Xavier Thévenard : « Un coup de marteau sur le genou deux jours avant la course »

Voici la dernière partie de l’interview gentiment accordée par Xavier Thévenard à Nordic Magazine. Le fondeur-traileur revient ici sur un incident au travail qui aurait pu ruiner son UTMB et aborde ce à quoi pourrait ressembler l’après UTMB.

 

Pour briller sur cet UTMB, vous avez suivi une préparation discrète… et draconienne !

C’est vrai qu’après un mois de juin très chargé (victoires sur la Transju’trail, trail de Faverge, du Mont d’Or et 3e au marathon du Mont Blanc), j’ai moins couru en juillet, surtout sur des séances spécifiques. Au boulot, on a bien chargé la mule en juillet… Mon coach voulait que je fasse la 6000D, mais je n’ai pas pu me libérer en juillet – août au niveau du boulot. Quand je dis ça à Julien Chorier et aux médias spécialisés dans le trail, ils hallucinent ! Les Krupicka, Chorier, Heras sont tous pros ! Je me dit que c’est pas plus mal quand je vois le résultat… J’ai aussi tenu à couper totalement Facebook pendant le mois d’août en m’évitant une certaine pression au fur et à mesure que l’événement approchait. Sur les quinze derniers jours, lors de chaque séance, je ne pensais qu’à ça, qu’à l’UTMB : je dormais UTMB, je me brossais les dents UTMB, je petit-déjeunais UTMB, je mangeais UTMB…

D’ailleurs, côté nourriture, j’ai misé, avec mon ostéo, sur un régime sans gluten ni lactose, ce qui n’est pas simple quand on est jurassien et qu’on aime le fromage. Ça m’a vraiment fait du bien : en arrêtant les céréales, le pain, mes allergies habituelles ont totalement disparu. Je me suis rarement senti aussi bien, c’est hyper important notamment sur des efforts très longs.

Sincèrement, vous imaginiez pouvoir l’emporter ?

Honnêtement, je m’imaginais faire un podium, je m’en sentais capable. Mais je vivais au jour le jour, en essayant d’améliorer des petits détails lors de chaque sortie, de la récupération, en m’imposant des siestes entre midi et deux… C’est un ensemble de petits détails qui, au final, a fait la différence. J’ai continué de faire ce que j’aime : courir deux heures le matin avant le boulot ou trois heures après. Parcourir le Jura me donne énormément de plaisir, l’esprit libre, le terrain de jeux est tellement classe : comme je l’ai dit à l’arrivée à Chamonix, on peut tout faire dans notre massif !

 

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Cette année, Xavier Thévenard a signé un fabuleux retour après sa saison blanche. Notamment en juin lors de sa victoire sur la Transju’trail.

 

Maintenant que vous avez gagné la plus grande course du monde, qu’est ce qui vous fera courir demain ? Quelles courses vous font rêver ?

Il y en a tellement ! C’est vrai que là je dois me reposer mais je n’ai qu’une envie, c’est de monter sur le Mont d’or ou le Suchet, de contempler les montagnes et de me dire « Punaise, merci » ! Mais ce ne serait pas raisonnable : les jambes ça va à peu près, mais il est important de bien récupérer avant de trotter de nouveau. En ce qui concerne les projets, les Japonais veulent me voir à l’UTMF (Mont Fuji), les Américains sur leurs terres, j’ai reçu une invitation pour l’Himalaya race… J’ai plus trop de souci pour aller à droite ou à gauche sans payer les voyages ! Maintenant, il faut voir pour aménager peut-être mon temps de travail différemment pour avoir des jours pour préparer un événement, me rendre sur place en amont. Par exemple, l’Américaine Rory Brosio a passé six semaines à Chamonix pour préparer l’UTMB. Elle a sillonné tous les sentiers de long en large ! D’un autre côté, j’ai pas envie de me « couper de la société » ni d’arrêter de travailler car j’aime ce que je fais.

 

Il y a un créneau à prendre sur les stages sportifs

 

Pourtant, un incident au travail aurait pu ruiner votre préparation deux jours avant la course !

Oui, j’ai eu très peur. Mardi dernier, en montant les plateformes aux Fourgs, je me suis mis un énorme coup de marteau sur le genou. J’ai eu des nausées tellement j’ai eu mal sur l’instant… Du coup, j’étais au fond du trou à ce moment là. Ça m’a vraiment secoué. Le midi, j’ai trottiné une petite heure : j’ai eu mal au début et rapidement, j’ai vu que j’avais des jambes de feu. Ça m’a rassuré et en rien de temps, je suis passé des larmes au rire !

Les choses vont donc évoluer pour vous après cette victoire ?

Oui, c’est certain. Quand je vois à quel point les stages sportifs organisés par Vincent Delebarre ou Sébastien Chaigneau qui ont un lien fort avec l’UTMB, je me dis qu’il y a un créneau à prendre. Avec l’UTMB en poche, il y a moyen de faire quelque chose de sympa, à condition pour moi de passer le diplôme d’accompagnateur en moyenne montagne.  

 

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