts, il n’y a pas de secret il faut borner, borner et borner.

 

– La saison de trail touche à sa fin. On vous imagine impatient de chausser les skis dans votre massif jurassien !

Oui je suis impatient d’avoir les lattes aux pieds, de passer du temps dehors par -20°C, d’avoir les doigts qui gèlent, la goute au nez, le gout de sang dans la bouche et de mettre de la poussette sous les skis. Impatient de chausser les skis au petit matin, avant le passage de la dameuse. Impatient de me tirer la bourre avec les copains sur les courses de skis et de finir comme on peut. Impatient de ne pas pouvoir boire dans son bidon car l’eau a gelé. Impatient de faire des sortis de ski à la frontale avec les Skis’cool, après une bonne journée de boulot. Impatient de faire la GTJ. Et tout ça en s’éclatant, en rigolant et en s’amusant. Vive le ski nordique

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